DEUXIÈME GUERRE DES IROQUOIS
pées du péril, firent sécher leurs robes, sans paraître touchées de la perte de leur canot, de leurs vivres 8c de tout leur bagage, heureuses de se voir dans ce lieu de
sûreté (l). ,., Relation de, 646,
Au mois d'août de cette même année, le Borgne de les onneioÙts attarîle, remontant dans son pays avec les siens, tomba dans '^^'''^ "-■= borgne de
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une embuscade que lui avaient dressée les Iroquois, & ^^^ jgj,^^ sauvage perdit un jeune guerrier. Celui-ci, blessé à mort d'un qui reçoit le eapcoup d'arquebuse, fut aussitôt porté à Montréal; & quoi- ^""^' qu il n'eût jamais été inftruit de la Foi chrétienne, il reçut avec tant de fruit les paroles qu'on lui adressa dans cette extrémité, qu'il sembla n'avoir reçu le coup de la mort que pour passer, par le sacrement du Baptême, à la possession de la véritable vie (2). Il était âgé d'environ (2) Relation de 1646, quinze ans & avait perdu ses père & mère ; ce qui don- r- 35. nerait à entendre qu'il avait été pris dans quelque combat : car il était Iroquois de nation. Il fut nommé Laurent, & mourut le jour même de son baptême, le 1 1 août 1646 (3). (3}Regiftredesbap- Ceux qui avaient dressé l'embuscade dans laquelle tomba ''""^^^ '^^ '^ paroisse
, • • , ,,M , - , , • ,,A ■ de Villemane, iiaout
le capitaine de lue étaient de la nation d Onneiout, au ,646. nombre de dix-sept, & nonobltant leur petit nombre avaient blessé à mort ce jeune homme & fait prisonnières deux femmes, dont l'une était déjii fort âgée.
Comme us retournaient dans leur pays, ils aper- hencontre singulière
curent, de loin, un canot de Hurons, & furent en même temps découverts, à leur tour, par ceux qui conduisaient ce canot. Aussitôt les Hurons, au nombre de trente villemarie hommes , mettent pied à terre , pour aviser à ce qu'ils feraient; &, de leur côté, ceux d'Onneiout en font autant. Les uns ne savaient pas le nombre des autres, ce qui fut cause que les capitaines de ces deux petites troupes, pour donner courage à leurs gens, les exhortèrent à se montrer braves & à mourir plutôt que de lâcher pied. Enfin ceux d'Onneiout viennent les premiers, pour attaquer les Hurons^ placés derrière une pointe, &^, à leur abord, on
de ces ONNEIOUTS AVEC DES HURONS.
ONNEIOUT CONDUIT A
pousse, de part & d'autre, un grand cri, selon la coutume des sauvages, à qui ce bruit servait de trompettes & de tambours. Mais les Hurons, s'imaginant que les Iroquois, qui les prévenaient de la sorte, étaient en grand nombre, s'enfuirent aussitôt dans les bois, à la réserve de cinq qui tinrent ferme, résolus de mourir sur la place ; &, de leur côté, les Iroquois, jugeant par le cri qu'avaient poussé les Hurons que ceux-ci leur étaient supérieurs en nombre, s'enfuirent aussi, sans qu'il en reftât un seul; en sorte que les cinq Hurons qui n'avaient pas lâché pied se regardèrent les uns les autres, bien étonnés de se trouver sans ennemis. A la faveur de ce désordre causé par la frayeur, les deux femmes prisonnières, dont nous avons parlé, se délient, se sauvent dans les bois, & l'une d'elles venant à rencontrer l'un des Hurons lui fait connaître que les Iroquois ne sont qu'au nombre de dix-sept. A ces mots il court pour avertir ses camarades, qui se rallient & commencent à couper le chemin aux ennemis. Enfin, ils font si bien qu'ils en saisissent un & Famènent à Villemarie. Les Hurons s'étaient empressés de rendre la liberté à cette femme Algonquine qui leur avait donné un si utile avertissement; inais ils ne purent retrouver sa compagne plus âgée, tant elle s'était éloignée, précipitamment dans sa fuite. Quelques jours après, elle arriva seule à 'Villemarie, au grand étonnement des Français & des sauvages, qui admiraient comment une vieille femme avait pu traverser tant de terres & tant d'eau sans bateau & sans vivres , n'ayant ni couteau ni hache , &; parcouru une étendue d'eau de plus de trois lieues. M. d'Aillebouft accueillit avec joie ces Hurons, & fit tous ses efforts afin de retirer de leurs mains l'iroquois qvi'ils avaient pris. It offrait même de grands présents pour sa délivrance ; mais, voyant qu'ils voulaient le conduire dans leur pays, il les pria, par un présent, de lui sauver la vie 8c de le ramener, l'an prochain, à Onontio, à dessein de faire , , „ , . alliance avec les Iroquois par le moven de ce v^rison-
(i) Relation de 1041;, n t . r
p ri,5i. nier (i;.
GOCIER LA PAIX CHEZ LES AGNIERS, CiUI, AU CONTRAIRE, SE PRÉ- PARENT A NOUS FAIRE LA GUERRE.