‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 44 sur 428 · VILLEMARIE SE TIENT SUR LA DÉFENSIVE. 1643. I · texte numérisé non relu

VILLEMARIE SE TIENT SUR LA DÉFENSIVE. 1643. I

d'août, OU au commencement de septembre de cette année, lorsqu'on apprit que M. d'Aillebouft remontait le fleuve Saint-Laurent, avec sa femme & la recrue qu'il conduisait, comme il a été dit, on ne fut pas sans crainte qu'ils ne tombassent en chemin dans quelque embuscade. La barque qui les portait étant cependant arrivée heureusement à la vue du Fort, M. d'Ailleboufl: n'osait pas s'en approcher, dans l'appréhension de tomber lui & les siens entre les mains des Iroquois, s'ils étaient déjà les maîtres de la place; &, de leur côté, les colons, ne sachant si cette barque n'était pas remplie d'ennemis qui s'en fussent emparés, craignaient, pour le même motif, d'aller chercher la recrue. Il fallut enfin que M. de Maisonneuve s'avançât lui-même, avec des hommes armés^ pour les reconnaître & les conduire à Villemarie, ce qui ne fut point sans de juffes craintes d'être assaillis par les Iroquois, spécialement au retour. « Tant il efl vrai, ajoute « 'M. DoUier de Casson, que, dans ce temps, on n'était « plus en assurance dès qu'on avait franchi le seuil de sa « porte. 1)

Cependant les colons de Villemarie, outrés de dou- m. de maisonneuve, au leur de la perte qu'ils avaient faite de cinq des leurs, & ueu d'attabler les impatients d'aller attaquer l'ennemi, qui leur donnait fréquemment l'alarme au miUeu de leurs travaux, ne se lassaient pas de presser M. de Maisonneuve de les conduire sur le champ de bataille. Ce sage Gouverneur, en qui la prudence n'était pas moindre que la valeur, se contentait de leur répondre : « Sans doute , nous pourrions poursuivre les Iroquois, ainsi que vous le souhaitez avec tant d'ardeur ; mais nous ne sommes qu'une poignée de monde, peu expérimentés aux bois, théâtre ordinaire de la guerre avec ces barbares ; & tout à coup nous tomberons dans quelque embuscade, où il y aura vingt Iroquois contre un Français. Prenez donc patience; quand Dieu nous aura donné du monde , nous risquerons des coups; maintenant ce serait hasarder imprudemment

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