RONS
mis tout à feu & à sang, &, au mois de mars de la même année, le P. Jérôme Lalemant en écrivait en ces termes :
« La désolation eft extrême dans ce pays. Presque tous
« les jours, de pauvres femmes se sont vues assommées
« dans leurs champs, les bourgs ont été dans des alarmes
« continuelles; & toutes les troupes huronnes, qui s'é-
« talent levées en bon nombre, pour aller donner la
« chasse à l'ennemi sur les frontières, ont été défaites &
« mises en déroute. On a emmené les captifs par cen-.
(1 taines, & souvent nous n'avons pas eu d'autres por-
« teurs de ces funeftes nouvelles, que de pauvres malheu-
« reux échappés des flammes, dont les corps à demi
« brûlés 8c les doigts des mains coupés, nous donnaient
« plus d'assurances que leurs paroles mêmes du malheur
« qui avait fondu sur eux & sur leurs compatriotes. Enfin
« au fléau de la guerre se joignit celui de la famine uni-
« verselle, parmi ces nations, à plus de cent lieues à la
« ronde. Le plus fort obftacle que nous ayons eft que les
« Iroquois, ennemis de ces peuples, ayant le dessus par