‹ Histoire de la comédie ancienneChapitre 15 sur 129 · XC · texte numérisé non relu

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toujours besoin de se cacher derrière un sujet en rapport avec la solennité du jour : on lui reconnaissait à Delphes une valeur absolue, et il célébrait le Dieu par lui-même, ainsi qu'aurait pu le faire une hymne toute pleine de ses louanges. Le premier jour, un beau jeune homme à l'image d'Apollon, vêtu comme lui d'une tunique splendide, chantait sur une cithare semblable à la sienne, sa victoire sur le Python (1), et on la représentait avec toute la réalité possible (2); mais le lendemain et le jour suivant on dansait le rappel à la vie de Sémélé et le suicide de Gharila(3), deux histoires étrangères au dieu de la fête, qui ne pouvaient l'honorer que par l'intérêt dramatique de la danse. Il arrivait même, et à une époque encore bien reculée, que les ballets liturgiques sortaient du vague auquel la pantomime est condamnée par sa nature : on y associait un chœur dont le chant suivait le sujet pas à pas et en expliquait successivement tous les tableaux (4).

Si complets en apparence que fussent jamais ces drames de sacristie, ils manquaient d'un élément indispensable à toutes les œuvres d'art; ils n'étaient pas libres. Au lieu de rester leur but à eux-mêmes et d'y marcher de leur propre pas, dans toute leur force, ils n'étaient qu'un appendice du culte, quelquefois même une simple cérémonie. Gomme inspiration et comme

1. III, ch. xui, par. 3; Athéuée, 1. xiv, mémoration expiatoire : Charila avait été frap-

p. 141 E; Ëtymologicum magnum^ s. v. pée au visage par un roi à qui elle deman-

'AXTJrfjî. dait l'auniône, et s'était tuée pour échapper

(1) Photius, Biblwlheca^X'- 985. On l'ap- à l'humiliation et à la faim.

pelait Stepterivm , et comme l'a reconnu (4) Ce chœur avait même un nom parti-

Thiersch, Pindar. t. I, p. CO, Apollon y fi- culier, IJyporclienia (voyez Athénée, 1. i,

gurait eu personne, ainsi que dans les fêtes p. 15 D), et la musique y jouait un rôle

de Délos; Yirgile , Aeneidos 1. iv, v. 144. assez important pour que Plutarque nous ait

(2) Hyvinus in Apollinem, v. 1 60 et sui- conservé le nom de Philammon, l'auteur de la vants ; Pausanias, 1. .x, ch. 7; Plutarque, De musique d'un hyporchema où l'on représentait defectu oraculonnn , ch. xiv [MoralUi , les couches de Latonc ; De .Vusica^ par. ni ; p. 509); Strabon, 1. ix, p. 421; PoUux, Moralia, p. 1384, éd. Didot. Cette associa- 1. IV, par. 84 : voy. Scaliger, De comoedia tion de la danse avec des chants alternés se et iragoedia, ch.xix; dans Gruno\ius, The- trouvait encore ou Grèce à la fin du siècle saurus, t. YIII, col. 1543. dernier, selon Guys, Voyage, litlcrairc de la

{'S)V\uldrqyic,QuaPstionesgrnecae,ch.\iv, Grèce, t. l,p. 189, éd. de 1776. Morali'j , p. 36'i. C'était cnccie une corn-

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