LIVRE PREMIER
immense dont loutes les feuilles sont dissemblables : il y a des observateurs qui comptent les dentelures ou constatent les nervure^ de son feuillage ; d'autres se plaisent à le montrer dépouillé de sa verdure et chargé de givre; ceux-ci ne reniarquent que la Qeur, et ils la décrivent avec admiration ; ceux-là, au contraire, n'ont eu d attention que pour le fruit, et ils le savourent encore, au besoin ils brisent le noyau et mangent l'amande ; mais l'arbre en lui-même, l'arbre tout entier, avec la sève qui porte la vie dans toutes les branches, avec les oiseaux qui y chantent leurs amours et le soleil qui en éclaire la cime, personne ne l'a vu. Et cependant, si minutieusement exactes qu'elles soient^ toutes les petites observations de détail ne peuvent rien saisir d'essentiel qui satisfasse l'intelligence; elles ne deviennent réellement vraies que quand une vue d'ensemble les rapproche , les complète et les vivifie.
Les liens qui unissent l'âme avec le corps sont trop étroits pour leur laisser jamais recouvrer quelque indépendance. En vain leurs principes sont divers et leurs tendances contraires, ils restent invinciblement subordonnés l'un à l'autre et deviennent solidaires : telle est la condition de notre nature indivisible. Les souffrances un peu vives du moins important de nos nerfs atteignent la pensée dans sa source , et au moindre contentement intérieur l'œil s'anime et tout le visage sourit. La vie se serait usée avant le temps dans des luttes intestines, si l'harmonie ne s'était rétablie au moment même où elle vient à être dérangée. Lorsque envahie par la tristesse, l'âme affaissée se resserre , le corps se replie pour ainsi dire avec elle, et quand elle s'épanouit dans la joie, il trouve aussi l'existence plus légère, éprouve à son tour le besoin de se détendre et se meut instinctivement sans autre but que de se mouvoir.
Sous l'influence de sentiments passionnés la voix se module, s'élève, se précipite, et les mouvements se marquent davantage.
se mesurent et s*harmonisent. La danse n'a été l'invention de personne ; elle s'est produite elle-même le jour que le corps a subi et dû refléter un état de Tâme. Elle est née de la Poésie (1), comme le geste oratoire, de l'Éloquence : ce n'est point un accompagnement arbitraire, à la manière d'un instrument qui soutient la voix et se marie avec elle ; elle accentue l'expression et la complète. On ne tarda pas cependant à la séparer de sa cause première et à la reproduire pour ellemême. Ce ne fut plus la manifestation d'une joie, mais l'espérance d'un plaisir, une récréation, et l'on put en effet renvoyer ainsi à l'âme l'impression que le corps en avait d'abord reçue : en simulant la gaieté on parvenait réellement à la sentir. Quand les femmes d'Israël vinrent en dansant au-devant de Saûl, il y en avait sans doute beaucoup qui se réjouissaient plus encore de leur danse que de sa victoire (2), et le géant Rhidimba disait à sa sœur dans l'épisode de Kountî du Mahâbhârata : Quand nous nous serons bien repus de chair et réconfortés à notre aise, alors nous danserons joyeusement et changerons plusieurs fois de mesure (3). On prit insensiblement l'habitude d'associer à Ja danse une musique vocale (4) ou instrumentale, qui en marquait mieux le rhythme et la rendait plus entraînante. Quelquefois ou lui donnait une signification symbolique : les
(l)Ommseiiimmotusanimisùum queindam de Lehmann. Platon regardait même cette
anaturahabet Tultum,et sonum, et gestum; liaison intime et réciproque de la Musique et
Cicérou, De oratorej 1. m, par. 57. En disant de la Danse comme étant dans la nature des
que la Poésie n'était pas née au pied des au- choses; Legum 1. vu, Opéra, t. I, p. 395,
tels, mais au milieu de joyeuses danses mal éd. Didot. On la retrouve partout : EgU (Rios)
rhythmées, Herder ( Werke zur schonen dice d'averne imparate queste tradlzioni da
Literatur und Kunst^ t. Il, p. 82} a con- uncantico, che principia Tulanyan /lu/u-
fondu l'état poétique de l'âme, la poésie pro- laez^ quale cantare solevano mentre danza-
prement dite , avec son expression. vano ; Fabregat , Efposizione del codice
(î) Regum 1. I, ch. xvm, v. 6. Z/orgita ; dans Brasseur de Bourbourg, Popo{-
(3) Mannhardt , Germanische Mythen , Vuh, p. lxxxh. Les séguidillas se dansent
Forschungen, p. 158. ^ encore maintenant à la voix. Dans un voca-
(4) Selon Lucien, De Saltationef par. lxxii, bulaire anglo-saxon du dixième siècle , attri-
la danse était d'abord accomj^agnée de mu- bué à l'archevêque Àlfric , Chorea est même
sique {^X^/ tl^^^U), et la même personne expliqué pajc Hluddra sang, Chant bruyant ;
chantait et dansait ; Ibidem, par. xxx : voy. le Wright , A volume of vocabularies , p. 28. commentaire de Gesner, t. V» p. 461, éd.
