SENTIMENTS REMARQUA
ils voulurent assister à la Procession, aussi bien que les païens qui se trouvaient à Villemarie. Une escouade d'arquebusiers français & ces sauvages marchaient deux à deux, dans un bel ordre, avec grande modestie, & se rendirent ainsi depuis la chapelle du Fort jusqu'à Thôpital, où Ton avait dressé un reposoir. Le premier jour de Tan^ il arriva que, comme on tirait du Fort quelques pièces de canon, dès le point du jour, pour honorer la fête, les sauvages alarmés accoururent aussitôt, demandant ce que signifiait donc ce signal. On leur répondit qu'à pareil jour le Fils de Dieu avait été nommé Jésus, c'est-à-dire. Sauveur, & que le bruit des canons donnait à entendre qu'il fallait l'honorer : « Allons, se dirent-ils les uns aux autres, « allons., & rendons-lui ce même honneur; » & là-dessus ils se mirent à faire, de leur côté, des décharges d'arque-
, buses (i). Voici un trait de simplicité naïve bien excusable dans un sauvage nouvellement chrétien. Pendant que les deux missionnaires étaient absents de Villemarie, ce néo-
" phyte, qui devait se marier avec une fille de la même nation, s'adressa à madame d'Ailleboufl & lui dit : (I Puisque tu nous entends fort bien, ne pourrais-tu pas I' suppléer au défaut du prêtre & nous marier publique- (I ment dans l'église ? " La simplicité de ce sauvage fit rire madame d'Aillebouff , qui lui répartit, non sans quelque rougeur, qu'il devait attendre le missionnaire ou descendre jusqu'à Québec (2).
JIENE.
Parmi ceux qui furent baptisés cette année à Villemarie, BLES d'un catéchu- \[ y Q^ Q^^^^ ^q surtout qul s'était fait remarquer par une exade fidélité, durant trois ans, à remplir tous ses devoirs, afin de mériter la grâce du baptême. « Hélas ! disait-il, avant que j'eusse entendu parler de Celui qui a fait toutes choses, je commettais toutes sortes de péchés; mais depuis que j'ai appris qu'ils lui déplaisent, je n'y suis point retombé. 11 y a trois ans que je demande le baptême; je me fâche contre moi-même & non contre ceux qui me le refusent : car j'ai beaucoup offensé Dieu. » Un hiver, il