GUERRE. HOSTILITÉS A VILLEMARIE
cade dans cette île (ij. Le bruit de cette nouvelle guerre (i)Reiationdei647 se répandit bientôt, & les sauvages alliés s'éloignèrent in- p- ^• continent de Villemarie. II n'y refta que six Hurons, qui, s'étant éloignés à quelques lieues du Fort, se mirent à conftruire leurs cabanes pour la chasse. Un Français, qui les avait accompagnés afin de les aider charitablement dans ce travail, en blessa un par mégarde d'un coup de hache qu'il lui déchargea sur la main. Affligés de cet accident, & voulant procurer quelque soulagement au blessé, le Français & un Huron le conduisent à Villemarie, &, comme ils s'avançaient vers le Fort, ils aperçoivent sur la neige une pifte fraîchement battue par une troupe d'Iroquois venus à la chasse des hommes : « Ah ! je vois bien (I maintenant, s'écrie le blessé, que cette plaie efl un coup (I de la Providence, & non point un accident; la bonté de u Dieu m'a fait perdre une main pour nous sauver la vie « à tous trois. » En efî'et, des quatre Hurons reftés à la cabane, trois furent pris par les Agniers, & le quatrième se perdit. Le blessé dont nous parlons ajoutait en témoignant déjà à Dieu sa reconnaissance : « Il elT: vrai que « nous ne sommes pas encore en assurance, nous pou- « vons rencontrer l'ennemi dont nous avons vu les ves- « tiges; mon seul regret efl que je ne me suis pas confessé « depuis longtemps. » L'autre Huron qui l'accompagnait s'attriftait bien davantage encore, pensant qu'il n'était pas même baptisé; cependant ils arrivèrent à l'hôpital sans être assaillis par personne. Là, comme le blessé ne pouvait souffrir la main du chirurgien, on lui reprocha de n'avoir pas de cœur, & l'interprète ajouta qu'en France on liait ceux qui ne pouvaient souffrir la cure de leurs plaies. — « Eh bien! repartit-il, puisque je suis parmi les « Français, il faut m'accommoder à la Française ; liez- (I moi & m e faites garder vos coutumes. » On le lia en effet, & il endura, plusieurs jours, cette douloureuse opération, sans donner aucun signe d'impatience.
vir.
Le 3o novembre de la même année 1646, jour de saint deux colo.ns de ville-