‹ Histoire de la comédieChapitre 107 sur 116 · II. Bondes mimiques · texte numérisé non relu

II. Bondes mimiques

Nous citerons comme exemple des danses mimiques, urjj^ ronde normande fort grossière, mais qui, si nous ne nous ^\*(xf^^ pons, n'avait pas encore été recueillie. On.tçurne d'abc ^^^^j^ tement , et le çiouvement devient beaucoup plus vif '4m^ûd on répète le TpJxain .

/Aveive, aveine, aveine, «iiucle bon Dieu t'amène!

Xvez-TOUB jamais oui comment on sème l'(*yeine î mon père la semait ains^ l {On imite V^actiof^ ^ iffffpr,)

puis se reposait un petit :

(On 9* arrêta, ^/ //o» se tait un instant.) Aveine, ayeine, at^iiè, Que le boa l>\ev{ t'amène )

^; ( ) Sa^^u^^^-jç toute Trente d'Indiens fK-Ta^/^''^'''^^ '''''''' ^ '' '"^^

Avez-vous jamais oui comment on herae Taveine?

mon père la hersait ainsi,

{On imite l'action de herser); etc.

Avez-Yous jamais oui comment on sarcle l'aveine?

mon père la sarclait ainsi,

(On imite l'action de sarcler); etc.

Avez'vous jamais oui comment on fauche l'aveine?

mon père la fauchait ainsi,

{On imite l'action de faucher); etc.

Avez- vous jamais oui comment on lie l'aveine? mon père la liait ainsi,

( On imite l'action de lier) ; etc.

Avéz-vous jamais oui comment on rentre l'aveine ?

mon père la rentrait ainsi,

( On imite l'action de conduire une charrette ) , etc.

Avez -vous jamais oui comment on bat son aveine?

mon père la battait ainsi,

( On imite l'action de battre avec un fléau) ; elc,

Avez-YOUS jamais oui comment on vanne l'aveine ?

mon père la vannait ainsi,

(On imite l'action de vanner); etc.

Avez- vous jamais oui comment on meud son aveine ?

mon père la moulait ainsi,

{On imite l'action de moudre dans un moulin à bras) ; etc.

Avez-vous jamais oui comment on mange l^aveine ?

mon père la mangeait ainsi,

{On imite l'action de manger); etc,

Avez-vous jamais oui comment bn ch.. l'aveine,^

APPENDICE. 42o

mon père la ch.... ainsi,

{Oh imite V action de ch,,,.) puis fie reposait un petit :

Aveine , aveine , aveine , que le bon Dieu t'amène (1)!

Il y a aussi une chanson de ce genre en catalan :

El meu pare quant Ilauraba feya aixis, feya aixis, 8*en donaba un cop al pit y s'en giraba.

treballeu, treballeu, que la cibada culliriau ;

treballeu, treballeu, que la cibada cuUireu !

El meu pare quant «embraya , elc. (2).

On en connaît une en italien :

Pianta la fiaba la bella villana (3) ,

et M. Fauriel a dit dans son Histoire de la Poésie provençale : Je me rappelle avoir vu , en Provence , quelques-unes de ces

(1) Cette chanson doit remonter à une cer- comme exemple celui du quatrième acte de taine antiquité^ car au lieu de donner à avoine la Tancia de Michelagnelo Buonarroti.

l'ancienne prononciation grêle, qui était un p^^ ^^^^ i ^^^^^^ intorio

des caractères particuliers du dialecte nor- ^ ^^^ maturi i irrani :

mand, on prononce maintenant, et depuis ^^^^^^^ «i ^:^^Xq, un giorno

longtemps, avouène. Il existe une autre noi farem corne balle grandi i pani ;

forme plus moderne dont nous rapporterons meniam le mani

seulement le premier couplet : ^^ ^i^ seghiamo ';

Mon père semait son aveine {bis) ; doman battiamo,

il faisait cha , il faisait ci , l'altro al mulin : po' '1 pan facciamo,

(0» imite V action de semer), poi lo 'nformian, poi cel godiamo.

puis se reposait nn petit {On se repose): Deh che bella sementa

frappons des pieds, frappons d' la main , fu fatta in questi colli I

q' chacune embrasse son voisin I non so , s' e' vi rammenta

Dans rénumération des jeux de Gargantua, <*«' *«™Pi' corn' andaro umidi e moUi :

Rabelais cite, 1. 1, ch. 22 : A semer l'avoyne ®f* «"^Ui

et au laboureur. n andrem di giu ,

(•) Milâ, Observaciones sobre la poesia , „. n andrem di su :

popular, p. f73. satolipur sarem mai piu;

(3) Ces chansons mimées et dansées se « «»'<>ll ^«» *»*«"« *"' «*«•

Retrouvent même dans les intermèdes des RusticalideitreprimiSecoli,^' iT^]

vieilles Commedie rusticale; nous citerons Yenezia, 1788.

danses dont le sujet a Tair d*étre fort ancien ; ane entre autres, imitant toute la suite des actions liabittielles d^un pauvre laboureur , labourant son champ, semant son blé ou son avoine , et ainsi de suite jusqu*à la fin (1). Jadis la ronde flamande Sala (2) se chantait aussi certainement avec des imitations mimiques.

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