Juifs saulaicnt trois fois après cerlaines prières (1), sans doute pour moatrer que leur esprit avait quille la terre et s'élevait vers Dieu, Cette coutume s'établit aussi dans la primitive Église (2), avec plusieurs autres gestes mimiques qui sont encore en usage (3) : il y eut même des sectes assez importantes pour que Thistoire nous en ait conservé les noms (4), qui croyaient qu'en sautant on foulait le diable sous ses pieds (5). Généralement cependant on attribuait à la Danse un sens beaucoup plus profond; on lui supposait même quelquefois un caractère essentiellement religieux (6). Prendre des poses mesurées et respectueuses comme en présence des dieux semblait un acte de foi à leur présence et un témoignage de reconnaissance et d'amour. Les peuples les plus étrangers aux beaux-arts par leur sérieux habituel et la nature de leur civilisation, les Hébreux (7), les Égyptiens (8), et les Turks (9), ont admis la danse dans leurs manifestations religieuses. David lui-môme, le psalmisle aux pensées si sévères et si élevées, croyait honorer Dieu en dansant devant l'Arche (10). Si dans
(1) Buxtorf, Synagoga judaica j ch. x , et 3 ; Liber Judicum , ch. xxi, v. 21, etc.
p. 207 : Toy. Rentzius ou Heller, DeJudaeo» (d) Ils exprimaient par des danses particu-
rum veterum saltationilms religiosis , lip- lières la douleur d'avoir perdu Apis , et la
siae , i73S. joie de l'avoir retrouvé.
{î) Saint Clément d'.Uexandrie, Stromata^ ^V) Le Sema est une espèce de valse reli-
1. vn, p. 722 , éd. de Sylburg: voy. Sonn- gueuse, sur laquelle Ali-Chelebi-al-Mousti a
lag. De subsultu precantimn m primitiva donné des détails dans son livre sur la danse,
Ecclssia^ Altdorf, 1707. intitulé Giovaz al Rakas.
(3^ Les génuflexions, les inclinaisons de (10' Regum lib. II, eh. vi, v. ii et 16.
la tète , les processions , l'élévation des cicr- Ainsi que nous en donnerons bien des preu-
ges , les bénédictions en faisant le signe de ves, cela avait lieu également chez les Grecs :
la croix: voy. saint Clément d'Alexandi'ie , voy. entre autres Aristophane, /{ana«,v. 440.
