‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 87 sur 428 · GUERRE. IROQUOIS PRIS A VILLEMARIE · texte numérisé non relu

GUERRE. IROQUOIS PRIS A VILLEMARIE

11 trouvé aussi digne qu'il Tétait de sa possession. » Ce fut Mathurin Bonenfant, âgé de vingt-cinq ans, du pays d'Igé, près de Bélesme, diocèse de Séez, en Normandie. Il fut inhumé le jour même de cette lâche surprise , par le P. Bailloquet, qui lui rendit ce témoignage dans lacle de son inhumation : « Peu de jours avant sa mort, il « s'était dignement approché du sacrement de Pénitence, « & à Villemarie sa conduite avait l'approbation de (ORegidrcde inpa

. / \ roisse de \'illemariL",

« tous (l). » ,- « ■ -iw

^ J 1048, 2g juillet.

XXI v.

Voici un autre exemple de la fourberie de ces bar- charles le movne et bares. Il y avait alors, vis-à-vis du Fort de Villemarie, godé prennent deux ^

une pointe de rochers qui formait une petite île, appelée vulgairement le Saut Normand {*). Deux Iroquois, y étant allés en canot, se mirent à feindre de vouloir parlementer, ce qui engagea M. de Maisonneuve à commander à Charles Le Moyne & à Nicolas Godé d'aller les y joindre, afin de savoir le sujet de leur discours. Les deux Français s'embarquent aussitôt & se dirigent xcvs eux; mais, à leur arrivée, l'un des deux Iroquois, soit par un sentiment de frciyeur, soit par quelque remords de sa conscience, se jette incontinent dans son canot, s'enfuit & laisse là son camarade. Celui-ci, interrogé par Le Moyne pourquoi son compagnon s'eft enfui si précipitamment, s'etîorce de voiler leurs mauvaises intentions, & répond que l'autre avait été saisi d'une terreur panique, mais c[u'ils n'avaient eu aucun dessein hoftile, en venant ainsi s'aboucher avec eux. Cette réponse n'empêcha pas qu'on ne le prît & qu'on ne le conduisît au Fort. Il y était depuis peu, lorsque le fuyard reparut au loin, voguant 8: haranguant sur le fleuve. Dès qu'on l'aperçut, M. de Maisonneuve donna ordre à Le Moyne 8c à Godé de se tenir prêts avec le canot, afin de le joindre à la rame, s'il approchait de trop

(*) Cette île a été donnée par !e séminaire à la corporation de Villemarie, qui l'a jointe au quai & en a tait, comme on l'a déjà dit, une sorte d'embarcadère pour la commodité des voyageurs.

Page 1