HOSTILITÉS DES IROQUOIS
sang, nonohftant les décharges que les ennemis cachés dan-s le bois faisaient sur Tun & sur l'autre. On trouva qu'il avait reçu six blessures, qu"on jugeait être mortelles, & néanmoins on parvint à le guérir. Mais, le 7 novembre de la même année, un jeune homme, qui était préposé aux ouvriers du Fort, étant sorti seul pour tirer sur quelque gibier, fut environné d'une troupe d'Iroquois cachés dans les broussailles, qui le mirent à mort; &, après l'avoir dépouillé, lui enlevèrent la chevelure avec la peau de la tète.
Le 1 2 du même mois, lorsque la terre était couverte d'un pied de neige, comme on ne pensait presque plus à ces chasseurs d'hommes, sept soldats sortirent pour aller chercher du bois de chauffage : car le froid se faisait vi^-ement sentir. Après avoir chargé leur traîneau, ils le tiraient sur la neige, lorsque soudain une bande d'Iroquois se jette sur eux à l'improvifle. Les plus leftes 8: les moins embarrassés se déprennent aussitôt du cordage passé autour de leur corps pour traîner leur charge, & se sauvent à la course, dans le Fort. Mais un autre, plus fortement lié au traîneau, ne put se dégager assez promptement, & fut pris par ces barbares, qui lui donnèrent sur-le-champ de grands coups de leurs masses d'armes, & l'ayant renversé par terre, lui coupèrent une partie de la peau de la tète, qu'ils emportèrent avec la che-s-elure. Aux cris de la sentinelle, on fait incontinent des décharges d'arquebuse sur les Iroquois, & ceux-ci prennent aussitôt la fuite, abandonnant leur prisonnier, qu'ils croyaient déjà mort : car il était sans mouvement; mais comme on eut mis le feu au canon pour le tirer sur les Iroquois, il revient à lui & commence à se traîner. On accourt aussitôt; on le trouve blessé à la tète de sept ou huit grands coups de hache, que chacun jugeait être mortels; il était tout couvert de sang, avait une partie du crâne découvert & présentait un spedacle horrible à voir. On l'appelle, on lui parle ; il n'avait plus de connaissance ni d'usage de ses sens, & ne conservait
nouvelles hostilités au fort richelieu, d'où la garnison ne peut plus sortir.
(i) Relation de 1645, p. 18, 19.
plus qu\m mouvement animal , qui le faisait se traîner çà et là. Il refta trois jours sans connaissance; le chirurgien en prit néanmoins tant de soin, qu'il lui rendit la santé. Pour tout dire, en un mot, la garnison du Fort Richelieu se vit contrainte de refter enfermée dans ce petit retranchement, & plus étroitement que ne l'était alors aucun religieux dans les plus petits monaftères de
xxxvL France (i).
LES IROCLUOIS ATTA- QUEUT VILLEMARIE, nui LES REPOUSSE
L'auteur de la relation de 1645 assure que les Iro- AVEc SUCCÈS, SANS quolg UQ s'approchèrent pas de Villemarie cette année (2). PERDRE UN SEUL jj yQuigit dire, SBUs doute, qu'ils n'y firent aucun coup