‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 41 sur 428 · VILLEMARIE DÉCOUVERTE PAR EES IROQUOIS. 1 643 . II · texte numérisé non relu

VILLEMARIE DÉCOUVERTE PAR EES IROQUOIS. 1 643 . II

« des Hollandais eft de faire tellement harceler les Fran- « çais par les Iroquois, à qui ils fournissent des armes, « qu'ils les contraignent de quitter le pays, & même

abandonner la conversion des sauvages (ij. » ^^^, '

Au commencement du mois de juin de cette année, excités par de perhsoixantc Hurons, qui descendaient de leur pays, dans deshurons.lesiro-

' ^ . dUOISVONT ATTAQUER

treize canots, sans arciuebuses & sans armes, mais tout villemarie. chargés de pelleteries, se rendaient à Villemarie & de là aux Trois-Rivières, pour la traite, & portaient les lettres des PP. Jésuites, résidant chez les Hurons. A trois lieues au-dessus de Villemarie, ils trouvèrent des Iroquois, en nombre considérable, dans un endroit nommé ensuite la Chine; 8: ces Hurons, au lieu de les traiter en ennemis, se joignirent à eux, comme s'ils eussent été les meilleurs amis du monde, apparemment par la crainte de tomber entre leurs mains, s'ils en usaient autrement. Bien plus, causant familièrement avec ces Iroquois, ils les excitèrent eux-mêmes à aller attaquer Villemarie, quoique les Hurons y eussent toujours reçu un si bon accueil : « Nous « avons appris, leur dirent-ils, jusque dans notre pays, que des Français étaient venus s'établir dans cette île, immédiatement au-dessous de ce Sault que vous voyez; que n'allez-vous donc les attaquer? Vous pourrez y faire quelque coup considérable & détruire une bonne partie de ces colons, vu le grand nombre que -vous êtes (2). « Les Iroquois dont nous parlons avaient (2)Hiito;reduMontdressé, dès leur arrivée dans ce heu, un petit Fort, à cent i'-'-^' P'^>" m. Doiher

j . "^ . , Casson, de 1O42

pas du fleuve Saint-Laurent ; &, après ce conseil perfide, ,04?. ils s'empressèrent de détacher quarante des leurs, des plus leftes, pour aller attaquer en effet Villemarie. S'en étant approchés, ces barbares aperçurent six Français qui travaillaient à une charpente à deux cents pas du Fort ; &, pour s'assurer de cette proie, trente d'entre eux allèrent donner, d'un autre côté, une fausse attaque à la place, par une décharge de plus de cent coups d'arquebuse; ce qui, en effet, donna la facilité aux

de

dix autres de surprendre à Fimprovifte nos travailleurs.

xin. . , ,., , ,

LES iROftuois TUENT Ccs picux colous, comme s ils eussent prévu leur

TROIS M0NTRÉALISTE3 nioi'î, s'y étalcnt disposés par des aétes signalés de vertu, TROIS auweI'*'"''^'^ & pai" la fréquentation des sacrements, dont ils s'étaient approchés peu de jours auparavant, & quelques-uns ce jour-là même, qui fut le 9 de juin. Ils essayèrent de se défendre, & ils étaient hommes à faire payer leur vie bien cher; mais leur valeur ne put résilier à un coup si imprévu ; & d'ailleurs le vent violent, qui soufflait ce jourlà, empêcha qu'on entendît ciu Fort ce qui se passait à leur chantier, qui se trouvait un peu engagé dans le bois, quoique à une si petite diftance. Trois d'entre eux périrent sous les coups de ces assassins, qui leur écorchèrent ensuite la tête &: leur enlevèrent la chevelure : les trois (i)ReiLuioiidei(;4?, autrcs furent pris 8c conduits au Fort des Iroquois (i). P- ^-' '^^- Comme on n'avait rien entendu de ce qui venait de se

passer, on ne s'empressa pas d'aller savoir des nouvelles des six travailleurs; mais enfin, ne les voyant pas revenir, M. de Maisonneuve envoya des hommes sur le lieu, pour s'assurer de la cause de leur retard. On y trouva le corps " mort de l'un d'eux : Guillaume Boissier, de Limoges. Il fut inhumé, le jour même, dans un cimetière qu'on établit à côté du fossé du Fort, au confluent de la grande & de la petite rivière, & qu'on eut soin d'entourer de pieux. Il paraît que les deux autres, en se défendant, s'étaient éloignés dans le bois & avaient été tués plus loin, & que la . ^ prudence ne permit pas d'aller, le jour même, à la recherche de leurs corps, par la crainte de quelque embuscade. Du moins, quoiqu'ils eussent été tués le 9 de juin, ils ne furent inhumés que trois jours après, sans doute parce que la retraite des Iroquois, comme nous allons le raconter, avait donné aux colons de Villemarie plus d'assu- (•i)Hiiioii-eduMont- rauce. Ces deux viftimes furent Bernard Berté, des enréai.— Regiftredessé- virous de Lyou , & Pierre Laforefl , dit vulgairement

pultures de la paroisse ,. < ">

de Villemarie, 1643, l AllVergUat {2).

PREMIÈRKS HOSTILITÉS A VII.I.EMARIK. 1643. l3

Page 1