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PAIX AVEC LES IROQUOIS

la paix qu'on venait de conclure avec les Iroquois. M. de Répentigny, dont on a déjà parlé, était amiral de cette flotte, & son frère, M. de Tilly, commandait la Notre-Dame de Montréal, qui conduisait M. de Maisonneuve. Au moment où M. de Répentigny sortait du Fort, on tira trois coups de canon, & lorsqu'il s'embarqua dans la chaloupe, on tira du magasin trois autres coups ; enfin, tous ces vaisseaux levant l'ancre, saluèrent, de leur côté, le gouverneur par d'autres décharges (i).

Au mois de janvier de l'année suivante 1646, le P. Anne de Noue profita de la liberté que lui donnait la paix avec les Iroquois, pour aller adminiftrer les sacrements de Pénitence & d'Euchariitie aux Français reftés en garnison au Fort Richelieu. Il partit des Trois-Rivières, en compagnie de deux soldats & d'un Huron, marchant chacun sur des raquettes, à cause des neiges fort élevées qui couvraient le pays. La première journée, ils ne purent faire que six lieues, & encore avec bien de la peine, à cause des difficultés de la marche , & se conftruisirent, le soir, une cabane avec des branches d'arbre, pour y passer la nuit. Le P. de Noue, ayant remarqué que les deux soldats, peu accoutumés à aller en raquettes, avaient de la peine à traîner le bagage après eux, se lève à deux heures environ après minuit, & se met à gagner les devants, pour donner avis aux soldats du Fort Richelieu d'aller secourir leurs camarades. Mais cette charité lui coûta la vie : n'ayant point de boussole pour se guider, il s'égara, & fut ensuite trouvé gelé, sur la neige, vis-à-vis de l'île Platte (*) (2).

(i) Journal des JésuiteSj 24 oft. 1645.

vr.

LE P. DE NOUE MEURT VICTIME DE SA CHA- RITÉ, EN ALLANT AU FORT RICHELIEU.

(2'! Relation de 1646,

(*) Un autre missionnaire de la même Compagnie, dont nous avons déjà parlé, le P. Ennemond Massé, mourut le 12 mai suivante la résidence de Saint-Joseph, dans la soixante-douzième année de son âge. Lui &. le P. de Noue ne furent pas cependant les premiers Jésuites décédés en Canada (3). Déjà le P. Charles Raimbeault était mort à Québec, le 22 oclobre 1642^ & M. de Montmagny, qui elU- p. i:.

(3) Relation de 1 645,

SILLEET, AUX TROIS- RIVIÈRF.S, A VTI-LEMA-

niE.

ALAFAVEURDELAPAix, Cependant, de leur côté, les Algonquins & les Hu-

DEs SAUVAGES VONT A j-Qj^g^ ^ j^ faveuf de la paix, qui leur laissait les chemins libres, affluaient aux habitations Françaises : « C'eft ce « qui me fait penser, écrivait le P. Jérôme Lallemant, « que le temps de la conversion de ce nouveau monde eft « enfin venu , & que l'esprit de Dieu veut conduire ces « pauvres peuples à la fin pour laquelle il les a créés. Plu- K sieurs choses, à ce que je puis reconnaître, ont con- « tribué à ce bonheur : le bon état dans lequel Messieurs « de la Compagnie de la Nouvelle-France ont mis le pays « & la colonie (en abandonnant le commerce des pelle- « teries aux habitants) , le secours & Tassiffance qu'ont « donnés Messieurs de Montréal, la piété &: le bon « exemple des habitants, & particulièrement la chanté « des deux familles religieuses de l'Hôpital & des Ursuli- (i)Reiaiiondei64G, « ncs (i). « Un grand nombre de sauvages abordaient, P- ^' en effet, de toutes parts, à Sillery, pour s'y faire ins-

(-.) ii?u.,-p.i. truire (2), & un plus grand nombre encore aux Trois- Rivières, quoique, parmi ceux-ci, il y eût beaucoup de païens, & même quelques apoftats, qui allaient à cette habitation pour se pourvoir des choses nécessaires à la

mait sa vertu, avait même désiré qu'il fût inhumé auprès du corps de Champlain, à qui on avait érigé un sépulcre particulier pour honorer sa mémoire. Enfin, six jours après la mort du P. Raimbeault, le Canada avait fait une perte considérable dans la personne du sieur Nicollet, qui avait demeuré vingt-cinq ans dans le pays en qualité d'interprète & de commis des Compagnies qui s'étaient succédé. Il venait de s'embarquer à Québec, sur les sept heures du soir, pour aller aux Trois-Rivières, afin d'y traiter de la délivrance d'un prisonnier sauvage, lorsque, avant que sa chaloupe fût arrivée à Sillery, une horrible tempête s'étant élevée sur le fleuve Saint-Laurent, la remplit d'eau & la coula à fond, après lui avoir fait faire detax ou trois tours dans l'eau; & Nicollet, qui ne savait pas nager, se noya, ainsi que plusieurs autres qui voyageaient dans sa compagnie. Ce n'était pas le seul voyage où il s'était ainsi exposé au danger de la mort pour le bien & le salut des sauvages. « Il l'a fait fort souvent, dit le P. Vi- <i mont, & nous a laissé des exemples qui tiennent de la vie apofto- D Relation de 104'^ " lique, & sont dignes de l'miitation des Religieux les plus ferp. i, 4. "■ vents (3). »

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