‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 356 sur 428 · M. DE MAISONNEUVE COMME JUGE · texte numérisé non relu

M. DE MAISONNEUVE COMME JUGE

autre cas de désertion arrivé sous son gouvernement que celui que nous venons d'indiquer, ni d'autre contravention au refte de cette ordonnance que les deux cas suivants. Un individu fut convaincu d'avoir, à la suite de quelques excès de boisson, blasphémé le saint Nom de Dieu, tant en la redoute de Sainte-Marie que dans la maison d'un particulier, la nuit du 16 au 17 février i663. Pour venger l'honneur dû "à Dieu, M. de Maisonneuve condamna à vingt livres d'amende envers l'église paroissiale, tant le blasphémateur que l'individu dans la maison duquel le blasphème avait été ainsi réitéré ( i ) ; & cela conformément à la déclaration du Roi, qui obligeait les témoins de ces scandales à les dénoncer dans les vingt-quatre heures aux juges des lieux : obligation que le maître de la maison avait négligé de remplir. Ce dernier ayant été containcu d'avoir aussi blasphémé contre Dieu, & proféré des paroles sales & scandaleuses, M. de Maisonneuve le priva, pour l'espace d'une année, de l'usage d'un arpent de la terre qu'il lui avait donnée au nom des seigneurs, & en attribua la jouissance à l'église de "Villemarie. En même temps il ordonna aux marguilliers de choisir, sur cette terre; l'arpent qui serait le plus à leur gré & de le louer à quelque colon, en leur défendant de transiger avec le blasphémateur lui-même. Enfin, pour prévenir les dégâts que celui-ci y aurait pu faire par dépit, il l'obligea à l'avoir en sa garde pendant cette année, & à réparer tous les dommages qui y seraient faits, sauf à lui d'avoir recours contre les malveillants (2).

Dans les différends survenus entre les particuliers pour des intérêts matériels, lorsque M. de Maisonneuve, après avoir bien examiné leurs prétentions respedives, jugeait que leurs droits étaient incertains, il les engageait à se désilfer de leurs poursuites; &, par l'efficacité de ses paroles, leur faisait désirer à eux-mêmes le désiftement, afin de conserver entre eux l'union & la concorde. Ainsi, dans un litige au sujet d'une succession, il termina le dit-

(l'i Greffe de Villemarie. Jugement de M. de Maisonneuve, du 22 fév. i663.

(2) Greffe de Villemarie. Jugement de M. de Maisonneuve, 20 otl. iG(3i.

ADRESSE DE SI. DE MAI- SONNEUVE POUR RÉ- TABLIR l'union en.

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