‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 347 sur 428 · M. VIGNAL ET MAN- GENT SA CHAIR · texte numérisé non relu

M. VIGNAL ET MAN- GENT SA CHAIR

4'' GUERRK. MORT DE M. VIGNAL. 1661. 5o9

recherches, ne purent rien retrouver de ses relies après , .,.,, . , ,, cette affreuse & cruelle grillade (i). réai, iôô 1-1662.

HT CljlLLF.RIF.R MENÉS CAPTII-S.

Quant au sieur de Brigeac, ils lui donnèrent beaucoup i.k brioku., dufresne de soins pour le guérir de ses blessures, & le mirent en état de faire avec eux le chemin de leur pays. Les deux autres prisonniers, René Cuillerier & Jacques Dufresne, qui n'avaient reçu aucune blessure, furent liés chacun à un arbre dans le réduit que ces barbares s'étaient construit. Là, Cuillerier s'étant mis à prier Dieu tout bas , un sauvage qui Taperçut lui demanda ce qu'il faisait; & l'autre ayant répondu qu'il priait Dieu : « Prie donc à ton aise, lui dit le sauvage en le déliant^ & mets-toi à genoux. » Ils passèrent ainsi la nuit dans ce retranchement, & le lendemain, après avoir mangé le corps de M. Vignal, dont ils avaient enlevé la che\elure, ils partirent en remontant \'ers le Saut Saint-Louis. Après ce repas cruel & horrible, les Iroquois se divisèrent en deux bandes. Ceux de la nation d'Agnié emmenèrent avec eux Jacques Dufresne , & ceux d'Onneiout, en plus grand nombre que les autres, prirent pour eux le sieur de Brigeac ëc René Cuillerier (2). p. ^o.

Ce fut une grande désolation à Villemarie lorsqu'on regrets calsés apprit le trifte résultat de cette excursion si désaftreuse. « La vie de M. Vignal, lit-on dans la relation, était d'une « très-douce odeur à tous les Français, par la pratique de Il rhumilité, de la charité & de la pénitence, vertus qu'il « possédait à un degré rare, & qui le rendaient aimable à « tous; ëc sa mort a été bien précieuse aux yeux de Dieu, « puisqu'il Ta reçue de la main de ceux pour lesquels il a « souvent voulu donner sa vie (3). » « M. 'Vignal, qui C*) Relation Jci 66? « avait été notre confesseur, écrivait Marie de Tlncar- ''' "°' « nation, & à qui nous avions des obligations incroyables, " a été mis à mort par les Agniers, avec trois hommes de « sa compagnie (4). » Les Hospitalières de Saint-Joseph, 4 Marie d^ vin dont M. Vignal était le supérieur & le confesseur, devaient '-amation lettre du

~ T .... 10 août ibbli. r. ?0Q.

surtout être sensibles à sa perte. Elles en écri^•aient ainsi

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