‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 339 sur 428 · PI RETE D INTENTION DE M. DE LAVAL DANS CES · texte numérisé non relu

PI RETE D INTENTION DE M. DE LAVAL DANS CES

QUEYLUS QUITTE NOUVEAl- LE t\NA

Si Ton ne connaissait la piété sincère de M. de Laval & son zèle ardent pour les intérêts de la religion, on au- procédures, m. rait lieu d'être étonné que, en sa qualité de "Vicaire apoftolique, il eût voulu empêcher M. de Queylus d'aller visiter la colonie de Montréal, dont celui-ci était le principal soutien; & qu'il se soit servi pour cela d'une lettre de cachet, en demandant, même avec instance, main forte contre sa personne. S'il n'eût pas été aussi indifférent à sa réputation devant les hommes que l'a montré toute la suite de sa vie, ces mesures outrées 8: violentes eussent pu le faire passer pour un homme ambitieux, qui n'eût vu dans M. de Queylus qu'un rival proposé par le clergé de France pour être évêque du Canada, 6c dont la présence 8c la grande popularité lui auraient fait ombrage, alors surtout que luimême n'étant que simple Vicaire apolfolique pouvait être

révoqué par le Pape du jour au lendemain (*). Ces instances pour presser M. dArgenson d'employer la force armée montrent donc combien ce Prélat fermait les yeux à toutes les considérations humaines , lorsqu'il était convaincu qu'il y allait de son devoir & de la gloire de Dieu. Il eft même à remarquer que la chaloupe qui avait amené M. de Queylus à Québec, le 3 du mois d'août, ayant aussi apporté les premières nouvelles du rappel de (0 Journal des Je- M. d'Argeusou (i) & de la venue de son successeur, suites,? août iGC,,. ^ ^^^ g^j^ d'Avaugour, refté à l'île Percée dans ces circonstances, la délicatesse demandait, ce semble, que M. de Laval attendît l'arrivée du nouveau Gouverneur pour requérir ensuite main-forte contre M. de Queylus, plutôt que de presser M. d'Argenson, quoiqu'il s'y refusât absolument, de terminer son gouvernement par une arrestation si odieuse. Dans les dispositions où était M. de Laval, il paraissait impossible que M. de Queylus pût demeurer en Canada sans donner lieu à des troubles par sa présence; & son séjour à Villemarie fut d'assez courte durée. Il se trouvait dans ce lieu lorsque M. Lemaître, l'un de ses ecclésiaftiques , y fut tué par les Iroquois, le 29 du mois

(*) Ce fut peut-être pour lui donner toute assurance de continuer le bien qu'il faisait en Canada, qu'on lui expédia une lettre de cachet du i3 mars 1660, avec cette promesse : » J'ai voulu vous dire, « par cette lettre, que lorsqu'il y aura lieu de faire ériger un évéché « audit pays, j'en ferai volontiers inftance à notre Saint-Père le « Pape & vous nommerai ensuite à Sa Sainteté, pour en être pour- (2) Archevêché de " '^'U (2)- » Cette même promesse lui fut réitérée par une lettre de la Québec, regiftre A, Reine Mère, du 23 avril 1662; «Se comme la lettre du i3 mars était p. 23i. une promesse que le monarque lui faisait du futur évéché de la

Nouvelle-France, on eut soin de la faire enregillrer à Québec. Enfin, à l'occasion de nouvelles inilances pour l'éreftion du siège épiscopal, le Roi ayant donné pour cela l'abbaye de Maubec à M. de Laval, le 14 décembre 1662, il le nomma par le brevet de cette abbaye pour être le premier pourvu par le Pape de l'évéché de Québec (3 ). Quoique ( ) rc ives e a j)^j.g£^jQj-| ^^^ siéae n'ait pas eu lieu alors, M. de Laval, dès ce mo- Propagande./oîa.,iol. f' '^ , ^ ■ .,.,.,

3j 104. ment prit le titre à'évêque nommé par le Roi, ce qui, du cote de la

Cour, le rendait comme inamovible dans le gouvernement spirituel du pavs.

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