‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 43 sur 428 · LISTES BRULES PAR · texte numérisé non relu

LISTES BRULES PAR

LES iRoauois. vèrent la vie, après avoir cruellement brûlé l'autre. Henri,

qui craignait, à son tour, de devenir la proie des flammes, 6c avec d'autant plus de raison que, ayant vu rôtir deux Hurons à petit feu, les Iroquois l'avaient assuré qu'on lui réservait un semblable supplice, chercha l'occasion de (2) Relation de 1643, s'eufuir, & parvint à s'échapper dans les bois (2). Il paraît >"■ '^^ cependant qu'on courut à sa poursuite & qu'il fut repris

par ces barbares. Du moins, un sauvage Huron, échappé

PREMIÈRES HOSTILITÉS A VILLEMARIE. 1643. l5

des mains des Iroquois , annonça à Villemarie que les deux captifs avaient été brûlés lun & Tautre (i). La fuite ^oReiationde iG+s,^ de Henri devait, d'ailleurs, fournir aux Iroquois un motif p- -°impérieux pour le dévouer à la mort. Car, parmi eux, la fuite, dans un prisonnier, passait pour un crime irrémissible (2). Nous ne connaissons pas les noms de ces deux rijRciationde 1Ô44, vidimes, immolées dans leur captivité par la fureur des p- ->-■ Iroquois : c'elf que les PP. Jésuites, qui desservaient alors momentanément la colonie de Villemarie, ne mentionnaient sur les regillres des décès que ceux aux corps desquels ils avaient donné la sépulture ecclésiaitique. On peut remarquer ici que le P. Vimont, dans sa Relation, a rapporté ce trait, mais avec des altérations considérables, provenant, sans doute, de Timperfedion des récits qui en furent portés immédiatement à Québec ; ou peut-être des ménagements qu'il crut devoir garder à l'égard des Hurons, dont nous venons de raconter la noire perfidie. Ces sauvages avaient quelque liaison avec les PP. Jésuites établis au pays des Hurons comme missionnaires, qui les avaient chargés de porter leurs lettres à Québec, &; même la relation de leurs travaux apoftoliques de cette année, laquelle ayant péri dans cette rencontre ne put être donnée au public. Le P. Vimont jugea, sans doute, que la prudence ne lui permettait pas de dévoiler une trahison si infâme & si cruelle, tant pour ne pas blesser les autres Hurons, qu'on s'efforçait d'attirer à l'Évangile, que pour ne pas éloigner du Canada les Français qui auraient eu le dessein de s'y établir. Quoi qu'il en soit, il a représenté ces soixante Hurons perfides comme autant de vidimes immolées par la fureur des Iroquois, aussi bien que les six colons de Villemarie, dont ils avaient causé la mort par leurs perfides conseils; & le récit que nous venons de faire, d'après M. Dollier de Casson, qui avait appris ces circonltances de témoins oculaires, doit servir de correctif à cet endroit de la Relation.

Il ell: bon de faire observer ici que les Iroquois, dès poi.rc!.voi ville.\ïar[e

l6 11° PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTREAL.

A-T-ELLE ÉTÉ APPE- qu'ïls cureiit connaissance de rétablissement de Ville- LÉETioTiAKiPARLEs j^gj-jg ^ jg désignèreiit sous le nom de Tiotiaki , qu'ils n'ont cessé de lui donner depuis ce temps; & ce mot, qui n'a aucun rapport avec celui de Villemarie ou de Montréal, ni aucune signification qu'on puisse rapporter à cette ville, semble indiquer qu'ils étaient accoutumés à le doaner précédemment à quelque village situé tout auprès, 8c peut-être sur l'emplacement même où fut ensuite établie Villemarie. Selon toutes les apparences, ce village aurait été celui de Tiitonaqui, dont parle Jacques Cartier, situé, non comme Hochelaga, à côté de la montagne, mais sur le bord même du fleuve, & à deux lieues environ au-des- (i)Troisicme voyage SOUS des cascades de la Chine (i). Des hommes versés de Jacques Cartier, ^.^^-^^ j^ laugue Iroquoise pcusent, en effet, que le mot Tioc ap. m, p. / . ^.^^.^ ^^^^ j^^ Iroquois donnent encore à Montréal, eft le

même que celui que Jacques Cartier a rendu par Tutonagiiy : rien n'étant plus ordinaire aux voyageurs que de (2) Hiftoire de la donner, comme noms propres, des mots mal compris (2) îl° p'^de ciwievo'ix'^ OU altérés par l'orthographe qu'ils s'imaginent répondre à t. I, p. i5. ' la prononciation de ces mots. Il elf, en effet, bien remar-

quable que, tandis que les Algonquins ont francisé le nom de Montréal ou Villemarie, par celui de Moniang, qu'ils lui donnent encore, les Iroquois aient conftamment appelé cet établissement du nom purement sauvage de Tiotiaki; & cette singularité peut confirmer, de plus en plus, ce que nous avons déjà établi, savoir : que les anciens habitants de l'île de Montréal n'étaient point Algonquins, & appartenaient réellement à la nation Huronne-Iroquoise.

viLLEMAPiE EXPOSÉE Lc Teftc dc Cette année 1643, les Iroquois ne cessè-

Aux SURPRISES DES ^^^^ d'infeflcr l'île de Montréal, par des courses conti-

IROQ.UOIS, QUI INFES- . 1< ^ -1

TENT l'île et LE Huelles ; jusque-là qu a Québec on n aurait pas ete

FLEUVE. surpris d'apprendre que ces barbares eussent emporté

Villemarie d'un coup de main & taillé en pièces tous ses

habitants. Il n'y avait plus aucune sécurité à s'éloigner du

Fort ou à naviguer sur le fleuve ; aussi, à la fin du mois

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