I. {., p. 724. Il y avait aussi des danses religieuses dans le
(4] Les PsaUianistes , les Carchites et les Guatimala ( Brasseur de Bourbourg, Popol-
Choreutes. Vuh, le Livre sacré y p. 112), chez les Sau-
(5) Voy. Hildebrand, De precibus vête- vages de l'Amérique du Xord (Catlin, Lelrum Christianorutn , p. 126. ters and notes oh the mannersy customg
(6) L'occupation des ange» dans le ciel coq- and condition of tke Xorth American Insisterait même, selon saint Basile, à danser : dians , t. I , p. 24 i ) , et les anciens Slaves ; Ti ov» ta^ccpuwn^ toû t^^ «-f^^ilw» v^^*» t» TÎ Uanusch, Slawische Mythologie ^ p. 193 et |Li|ula«ci ; let. u. Opéra, t 111, p. 101, éd. de 201. Encore maintenant les Paharis Ci^lè- Gaume. brent par une aanse mythologique la fête de
(7) Filii Sion exultent in rege suo ; laudent Kali , la déesse du liai, nomen ejas in choro ; Psaume cxux , v. S
les premières années du moyen âge, TÉglise s'^st prononcée avec tant de force contre ces danses (4), c'était à cause des souvenirs du paganisme qui s*y conservaient (2), et des impu* dicités dont elles étaient souvent l'occasion (3). Elles n'en étaient pas moins tolérées, sinon encouragées, dans les monastères (4), el continuèrent à figurer, non-seulement dans les fêles patronales, suffisamment surveillées par la police municipale (5), mais dans les solennités dont TÉglise s'était réservé la supérintendance. Ainsi , par exemple, au commencement du dix-septième siècle, elles étaient restées en Portugal un accessoire nécessaire des processions (6). Plus tard encore, pendant les six semaines
( 1 ) Voy. entre autres saint Augustin, Opéra, (4) Durandi, BaiionaU divini officii, 1. ti,
t. y, col. i 252 ; d'Achery, Spicilegium, 1. 1, ch. 83.
col. 508 et 715 ; Ito, Decretif. xiy ch. 64, (5) On voit dans une délibération, encore et Sanctae Rotomagensis Ecclesifie cùnci- existante , de rÉcheyinage d'Amiens , du tia (en 1245), p. 2 30, éd. de don Pomme- 28 mai 1455, que les princes et comparaye. On lit dans un poème du douzième siè- gnons étaient tenus a de faire danser les deele, sor les Miracltt de saint Éloi, p. 90, moiseies après (tisner dudict jour de l' Ascol. I . cencion, pour l'onneur dudict benoit corps
Car chil qui baient et carolent f^* "^^^ ^«^^ f*™^») » *^*«^-* **« *?«*
et espringent, ou qui parolent. *^"\P* **^ a accoustumé ; . Dusevel iVoitce
Qui cantfnt ou qui dient fables , 'J. f<><^T^^ *«f 'f f^f* ^*',r"f* ^'u^i*
a tous les infemeus diables " f ^'"J^^** , p. 1 4 . A Marseille , la veille de
Entièrement tout iaus dédient Samt-Lazare de» jeunes gensdes deux sexes,
et tous los membres sacreûent. richement vêtus parcouraient la vUie en
dansant un branle appelé le Branle Sa*nt-
(2) Le synode tenu à Rome en 826 l'a dit Elme; Ruffi; Histoire de la ville de Marpositivement dans son canon xxxv: il parle seille^ t. II, p. 400.
des mauvais chrétiens qui allaient à l'église (6) Le cardinal Octavio Accoromboni di-
les jours de fête , ballaudo , verba turpia sait dans sa relation des fêtes qui eurent lieu
decantando, ehoros tenendo ac ducendo, à Lisbonne, en 1610, pour la canonisation
sianfitudinem Paganorum peragendo ; dans de saint Charles Borromée : Ne dia fastidio
Labbe, Sacro-Sancta conciliât t. ^11 , a nustri d'Italia, massime a Romani, il seu-
col. 112. Paradin disait encore au milieu du tire che nelle procession! de' Santie di tanta
seizième siècle : Et se font telles danses divotione corne fu questa , si mescolassero e
(pour la fête des Saints) la pluspart du temps balli , e danze , perche in Pôiiogallo non
pendant le divin service , et aux portes des parrebbe loro , massime a popolari , fossero
temples , églises , cemetieres , et en certeins processioui uobiii e gravi seuza simiglianti
lieux dedans les églises mesmes £t qui attioni di giubilo e d'allegrezza ; dans Me-
pisest, se font telles tragiques bacchanales uestrier. Des ballets anciens et modernes,
le plus souvent es lieux dédiés a la glorieuse p. 101. £n 1572, la ville de Dunkerque
Vierge Marie; le Blason des danses j p. 82, donnait « à douze compaignons de Socx apré»
éd. de 1830. qu'ils avoient condécoré la procession gêné*
(3) Un prédicateur populaire disait, selon raie à danser avec espées nues, xiikannes;» Coyer, Reisen nach Italien und Holkmd, Camel, Les Sociétés de rhétorique, p. 65 ,. p. 482 : Vediamo ogni giorni una Zitelia note. Au milieu du siècle dernier, des dansesandar al ballo col fiore délia pudicizia , e avec tambourins avaient encore lieu dans lea litomarsene alla casa col frutto. églises du Guipuzcoa, le jour de Noël et aux
fis
que Ton célébrait à Limoges la fête de saint Martial (1), le peuple dansait en rond dans le chœur et répétait à la fin de chaque psaume : Saint Marceau, pregas per nous, et nous epingaren per vous (2). A Séville, même de nos jours, des danses autorisées par le Saint-Siège font partie des cérémonies de la fêle-Dieu (3), et tout ridicules qu'ils soient, des restes de cet ancien usage, protégés par la superstition populaire, subsistent encore à titre de pratiques dévotes dans plusieurs endroits (i).
