‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 42 sur 428 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Les trois prisonniers Français, conduits au Fort des lfs uurons tlés oi ennemis, furent aussitôt liés étroitement, pour qu'ils ne "'^ " ''''''"' '-'^-

j ,., ,, ITT TROIS PRISONNIERS

pussent s'eniuir a la laveur des ténèbres. Alors les Hu- conduits d'.u.ord ., rons, joignant la scélératesse à la perfidie, se mirent eux- 'hambi.v. mêmes à les insulter, & continuèrent de la sorte toute la nuit; mais, le matin survenant, accablés qu'ils étaient de sommeil, ils s'endormirent profondément tout proche du Fort des Iroquois, qui profitèrent de ce moment pour tomber sur eux & les tailler en pièces. La moitié de ces Hurons refièrent sur la place; les autres, parvenant à s'échapper, coururent à Villemarie, où on voulut bien leur donner un asile, au lieu de la mort, qui leur était due si juflement. Les uns y arrivèrent le jour même, d'autres le lendemain lo juin, & apprirent aux colons les triftes détails que nous venons de donner (i). Après que (i)HirtoireduMuntles Iroquois eurent traité de la sorte les Hurons, ils s'em- ■■éa^^Re>ationdei043, parèrent de leurs treize canots & de toutes leurs pelleteries, & traversèrent le fleuve, conduisant avec eux nos trois prisonniers, à la vue des colons de Villemarie, qui n'étaient pas en force pour pouvoir prudemment les poursuivre & les attaquer. Le dessein de ces barbares était, après avoir descendu quelque temps le fleuve, d'aller par terre & de couper à travers les bois jusqu'au lieu appelé ensuite Chambly. Mais, ayant une trop grande quantité de calfors à porter, ils furent contraints d'en abandonner une partie & rompirent à coups de hache les canots, afin de les rendre inutiles, comme ils faisaient toujours dans de semblables occasions. Étant donc arrivés au lieu où ils avaient résolu de se rendre, ils jugèrent que quatre ou cinq lieues faites dans les bois auraient assez dépaysé leurs prisonniers, & qu'il n'était plus nécessaire de les garder désormais si étroitement, n'y ayant point d'apparence qu'ils pussent reconnaître leur chemin pour retourner à 'Villemarie.

Toutefois, l'un des trois prisonniers, chargé de servir lVn des troIs prisonun sauvage, &, en cette qualité, de faire bouillir la chau- mers s'évade être-

TOIRNIÎ RIE.

EMA- dière, profita de la nécessité où il était d'aller chercher du bois pour se dérober à la surveillance de son maître, & trouva son salut dans la fuite. Il fut assez heureux pour se rendre, à travers les bois, jusqu'au lieu même où les vainqueurs avaient laissé leurs canots & leurs pelleteries. Choisissant alors un des canots qui étaient le moins endommagés, il boucha avec des herbes les trous que les Iroquois y avaient faits, y mit Line certaine quantité de peaux de calfor, & alla ainsi équipé à Villemarie. M. de Maisonneuve, en le revoyant, éprouva une satisfadion aussi vive qu'elle était naturelle, & dit : « Au moins celui-ci a échappé « au feu des Iroquois. » Après que chacun Tevit félicité, cet homme se mit à raconter son infortune 8^; celle de ses compagnons de captivité. Il rapporta que les Iroquois ne leur avaient fait aucun mal depuis leur prise, les ayant tenus liés seulement pendant deux jours; qu'ils leur avaient donné à entendre que d'autres Français étaient déjà prisonniers dans leur pays; & que, quand ils y seraient arrivés, ils laboureraient ensemble la terre. Enfin il ajouta qu'ils avaient laissé bien du caftor dans le lieu d'où il venait de prendre celui qu'il avait amené dans son canot; qu'on pouvait aller le chercher sans crainte, 8: que, si on n'y allait pas, il serait infailliblement perdu. M. de Maisonneuve, charmé de poLivoir abandonner ce butin à ses soldats, l'envoya chercher incontinent; &, à leur retour, (i)HiftoireduMont- j j diftribua, sans en rien retenir pour lui-même (i).

real, 1642 a i04>. ' i^ ^ ^

LES DEUX AUTRES PRi- L'uu des dcux prisonulers reliés entre les mains des

soNNiEHs MONTRÉA- jroûuois se nommait Henri, 8c ces barbares lui conser-

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