‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 327 sur 428 · TRE M. D ARGENSON ET M. DE LAVAL · texte numérisé non relu

TRE M. D ARGENSON ET M. DE LAVAL

400 II PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COiMP. DE MONTREAL.

(ij Emplois du vi- ... , .

comte dArgenson, « Continuer les services que j'ai toujours désiré de leur Lettredu4nov. 1660, „ rendre Ci). »

folio 80. ^ ^

REFROIDISSEMENT EN- Ces opposltlons , doHt paHe ici M. d'Argenson^

venaient en grande partie de certaines mésintelligences survenues entre lui & M. de Laval. Ce Gouverneur était parti de France sans avoir jamais témoigné d'inclination particulière pour les Révérends Pères Jésuites, quoique le conseiller d'État, son frère, professât pour eux le plus entier dévouement. Ce dernier en conçut même quelque peine, & s'en ouvrit confidemment à M. de Laval, avec lequel il avait des liaisons particulières : ce qui naturellement affligea à son tour le Prélat, tout dévoué lui-même à ces bons Religieux. Cette communication fut cause qu'à l'occasion de quelque petit froissement survenu entre le Gouverneur & les Jésuites, M. de Laval lui donna un avertissement charitable, qui n'eut^'pas d'heureux résultats, & altéra même entre eux la bonne harmonie. « Je crus « être obligé, écrivait-il au conseiller, de lui donner un « avis important : c'était seul à seul, à cœur ouvert. Cepen- (c dant il ne me fit que trop connaître qu'il ne trouvait « aucunement bon que je le lui donnasse, & se fâcha « même de ce que vous m'aviez fait cette ouverture sur lui. « Je ne sais, depuis ce temps, ce qu'il a pensé de moi; « mais il semble que je lui sois susped. »

CONTESTATIONS SUR LES Pcut-êtrc aussl M. dc Laval, de son côté, contribua-

t-il, sans le vouloir, à aliéner de lui l'esprit du Gouverneur, en ne ménageant pas assez, par un excès de zèle, sa grande délicatesse sur l'article des préséances & des honneurs; & Ion nous permettra d'entrer ici dans quelques détails, comme très-propres à faire connaître les mœurs & les idées de cette époque. M. d'Argenson, conformément à ce qu'il avait vu faire ailleurs, présentait dans les solennités le pain bénit à la grand'messe paroissiale, au son des fifres & des tambours. Cette coutume parut blâmable à M. de Laval; &, pour l'abolir efficacement, il ordonna que la

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