Ces mouvements du corps qui se repose, ne se rattachent pas toujours à une pensée aussi élevée. L'homme exprime souvent comme un écho des sentiments qu'il n'a point réellement sentis, et reproduit en automate des mouvements auxquels il n'associe
aucune idée. Mais Dieu lui a fait de son amour de l'indolence et
de son manque d'initiative un puissant moyeu d! éducation. Tous les résultats de la science que, plus habile ou plus heureux, un seul a obtenus par l'effort de son intelligence, c'est par l'imitation que les autres les acquièrent à leur tour , les conservent et les transmettent à leurs enfants. Cet instinct machinal, qui semble appartenir plutôt à la bête qu'à un être doué de raison, a longtemps été le ressort le plus actif delà civilisation (S) : il continue
fctes patronales , selon le Su^lemento de los fuerost prioilegios y ordenanzaa de esta mui noble y mui leal provincia de GiùjmZ' coa: voy. ci-après la note 3.
[ [ ) Elle commençait le dimanche de Quasimodo et fii^ssait le dimanche de la Trinité.
(2) Bonnet, Histoire générale de la DansCf p. 45 : voy. Thiers, Traité des jeux, p. 33Î, 341 et 438. J'alteste avoir -vu danser encore, en 1765 ou 1766, dans une chapelle et dans le cimetière d'une petite terre de la Bretagne, près de Brest j Cambry, Voyage dans le Finistère, t. îll, p. 176. Ily avait aussi, à la fin du siècle dernier, des danses dont l'origine était probablement religieuse , à Langenberg (Behr, Ueber das altteutsche Wortfron, p. 189) et àRudolstadt ; Lange,
Keichsanzeiger^ ann. 1795, p. 1238.
(3) De Latour, Étitdes sur l'Espagne j
t. II, ch. vni. C'est un ancien usage, qui remonte probablement aux rites des Mozarabes, comme on le voit dans Covarrubias, Te$$ro de la lengua castellana, fol. 201 v", col. 2 , et Mariana disait en 1 609 H Quoniam lunocentius ( III, De vita et honestate clericorum) larvas a templis arceat, crediderim tripudia quae more hispanico , magno strepitu et fragore tympani, modos piausu pedum modulante, concitantnr a larvatis hominibus, removenda esse ; Trax;tatus septem, De Speetaculis, ch. vn, p. 142.
(4) Nous citerons seulement Binterim , De saltatoria qtuie Epternaci quotannis cele^ bratur, supplications y Dnsseldorf, 1848, et la danse connue sous le nom de De siewen spriinge; dans Kuhn, Gebràuche ùnd Mûrchen aua Westfalen, t. II, p. 150.
