NOUVELLES AFFLIGE W- TES POUR VILLEMARIE
les en invertit selon les formes le 3 mai de cette année^ assifté de Jean Bourdon, qualifié ini^énieur arpenteur, & de François de Chavigny, Fun des conseillers de Québec. L'acte de cette prise de possession fut écrit & signé au Fortde Villemarie (i).
Il était difficile que les changements arrivés dans le gouvernement du pays, provoqués surtout par le zèle désintéressé des Associés de Montréal, n'excitassent pas contre Tœuvre de Villemarie quelque orage qui menaçât de la ruiner de fond en comble. Aussi, en arrivant de France, M. d'Aillebouft avait-il appris à M. de Maisonneuve & à mademoiselle Mance une affligeante nouvelle, bien propre à les abattre Tun &: l'autre, s'ils eussent eu d'autre appui que leur immense confiance en Dieu. C'est que plusieurs des plus notables Associés de la Compagnie de Montréal s'en étaient détachés par les conseils de quelques personnes, qui les avaient déterminés à préférer les missions du Levant. Cette nouvelle devait beaucoup affliger les colons de Villemarie ; personne n'y fut plus sensible que mademoiselle Mance. hiquiète sur le sort de la Compagnie de Montréal, elle descendit à Québec, dès que l'été de 1649 fut venu, afin d'y recevoir sans délai les nouvelles qui pourraient arriver de P^rance. Elle en apprit, en effet, mais des plus triftes qu'elle pût recevoir : d'abord, la mort du P. Rapin, son entremetteur & son protecteur auprès de madame de BuUion ; en second lieii, que la Compagnie de Montréal était presque dissoute, 8c qu'enfin M. de la Dauversière, ayant éprouvé de fâcheux contre-temps dans ses affaires, on était sur le point de saisir tout son bien, & que lui-même, gravement malade, était en danger de dre la vie.
MADEMOISELLE MANCE Plelnc dc confiancc en Dieu, quoique vivement
PASSE EN FRANCE afFciffée dc ces nouvelles, elle prit aussitôt la résolution de
POUR LE BIEN DE LA !-■ o 1 • ^ ■ 11 11
COLONIE. repasser en France. Son dessem était d aller trouver ma-
dame de BuUion, de lui exposer l'état des choses &. de faire
2^ GUERRE. COMPAG. DE MONTRÉAL AFFERMIE. 164g. QQ I
ensuite ce qu'elle lui prescrirait. Sachant que les Associés de Montréal étaient, après Dieu, Tunique soutien de | Villemarie, & voulant faire tout ce qui serait en elle i pour conserver cette œuvre, qu'elle croyait être de Dieu,
elle résolut de proposer à tous les membres qui compo- j
saient encore la Compagnie de Montréal de cimenter leur Société par quelque ade public qui conftatàî leur droit de propriété sur Tile. Car jusqu'alors, par un effet de leur
grand amour pour la vie cachée, les propriétaires, si Ton . \
en excepte M. de la Dauversière & M. de Fancamp, étaient i
tous légalement inconnus. Madem.oiselle Mance ne dou- j
tait pas que non-seulement la conservation de IHôtel- Dieu, mais encore celle de tout le Canada, dépendaient
de la ftabilité de cette Compagnie charitable, attendu que, .
si Villemarie venait une fois à succomber, il était bien à 1
craindre que tout le refte ne pérît, n'ayant plus ce boulevard pour le défendre. Cette année 1649, tout le Canada était, en effet, dans l'épouvante & la confternation, à cause des cruautés exercées contre les Hurons & de l'entière deftruftion de leur pays par les Iroquois, qui menaçaient les Français d'un traitement semblable. Voyant donc toute la colonie Française réduite à cette extrémité, mademoiselle Mance, de l'avis de M. de Maisonneuve, résolut de s'embarquer au plus tôt pour la France, & partit, en effet, de Québec le 8 septembre. M. de Maisonneuve, ainsi que tous les colons de Villemarie, l'accompagnèrent de leurs prières 8c de leurs vœux, &; sa traversée fut heureuse ( i ). ^'^ ^.'f''. ^^' ^''-
^ ■' son, 1040-1040.
Arrivée à Paris, elle alla voir d'abord madame de ziîle persévéhant de BuUion, qui la reçut avec une affedion que leur longue madame de euluon;