‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 40 sur 428 · DANGERS DE CEUX DE VII.LEMARIE. Q · texte numérisé non relu

DANGERS DE CEUX DE VII.LEMARIE. Q

« flige sensiblement, écrivait la mère Marie de l'Incarna-

(( tion, c'eft son établissement à Montréal, où elle eft dans

« un danger évident de sa vie, à cause des courses des

« Iroquois ; &, ce qui eft plus touchant, elle y refte contre

(( le conseil des Révérends Pères & de M. le Gouver-

« neur, qui ont fait tout leur possible pour la faire reve-

<( nir. Ils font encore une tentative, on en espère peu de

« succès : cette bonne dame m'écrit de Montréal quelle

<( eft, en effet, résolue d"y passer l'hiver, parmi les dan-

« gers(i). » Elle fit plus encore; elle y passa l'hiver de (i) Lettres hiftori-

1643 à 1644; car nous voyons, par les regiflres de la 'i"'^^- lettre 26. 20

^ . ,^l-„ . I • • j j •- septembre 1642. p.

paroisse de ViUemane, que, le 21 janvier de cette dernière 309,370,272. année, elle leva des Fonts du baptême une femme sauvage, à qui elle donna le nom d'Agnès ; & que madame d'AilJebouff, le même jour, fut marraine d'une autre femme sauvage, à qui elle imposa le nom de Claire (2). Il n'y eut (2)Regi(tredesbappoint, cette année, d'autre baptême de sauvages à Mont- 'f'"f.^, "^^ ''? p^""^^*

, ,., '- .... . de Villemane, 1644.

réal, à cause des périls de la guerre, qui éloignaient de ce lieu toutes les nations alliées à la France ; & ce fut un nouveau motif pour réitérer les prières & les inftances auprès de madame de la Pelterie. On la pressa de nouveau, on lui intima même des ordres, & alors elle se soumit; mais, comme elle le disait sur la fin de ses jours, elle eut besoin de toute sa vertu pour quitter 'Villemarie (3). (3) Premier étabiis- Son départ dut avoir lieu au printemps de 1644. Ce zèle =em^e«deiaFoi, t.ii, courageux & magnanime, qui l'avait amenée au milieu des dangers, était donc Tunique motif qui pût retenir à Villemarie les colons, dévoués à la formation de cet établissement ; & cette considération faisait dire au P. 'Vimont, dans la relation de 1643 : « La crainte des Iroquois n'a « pas empêché tant de personnes d'aller à Montréal, pour " y consacrer à Dieu si saintement leur vie (4). » H'' '^ ^"°" ^104^,

"Voici quelle fut enfin l'occasion qui amena ces bar- les iroq.uois, instruits bares à Villemarie, dans le courant de la même année, de la formatio.n de

' VILLEM.iRIE, SE DIS-

Un Iroquois ayant été tué, dans son pays, par des Algon- posent a l'attaquins au nombre de dix, d'autres Iroquois se mirent à iuer.

lO 11^ PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

poursuivre les meurtriers, qui prirent la fuite, sans savoir qui les poursuivait. La frayeur les faisait ainsi s'éloigner avec promptitude, ce qui était fort ordinaire aux sauvages, quand ils avaient fait quelque mauvais coup : leur ombre sutîisait seule alors pour les effrayer & les mettre en fuite. Quittant ainsi le pays des Iroquois, ces Algonquins, assurés d'être bien reçus à Villemarie, s'y rendaient en toute hâte comme dans un lieu de sûreté, & ils y arrivèrent heureusement, sans avoir été atteints par les Iroquois, qui les virent pourtant entrer dans le Fort. Comme ces derniers n'étaient pas en assez grand nombre pour tomber sur les colons, ils évitèrent de se faire connaître, se contentant d'examiner le lieu avec soin, & sans bruit, atin d'aller porter la nouvelle de cet établissement à ceux de (i)HiftoireduMoin- leur uation (i), & de venir ensuite l'attaquer en nombre reai, parM. Doiiierde j^g considérable. Les Iroquois de la nation d'Agnies,

Casson, de 1642 a , . . ^ .

1643. faisant environ sept ou huit cents hommes d'armes,

étaient voisins de l'habitation des Hollandais, appelée alors Orange, qui leur fournissaient des armes à feu & des munitions ; &, cette année 1643, ces barbares avaient environ trois cents arquebuses, dont ils savaient déjà se servir avec beaucoup d'adresse. Jusqu'alors ils étaient venus, en assez grosses troupes, auprès des habitations Françaises; & cela pendant l'été seulement, laissant ensuite la rivière libre. Mais en 1643, inftruits sans doute de la formation d'un nouvel établissement Français dans l'île de Montréal, ils changèrent de plan de campagne, & se divisèrent en petites troupes de vingt, trente, cinquante, & au plus de cent hommes, & se répandirent sur tous les passages du fleuve Saint-Laurent. « Quand une bande s'en va, l'autre lui succède, écrivait le P. Vimont; ce ne sont que petites troupes bien armées, qui partent les unes après les autres du pays des Iroquois, pour occuper toute la grande rivière & y dresser partout des embuscades, d'où ils sortent à l'improvifte, se jetant indifféremment sur les Montagnais, les Algonquins, les Hurons & les Français. On nous a écrit de France que le dessein

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