(5) Aristote votilah même qu'on eroployit
le présent au delà du moment actuel, garde à THumanité rhéritage des générations qui lui ontpréparé sa voie, donne un sens et une valeur à Thistoire. Gomme tous les actes indispensables à la vie, ce besoin d'imitation a de si profondes racines dans notre être, qu'il porte avec lui son encouragement et sa ré* compense , et nous détermine à le satisfaire par Tattrail du plaisir. Sans y penser et sans le savoir, on introduit dans la danse des intentions mimiques qui en changent le caractère. Ce ne sont pas seulement les enfants qui se font de petits hommes et se plaisent à contrefaire des occupations qui ne sont pas de leur âge, les adultes, dont la réflexion et Thabitude n'ont point raffiné le goût, s'adonnent aussi dans leurs récréations à de grossières imitations qui suffisent à leur amusement et à celui des autres. Ce n'est point la pauvreté des anciennes langues mexicaines qui les forçait d'appeler les Représentations dramatiques des Danses (1) : elles exprimaient un fait qui frappait tous les yeux. Le nom habituel des danseurs se prenait aussi en grec dans une acception toute mimique (2), et à une époque fort reculée les Lacédémoniens lui donnaient le sens littéral d'Acteur (3). Dans la vieillesse de la langue latine, Saltare^ Danser, signifiait même encore Mimer un discours (4). L'his-
systématlquement cette tendance de notre Kwitixol : voy. Suidas, s. v. ZuvlSiof.t. II,
natore à l'éducation des eofants : Ai& Tà« icai- p. ii, col. 85S, éd. de Bernhardy. Lobeck di-
^104 tlvai ^iï xà< toXkà/i |i.i|i.tl9cic tGv ûonpov <ncou- sait, au moins avec une grande vraisembiance :
^o^htvN' Politica, 1. Vil, ch. xv» par. 5; Non est dubium quin t>riu8 ritae qiiotidianae
Opéra, 1. 1» p- 623, éd. Didot. éventa moresque et facta eorum quibuscum
(1) Mitotéj de Jfttotta, Danser; Brasseur agerent quam deorum heroumque res gestas
de Bourbourg, Histoire des nations civi- imitati fuerint; Aglaopfuimus, p. 673. PoU
Usées du Mexique et de l'Amérique centrale j lux mentionne même une danse où l'on imitait
t. III, p. 675. On donne encore le même des vieillards en s'appuyant sur un bâton;
nom, BatUf à la Danse et à une Représen- 1. iVt par. 104.
tation scénique. Les danses étaient aussi ap- (3) C'est au moins en ce sens qu'Agésilas
pelées parles Mayas, Balzam^ littéralement employait AuxtjXlxTat, forme Spartiate de Ati-
Représentatidn boufife, et par les Quiches, KijXurtal ; dans Plutarque , iij]fe«i7a« ^ ch. xu,
Cayic , Spectacle ; Brasseur de Bourbourg, par. 5, Vilae, p. 724, éd. Didot<
Essai sur la musique et la danse, p. 5 et 1 4 . (4) Dans une lettre où Pline raconte à Sué-
(S) Les À«ui|XioTal étaient, d'après Sosibius, tone que, lisant mal, il fait lire par un de ses
cité par Athénée , 1. xiv, p. 621 D , Sxtuoicoiol afifranchis, il demande s'il doit rester étranger
x«l (fci|U|t«^ ; d'après Hésycbius, s. v. SUijXov , à lalecture, ou s'y associer par le mouvement
MijjiqXoyo'., et d'après Eustathius, p. 884, 1. 23, de ses lèvres et l'expression de ses regards,
toire confirme ici les enseignemenls de la philologie. La Tive et joyease nation grecque avait fait de c^ penchant de la nature humaine une danse particulière où l'imagination complétait le ridicule du modèle et donnait à Timitation le piquant et Tori*ginalitédela caricature (i). Dans leurs plus grandes fêtes les Romains offraient au peuple ces imitations bouffonnes comme un spectacle des plus divertissants (2), et pendant le moven âge, quand la pensée et Toriginalité de chacun s'émancipaient chaque jour davantage , elles étaient restées un jeu populaire (3). On copiait malignement les gens ridicules (4), et on les livrait bien enlaidis en sa propre personne à la risée publique. Naguère encore dans une sorte de danse costumée en usage dans plusieurs villes du Midi, le principal plaisjr consistait à reproduire à la suite les uns des autres des gestes que le coryphée variait et compliquait à dessein (5). A en croire
