‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 48 sur 428 · TION ; DEUX ALTRES . '^ · texte numérisé non relu

TION ; DEUX ALTRES . '^

BRULES PAR LES iRo- qui Tcçut Textrème-ondiou après ses blessures , & fut

'^°^^- enterré au cimetière le même jour, 3o du mois de mars;

Jean Mattemale & Pierre Bigot, qui ne furent enterrés que

(2) Regiiire des se- le lendemain (2); sans doute parce qu'on nosa pas, le

puitures de la paroisse jour même, rentrer dans les bois pour aller chercher leurs

deVillemane, 1644. , . ^

corps, par la cramte de tomber dans quelque nouvelle embuscade. Le P. Vimont, qui parle de ce fait, ajoute que, lorsqu'il eut lieu, les Iroquois étaient déjà cachés depuis quatre jours dans les bois; & il nous apprend qu'outre les trois hommes tués, il y en eut deux autres qui furentjpris & brûlés cruellement pendant quatre jours, (3)Reiationdei64i, dans le pays des Iroquois (3). Mais le récit assez succinél P''9>2o- qu'il fait de ce combat manque d'exactitude, dans plu-

sieurs de ses circonftances. Nous devons même remarquer qu'il a passé entièrement sous silence ce trait de valeur de M. de Maisonneuve, sans doute par resped pour la rare modertie de ce héros chrétien, en qui il n'ignorait pas que la vertu surpassait encore la prudence & la bravoure. S" étant cru obligé, dans sa Relation de l'année précédente, de le nommer comme chef de l'expédition de Montréal, il avait ajouté : « 11 me suffit de « dire que c'eft M. Chomedey de Maisonneuve, sa mo-

df. m. de maisonneuve semble avoir eu lieu a la place d'armes.

M. DE MAISONNEUVE MARCHE A l'eNNEMI. 1644. 25

« deftie ne me permettant pas d^en dire davantage (i). n (uReiati^'nd<=i'H3.

xxvni.

Aujourd'hui que nous n'avons pas à craindre de blés- ce trait de valeur

ser une humilité si pure, il efl: julk de donner à M. de Maisonneuve les éloges qu'il a si bien mérités de la patrie, par ce trait aussi heureux que singulier de courage & de valeur. On dirait même que, si la Providence a permis que le souvenir en reftàt oublié jusqu'ici, elle veuille le réveiller de nos jours, & qu'il devienne même, en peu de temps, notoire & populaire à 'Villemarie, à cause de l'importance qu'a prise le lieu qui en fut le théâtre. Ce premier combat des colons de Montréal avec les Iroquois eut lieu sur tm terrain situé au-dessus de la concession accordée,- en i65i, à Urbain Texier, surnommé Lavigne (2), & appelée depuis de ce dernier nom. Elle com- (2) Hiftoire du Camencait au milieu de la grande rue Saint-Jacques & occu- "^''''' p*^"" ^- ^^ ^*''

-> o i. mont.

pait l'emplacement sur lequel ont été conftruits les deux grands monuments des banques de Montréal & de la Cité; ce qui, dans les anciens plans, l'a fait désigner sous le nom de Bastion Lapigne (3). Comme M. de Maisonneuve fit (3) Dépôt des torti-

, -.11- tications des colonies,

ce trait de courage, en se retirant de ce heu, pour rega- .^ p^^.;^ p,^^ ^^ y;,,^' gner le Fort situé à la Pointe, âiiie ensuite à C allié re {axa- marie dressé en 1704, jourd'hui à l'extrémité de la rue Saint-François), il peut pa>-LevasseurdeNéré, tres-bien se taire que, s y rendant par le chemin de traîne dont on a parlé, qui a été l'origine de la rue Saint- Joseph, il ait tué de sa main le chef Iroquois, sur la place même qui elt en face des deux banques, & cette adion hardie, le premier fait militaire passé dans ce heu, juftifie à bon droit le nom de place d'Armes, que les anciens lui ont donné depuis plus d'un siècle (4). Pour (4)Piande viUematransmettre le souvenir des grandes adions, la reconnais- "'^;'^''^ ^u- "^ ™^^!'

0 ' 1701. Arcnnes du se-

sance pubUque a élevé, à la mémoire des hommes célèbres, minaire de Montre'ai.

des monuments de marbre & de bronze, qui, en servant

d'ornement aux places principales des villes d'Europe,

sont une exhortation puissante pour la poftérité, qu'ils

semblent provoquer aux aCfions héroïques. Si la gloire de

M. de Maisonneuve était depuis longtemps comme obs-

HOSTILITES DES IRO- QUOIS PERSÉVÈRENT.

curcie, nous osons espérer que la publication de V Histoire de la Colonie Française contribuera à lui rendre son premier luftre, en faisant partager pour lui à la génération présente la jufte admiration de ses contemporains; & nous ne craindrions pas d'être contredit par personne, si nous formions ici le vœu de voir un jour la place d'Armes de Montréal décorée de la ftatue de ce grand homme, qu'on peut regarder, à tant de titres, comme le père & le créateur de cette Cité.

