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CE COUP DE RÉHABILITE

DATS.

M. DE MAISONNEUVE MARCHE A l'eNNEMI. 1644. 23

&, en effet, ils le considérèrent, dès ce moment, comme ..'estime de ses solaussi supérieur à eux, en bravoure & en adresse, qu'il létait déjà par son expérience & son autorité. Il parut même que, dans leur retraite, Dieu ne leur avait imprimé une sorte de terreur panique que pour faire éclater davantage le courage de M. de Maisonneuve & le mieux établir dans leur esprit. Du moins, si sa sage 8: prudente conduite, en se tenant jusqu'alors renfermé dans le Fort, avait été mal interprétée par eux & avait diminué l'eftime qu'ils auraient dû faire de sa bravoure, rien au monde ne pouvait effacer plus efficacement ces impressions ni leur donner plus d'admiration pour sa personne, qu'une aclion si glorieuse & si hardie. Ce combat leur fit concevoir à tous . une si grande idée de sa valeur & de son adresse dans le métier des armes, que, dès ce moment, ils eurent pour lui le dévouement le plus entier, & pour ses avis la confiance la plus parfaite, proteftant tous qu'ils ne souffriraient jamais qu'il s'exposât ainsi à l'avenir (i).

11 n'eft pas inutile de faire remarquer ici que, le jour protection de dieu des Rois de Tannée précédente 1648, avant de porter sur sur l.a personne de

, , . , 1 ^ ■« I 1 ■» I • M. DE maisonneuve

la montagne la croix dont on a parle, M. de Maisonneuve, pEND.t.NT vingt-qua-

venu en Canada dans la résolution de sacrifier sa vie ^re ans.

pour l'établissement de la religion, avait voulu être fait

premier soldat de la Croix, avec toutes les cérémonies de

l'Église (2) en pareille circonffance. En lui remettant cet 2)Reiationdei64:!,

étendard du salut, on avait fait sur lui les oraisons du p- ^-' ^^•

rituel romain, en usage lorsqu'on imposait la croix à ceux

qui partaient pour quelque expédition religieuse, ou qui

se dévouaient autrefois au recouvrement des saints lieux

de la Palefliiie; &, assurément, cette cérémonie ne fut

jamais pratiquée avec un fondement plus légitime que

dans cette occasion, puisque "Villemarie était, dans la

pensée de ses fondateurs, une œuvre sainte & apoftolique ;

& que les Iroquois, ennemis de la Foi chrétienne, comme

on le verra de plus en plus dans la suite de cette hiftoire,

n'étaient pas moins cruels que ne l'avaient été les Sar-

(i)Hirtoiredu Montréal, ibiJ.

rasins. Jamais aussi elle ne fut employée avec plus de succès : car, dans les dangers sans nombre que courut M. de Maisonneuve pendant vingt-quatre ans, les assiftances providentielles, on pourrait dire miracLileuses, qui procurèrent toujours son salut, furent comme l'accomplissement littéral de cette prière qui fut faite alors pour lui, au nom de TEglise : « Seigneur, nous prions votre. clémence « infinie de protéger toujours & partout, & de délivrer Il de tous les périls votre serviteur qui, selon votre pa- {i) Pontificale Qio- " role, désire porter sa croix à votre suite, & combattre manum, i' part., de <, coutrc nos adversaires, pour le salut de votre peuple

Benediâione £■ Un- i • • / ,

positione erucis. " choiSl (ij. »

XXVH.

TROIS MONTRÉAusTEs Daos Taffairc que nous venons de rapporter, la colo-

TUEs DANS CETTE Ac- j^jg jg Villemaric perdit trois hommes, Guillaume Lebeau,

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