il ajoute: Sed puto me non minus maie saltare verbial cité par Rabelais. Dans la procession
quam légère; Epistolaruml. izyïei. 34. (mascarade) que les Jésuites firent à Sala-
(1) On rappelait Sicinnis , et nous y ver- manque pour célébrer la canonisation de saint rions YolOQtiers l'origine de la Satire. Au LouisdeGonzagueet de saint Louis de Koska, moins lisons-nous dans Athénée, liv. xit, il y avait parmi les exhibitions destinées p. 630 c : 27yioTi)xi 8ï xa\ SaxupuT) iciaa iroiijvt; à amuser le peuple , une représentation si T»# «aXouôv ix iof&», et les Satyres étaient ap- exacte d'un fou de la Tille appelé Diego , que pelés *Ofx'<i(rayTat, les Danseurs : voy. Bartbius, tout le monde fut surpris quand le véritable Âdversaria^ 1. XXIII, ch. xv, col. 1143| et Diego vint à m trouver en ftee; loseph de PoUux . 1. iT, par. 99. Isla , Descrlpcion de la mascara o mogi-
(2) Denys d'Halicamasse , Àntiquitatum ganga, p. 20. A l'époque du carnaval, on romanaruml. VII, ch. lxxii, p. 1491, éd. vendait encore en Thuringe, au commencede Reiske, et Hérodien, l. I, ch. 10; t. I, ment de ce siècle, une espèce de g&teaux p. 405, éd. d'irmisch. appelés Hwnaffen^ parce que, pour nous
(3) Tabourot disait, à propos du divertis- servir des expressions d'un antiquaire qui en sèment romain dont nous parlions tout à avait certainement une connaissance personl'heure : L'un des danceurs marchoit de- nelle,FastnachtimHornung mit allerfeiMumvant les aultres , et leur monstroit certaines mereien und Affenwerk begangen wurdç : formules de dances et morgues que tous les voy. Falkenstein, Prodnymu» anUq^tfUwn aultres qui les suyvoient, s'effbrcoient de con> Nwdgaviensxum , p. 296.
trefaire comme s'ils eussent joué au guigno- (5) Dans une danse aj^elée Lm Maurû^
let; Orcliesogra'pkie t fol. 87 r". q%es, en usage à Fréjos, à Graste, à Ittres
(4) Copier avait même pris le sens d'Imi* et ailleurs , chaque danseur est vêtu d'une ter malignement les manières de quelqu'un tunique blanche et porte une lanterne élépour le rendre ridicule. Les copieux (ainsi gante au haut d'i» bftton; on est rangé sur ont-ils été nommés pour leurs gaudisseries) deux files, et le premier de chacnne fait des commencèrent à le vous railler de b<mne gestes très-animés et très-variés qui s<nit résorte; Bonaventure des Périers, Nouwlles pétés 8uccessivem«it par ceux qui vicwmftt récréations et joyeux devis , nouv. xxv. Co- après ; de Nore , Cot(<ume« des prootncM 49 piwx de La Flèchs était un sobriquet pro- Francs t p. 42.
une autorité compétente , celte reproduction ferait même encore partie du plaisir, si goûté dans le Béarn, des représentations dramatiques : dès qu un des acteurs y a fait un geste nécessité par son rôle, tous le copient exactement sans s'inquiéter de son sens, et quand il vient à marcher en avant ou en arrière, le même mouvement est aussitôt répété par tous les autres (1). Ces danses se sont prononcées et caractérisées de plus en plus ; elles sont devenues locales (2) ; chacune a eu son air ou sa chanson (3), son instrument particulier (4) et son costume. Malgré Tindifférence habituelle des Espagnols au luxe des vêtements, ils en ont encore pour chacune de leurs danses nationales (5) un spécial dont ils gardent fidèlement les couleurs chatoyantes, et tiennent à son éclat comme à une partie de leur plaisir. Ces petites pantomimes ne pouvaient rester longtemps isolées et indépendantes les unes des autres; elles se réunirent , s'associèrent dans un but commun, représentèrent une action et devinrent des Ballets.
