‹ Histoire de la comédieChapitre 3 sur 116 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Si les formes primitives de la Comédie ne se trouvaient que chez des peuples encore sauvages, il serait bien difficile d'apprécier des faits, souvent mal compris des voyageurs ; de suppléer à Tinsuffisance de leurs observations , quelquefois même à leurs dédains. Heureusement il n'en est pas ainsi : les tendances de la nature humaine sont partout les mômes, et elle trouve partout pour les servir des intelligences et des organes semblables. Le théâtre des peuples parvenus à une civilisation supérieure a commencé par des représentations aussi incomplètes, et son histoire a parcouru péniblement les mêmes phases. Mieux observées et moins étrangères à nos idées, les fêtes populaires et les grossières mascarades de notre moyen âge nous aident à comprendre les bizarres pantomimes des Peaux-Rouges et les parades périodiques des insulaires de la mer du Sud. A leur tour, les folies solennelles de THindouslan montrent encore aujourd'hui que les orgies dramatiques de la vieille Europe n'étaient point le caprice fortuit d'imaginations en délire, mais un développement naturel, une manifestation logique de l'esprit humain. L'histoire est comme un arbre

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