COMPAGNIE DESOIX.AN- TE SOLDATS POUR SE- COURIR LA COLONIE
HOSTILITÉS DES IROQUOIS. 1644. 2g
« le moyen des armes à feu, qu'ils reçoivent de quelques
« Européens ; nous sommes maintenant comme invertis
« & assiégés de tous côtés, sans pouvoir soulager la mi-
(I sère d'une infinité de sauvages, qui vivent encore dans
« rignorance du vrai Dieu, ni recevoir même des secours
, I T^ 1 j • • Li / \ ^i)Relation de 1644,
« de la France qu avec des pemes incroyables (i). » p ,^5^ ,^,3^ jq„ ^^'
Après la mort du Cardinal de Richelieu & celle de la reine envoie une Louis XIII, on avait espéré que la Reine régente Anne d'Autriche se déclarerait la proteclrice du Canada (2), ce
qu'elle fit en etîet (3). Cette princesse, sachant le parfait (2) Relation de 1643,
désintéressement des Associés de Montréal, qui ne cher- ''■ ,' , . , ^,.
' ^ (.ijRelationde i65d,
chaient qu'à établir une vraie colonie, afin de procurer p. 2. par ces moyens la conversion des sauvages, se fit un plaisir de les favoriser en toute occasion ; & nous remarquerons ici, en passant, qu'elle leur fit donner, au nom du jeune Roi, son fils, deux petites pièces de fonte, qui étaient depuis longtemps dans les rues de la Rochelle (4), & que, (4) Archives du miselon toutes les apparences, M. de la Dauversière y avait "''^^''^ '^^ , ''^'''"'.^^
ri' ■' étrangères, volume in-
remarquées, en se rendant dans cette ville, pour les em- tituié : Amérique, de barquements de 'Villemarie. Mais un secours plus puis- '^0- à ''J'^o. foi. 154. sant qu'elle procura, dans ces circonifances alarmantes, fut l'envoi d'une compagnie de soldats (5), qu'elle joignit [0) Hiitoire du Caà une nouvelle recrue envoyée par les Associés de Mont- "^'^^ p""" '^'- ^"^'"^o"'réal. Cette compagnie se composait de soixante hommes, qui devaient être distribués dans les divers portes du pays (6), & la Reine donna cent mille livres pour les (6) Hiftoire du Montlever & les équiper. C'était apparemment cette même ■"'-'''''. "^^ "^4^ a 1*504. somme qu'elle fit prendre sur l'épargne 8c remettre à l'un des Associés de Montréal, dont la vertu, le désintéressement & le zèle aportolique lui étaient parfaitement connus. Nous parlons du baron de Renty, déjà nommé dans cette hiftoire, qui fut pendant quelque temps directeur de la Compagnie de Montréal, & dans la vie duquel nous lisons qu'un jour de la Semaine Sainte il alla prendre à l'épargne une grande somme d'argent que la Reine avait donnée avec « une bonté & une libéralité ^ raiment
3o 11'^ PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
(i)ViedeM.deRen- « rojalcs, pour aider rÉglise naissante du Canada (i). » ty, par le P. j.-B. de Qgg soixante soldats arrivèrent dans l'été de 1644, accom-
St-Jure, S'part.ch.iii, ^ i n • -^ r • j i /-•
in- 12, 1664. p. 268. pagnes de 1 autre recrue^ qui venait aux trais de la Compagnie de Montréal, & ce puissant renfort avait été mis sous la conduite du sieur de Labarre, qui passait en France pour un homme apoltolique. A la Rochelle, il atfedait de porter à sa ceinture un grand chapelet, avec un grand crucifix, quil avait presque toujours devant les yeux; tout son extérieur, qui annonçait les dehors de la pénitence, donnait une grande idée de sa personne ; & ce fut pour ce motif qu'on lui confia le commandement de la recrue qu'on envoyait, comme pour une expédition de religion. Mais à Villemarie, où le sieur de Laharre passa toute Tannée, on eut occasion de se détromper sur son compte & de se convaincre que cet hypocrite, sous de fausses appa-
réai de 1643 à"i644'' '"^'"''^^^ ^e vcrtu, cachaït une très-méchante vie (2).
HOSTILITÉS DES iRo- Toutcfois la recruc qu'il conduisit ne pouvait arriver
plus à propos que dans ces circonftances, où les hoftilités des Iroquois persévéraient avec la même fureur' & la même confiance. Le 14 septembre de cette anrtée 1644, un soldat du Fort Richelieu, travaillant dans un petit champ, pour y planter du blé d'Inde, à une portée de mousquet de la palissade, quatre ou cinq Iroquois, qui étaient cachés, sortent tout à coup, se jettent sur lui & le prennent,sans lui faire pourtant aucune blessure. Ce jeune homme, qui aimait mieux mourir par le fer que par le feu des Iroquois, saisit si fortement une souche & quelques racines, que jamais ils ne purent l'en détacher. Outrés de colère de la résiftance qu'ils éprouvent, ils déchargent sur sa tête un grand nombre de coups de hache, & voyant qu'ils avaient été découverts du Fort, & qu'on tirait déjà sur eux, ils s'enfuient, pensant l'avoir massacré. Ce jeune homme veut s'avancer vers le Fort, & aussitôt deux Iroquois, qui l'aperçoivent, fondent sur lui, & lui donnent encore deux grands coups d'épée au travers du corps. On le croyait mort, mais le chirurgien accourut & arrêta le
Q.UOIS AU rORT RI- CHELIEIT.