PAR DES HURONS PRES DES TROIS-RIVIÈRES
près. Ce mojTii eut tout Teffet qu'on s'en était promis; car l'Iroquois, pendant qu'il faisait ses belles harangues, 4 s'étant avancé insensiblement dans le courant du fleuve,
les deux Français se jettent soudain dans leur canot, 8: le poursuivent si vivement, qu'il lui eft impossible de sortir du courant & de gagner la terre avant d'être pris ; en sorte qu'on le conduisit au Fort, où il l'ut mis aux fers, aussi bien que son camarade.
iROduois PRIS OU TUÉS L'aHuée 1647, les Hurons ne descendirent point à Montréal ni aux autres habitations Françaises, tant afin de défendre leur propre pays, menacé par les Iroquois, que parce qu'ils craignaient une autre armée d'Agniers, qu iles attendaient au passage, s'ils eussent osé descendre le fleuve (i j Relation de 1G4S, Saint-Laurcut (i). Mais la nécessité de se procurer des
F- -^7- haches & d'autres objets venus de France les contrai-
gnant de s'exposer à tous les dangers, deux cent cinquante Hurons, dont cent vingt chrétiens ou catéchumènes, conduits par cinq braves capitaines, se mirent en marche l'année suivante, 1648. Ils avaient fait plus de deux cents lieues de chemin sans rencontrer d'Iroquois, lorsqu'enfin, près du Fort des Trois-Rivières, ils furent aperçus par une armée ennemie qui les attaqua, mais qui fut battue par eux & mise en fuite. Plusieurs Iroquois restèrent sur la place, & une vingtaine d'autres furent faits prisonniers. L'un de ces fuyards, effrayé par la crainte de la mort, courut jusqu'à 'Villemarie, traversa la rivière, & se ressouvenant sans doute de la bonté & de la courtoisie des Français cie ce poste, alla volontairement se rendre à eux. Il entra dans la cour de l'Hôpital, sans rencontrer d'autre personne que la sœur de madame d'AilleboLift, mademoiselle Philippine de Boulongne, qui récitait alors son chapelet ; & dominé encore par la frayeur, il se présenta à elle en lui tendant les bras. Cette circonftance singulière fit dire agréablement aux colons, qui portaient tous un très-grand resped à la vertu de mademoiselle de Boulongne, que, « par ses prières, elle avait pris un Iro-