GUERRE. GRILLADES CHEZ LES IROQUOIS. 1647. 7I
naître que la guerre des Iroquois contre les Français & les autres nations sauvages était, à certains égards, une véritable guerre de religion. Aussi assurait-on que ces barbares avaient crucifié, dans ces circonftances, un petit enfant baptisé, âgé de trois ou quatre ans, étendant son corps sur une grosse écorce & perçant ses petites mains & ses petits pieds avec des bâtons aigus.
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Lorsque toutes ces victimes arrivèrent au pays des sipplices des prison
Iroquois, on les reçut avec les cris, les huées, les coups de bâton & les feux ordinaires dans ces circonftances. On donna la vie aux femmes & aux filles, ainsi qu'à deux petits garçons. Quant aux hommes & aux jeunes gens capables de lancer un javelot, ils furent diftribués en diverses bourgades pour y être brûlés, bouillis & rôtis; le chrétien qui faisait les prières publiques fut grillé & tourmenté d'une horrible façon. Jamais il ne jeta un seul cri ni ne donna le moindre signe de faiblesse, ayant toujours les yeux levés au ciel, au milieu de ses tourments. On commença de le tourmenter avant le coucher du soleil, & on le brûla toute cette nuit, depuis la plante des pieds jusqu'à la ceinture; le lendemain, depuis la ceinture jusqu'à la tête ; sur le soir, les forces lui manquant, on jeta dans les flammes son corps ainsi tout grillé (i). (i)Reiationde .^,4
La défaite des Algonquins était arrivée le 5 mars lafemmedejean-ba 1647. Le 8 juin suivant, parut au-dessus de Villemarie un canot, dans lequel on ne voyait qu'une seule personne. Quelques-uns, s'étant approchés pour la reconnaître, furent très-étonnés de trouver dans le canot Marie, femme du brave Jean-Baptifle, massacré récemment. On la conduisit aussitôt dans la chambre de M. d'Aillebouft. Ses larmes & ses sanglots, qui lui ôtaient la parole, furent le préambule de sa harangue & touchèrent de compassion tous les assiftants. Madame d'Ailleboult, qui avait toujours eu beaucoup d'aflfecfion pour elle, lui dit en sa langue qu'elle cessât de s'attrister, puisqu'elle se voyait enfin parmi ses parents &
TISTE ARRIVE Fl'GI TIVE A VILLEMAfilE.