LES INCURSIONS ET LES La craiiitc de la cruauté des Iroquois qui, 1 année

précédente, avait éloigné de Villemarie tous les sauvages alliés, venus déjà dans ce lieu avec tant d'empressement, les empêcha d'y revenir cette année. C'elt ce qui faisait dire au P. Vimont : « J'ai de la peine à croire qu'il y ait « jamais grand nombre de sauvages à Notre-Dame de « Montréal, jusqu'à ce que les Iroquois soient domptés, « ou que nous ayons la paix avec eux. Ce lieu eft agréable, « ils y demeureraient volontiers, si l'on avait la paix « avec leurs ennemis; sans cela, ils ne viendront pas, & • « la colonie Française ne pourra pas prospérer. » Cette année, les Iroquois avaient jeté, en eiîet, la terreur dans tout le pays. Au printemps, ils s'étaient divisés en dix bandes & répandus çà & là sur le fleuve Saint-Laurent, allant à la chasse des Français, des Algonquins & des (i) Relation de 1644, Hurons, qu'ils pourraient surprendre (i). L'une de ces

P" '9' bandes alla se camper au-dessus de l'île de Montréal, &

une autre dans l'île même, où elle fut attaquée, sous les ordres de M. de Maisonneuve, comme nous venons de le raconter. Une autre se rendit vers la rivière des Prairies, & surprit une bande d'Algonquins, qui tous furent emmenés prisonniers, & la plupart brûlés incontinent après (2) /t./i , p. 42. leur arrivée au pays des Iroquois (2). En remontant le fleuve Saint-Laurent, deux flottes de sauvages, la plupart Chrétiens , trouvèrent la mort ou la captivité , les uns au-dessous de Villemarie, les autres environ à soixante lieues plus haut; car le péril continuait cent lieues de

HOSTH.ITKS DES IROQUOIS. 1644.

chemin, n'y ayant pas un seul moment ni un seul lieu où l'on pût être en assurance d'un ennemi caché dans les joncs qui bordaient la rivière, ou dans l'épaisseur des forêts qui le dérobaient à la vue.

PKISE d'une troupe DE HIRO.SS ET DU PÈRE BRESSANI PAR LES IROqVOS.

Le 27 avril de cette année 1644, trois canots de Hurons étant partis des Trois-Rivières, accompagnés du P. Joseph Bressani, Italien de nation, & d'un jeune Français, deftiné à servir les PP. Jésuites, ces Hurons, à six lieues des Trois-Rivières, se mirent imprudemment à tirer des coups de fusil sur des outardes, & se firent par là découvrir par une bande de trente Iroquois, qui leur dressèrent des embuscades & les firent prisonniers. Après en avoir tué un, des chairs duquel ils se nourrirent, en la présence des autres, ils donnèrent le P. Bressani en la place du chef Iroquois, fraîchement tué à Villeoiarie par M. de Maisonneuve, sans faire pourtant alors à ce Père aucun mal, quoiqu'ils le menaçassent de le brûler à l'entrée de leur village (i). Mais les vainqueurs ayant ren- (i)Reiationdei644, contré une autre bande d'Iroquois, à qui ils racontèrent p-4'.42la mort de ce chef, très-fameux dans leur nation, ce récit fut cause qu'on fit souflfrir à ce religieux toutes sortes d'indignités & de tourments cruels, par le moyen du feu, sans lui ôter pourtant la vie (2).

Ce Père, qui savait leur langue, comprit que, dans leur conseil , ces Iroquois avaient pris la résolution d'aller à Sillery, près de Québec & d'y faire prisonnières les Filles blanches; c'eft ainsi qu'ils désignaient les Hospitalières, établies depuis environ quatre ans, dans cette mission, pour le soulagement des sauvages. N'ayant ni papier ni encre avec lui, il écrivit leur dessein sur un morceau d'écorce, & par le moyen d'un Huron qui s'échappa des mains des vainqueurs & descendit jusqu'à Québec, M. de Montmagny reçut cette écorce, en guise de lettre. Effrayé à cette nouvelle, il assemble les principaux du pays & les Jésuites ; & la résolution eft prise de

(îl Ibid.,-p. 4;^, 4-1.

A CRAINTE DES IRO- ClUOIS FAIT ABANDON- NER LA MISSION DE SILLERV.

faire revenir au plus tôt les Religieuses à Québec. Cependant, sur les représentations inftantes de ces courageuses filles, toutes disposées à mourir, il les laissa encore quelque temps dans leur mission, & se contenta de leur envoyer six soldats, qui faisaient la garde jour & nuit, & étaient relevés, chaque jour, par six autres qu'il envoyait de Québec. Mais, peu après, des Iroquois ayant pris des Français & des sauvages, non loin de Sillery, ceux de cette mission furent si épouvantés, qu'ils s'enfuirent à Québec, sans attendre le départ des Religieuses; & enfin M. de Montmagny ayant^représenté à ces filles qu'il ne pouvait plus dégarnir son Fort pour leur fournir des soldats, & (i) Hiftoiredei'Hô- 1^6, daus ces coujoncfurcs alarmantes, elles n'avaient tel-Dieu de Québec, d'autrc parti à prendre que de retourner à Québec, elles

parlamèreJuchereau, ■..< ^ en i • J ^i ■ ' r / \

p 48 40 5o 5i quittèrent SiUery, le 29 mai de cette même année 1644 (i).

HOSTILITÉS DES iRo- Dautrcs bandcs d'iroquois étaient allées porter la

Quois CHEZ LES Hu- cr^ej-j-g daus Ic Pavs même des Hurons, où ils avaient

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