CHAPITRE VII
DEUXIÈME GUERRE DES IROQUOIS^ DE 1646 A l65o.
DEUX FEMMES SAUVAGES Lc 3 dc julllct 1 646, OU Vit afrivcr à Villemarie deux
femmes sauvages, mouillées depuis les pieds jusqu'à la tête, abattues & tout éplorées. Interrogées sur le sujet de leur T^^"'^^- triftesse : « Nous descendions ici, ma fille & moi, dit la
« plus âgée, lorsque nous avons aperçu des hommes que « nous croyions être de nos ennemis. La peur nous sai- « sissant, nous avons abandonné notre petit bateau d'é- « corce & tout notre bagage, marchant 6c courant huit « jours entiers dans ces grands bois, de peur de tomber « entre leurs mains, & ne mangeant, pendant ce temps, « que des fruits sauvages, quand nous en rencontrions, & (I encore ne les cueillions-nous qu'à la course. » — Mais « comment avez-vous donc pu aborder à cette île, sans « canot? 1) lui demanda-t-on. — « Nous avons ramassé des (I morceaux de bois, reprit-elle, nous les avons liés en- « semble avec des écorces & nous nous sommes mises « dessus, ramant avec des bâtons, aimant mieux nous (I confier à la merci des eaux & être noyées que de « tomber entre les mains d'ennemis si cruels. Ces mor- « ceaux de bois venant enfin à se séparer, nous sommes (I tombées dans le courant; &, après nous être bien dé- 1 battues, nous avons saisi de nouveau nos bois, qui « nous ont conduites jusqu'au bord de votre île. » Elles avaient fait ainsi plus de deux lieues sur ces bâtons flottants, n'attendant que l'heure d'être englouties dans la profondeur du flevive, qui, au-dessus de l'île de Montréal, paraît valte comme une mer. Ces femmes, ainsi échap-