Leur sujet le plus ordinaire était celui qui se présentait pour ainsi dire de lui-même à tous les esprits, et n'avait point besoin de livret pour être compris : c'est cette prière éternelle d'amour que l'homme adresse à la femme, et les refus mêlés d'agaceries qui lui en rendent le succès plus flatteur et plus cher (6). Les Grecs appelaient cette danse la Gordace, et ils la dansaient avec une impudence de vérité (7), qui se croyait
(1) De Nore, l. 2., p. 125. les Bourguignoimes et Champenoises, avec le
(2) L'Anglaise , l' Allemande , la Yalse , la petit hautbois, le dessus de violon et tabou- Polka , la Redowa, le Trichory de Bretagne , rins de village ; Mémoires de Marguerite de la Yolte et la Marlugalle de Provence, la Valois, Sinn, 1564 ;t. X,p. 403,collcct. Mi- Sorlana et le Saltarello de Rome , la Taren- chaud et Poujoulat.
telle de Naples, le Cramîon de Liège, etc. (5) L'Ole, laCachuca, le Fandango, laGi-
(3) Même chez les Sauvages; M. Catlin a tana, la Gallegana. Cela a lieu aussi en Chine, dit en parlant des Mandans : Every dance selonleP. Gaubil, C'Aou-fcm9,Notes, p. 329. also has its pecnliar sdng; Lettersand notes (6) A la cour de Henri lY, en 1600, on on the manners, customs, and condition of dansait encore naïvement le Ballet des amouthe North American Indians, 1. 1, p. 126. reux ; Mémoires de Bassompierre, 1. 1, p. 55,
(4) Chaque troupe dansant à la façon de éd. de Cologne, 1665.
sonpaïs : les Poitevines avec la cornemuse; (7)Voy. Théophrasle, Characteres, ch. vi, les Provençales, la volte, avec les timballes; et les observations de Casaubon.
suffisamment rachetée par la grâce. Dans plusieurs tles de rOcéanie, aucune idée d'arl ne tempère ce cynisme : ce n'est pas une habile imitation, mais une réalité qui s'offre aux regards, dépouillée de tous ses voiles (i). Malgré les sévérités morales du christianisme, ce sujet, si indécemment naïf, est encore maintenant représenté dans les danses de TYucatan (2), et il y en a d'autorisées sur nos théâtres, où la même pensée est assez crûment exprimée pour qu'à moins d'une innocence, bien opiniâtre la pudeur n'en soit fort embarrassée (3). Tel est le commencement de l'art dramatique chez tous les peuples qui n'ont point hérité d'une histoire littéraire : le poëte est d'abord son acteur, et exécute immédiatement ce qu'il compose. Bientôt ces imitations mimiques, qui semblaient un exercice des organes du singe plutôt que le développement des facultés de l'homme, se compliquent, se régularisent, se rattachent à une idée de plus en plus élevée, se perfectionnent; elles deviennent une comédie, et pour comprendreréellement un édifice, ce ne serait pas assez que d'en analyser les matériaux et d'en profiler tous les étages, il faut tenir compte des fondations et reconstruire dans sa pensée l'échafaudage.
Les populations étrangères à toute civilisation aimaient déjà à contrefaire l'attitude et les mouvements des animaux : pour en compléter l'imitation et la rendre plus vraisemblable, elles s'habillaient de leurs dépouilles et ne reculaient pas môme de-
(1) Moerenhout, Voyages awo Ues du extrêmement obscène qui se dansait en Pro- Grand-Océan^ t. II, p. 131. L'unité du sujet vence au commencement du seizième siècle, ne les empêche pas d'être assez Tariées pour (3) Nous ne parlons pas seulement deceravoir reçu des noms différents : l'Ehoura , le taines danses de mauvais lieu , qui ne cher- Mamoua, le Mamouapépé. Cette danse se chent à représenter que le dénoûmeut phyretrouve aussi en Guinée, où les nègres l'ap- sique du sujet , mais de celles qui, comme la Tpe\ïeniKalenda;VahhédeLdXovLT y Réflexions Cachuca, ont encore une sorte de pudeur morales^ politiques et littéraires sur le théâ- relative. On ajoutait même, pendant le moyen tre, t. YII, p. 35. âge, cette pantomime de l'amour à des danses
(2) On lui donne aussi un nom particulier, qui ne s'étaient d'abord proposé que le plaile Pochob; Brasseur de Bourbourg, Essai sir de mouvements cadencés : voy. Tabourot, sur la Danse, p. (1. Celait aussi sans doute Orchesographie^ fol. 66 r*.
le sujet réel de VÀnUgailla'gayaj pantomime
vant les stigmates indélébiles da tatouage. Ces travestissements primitifs ont d'abord formé à eux seuls une récréation suflSsante (I ) ; puis on a voulu en augmenter la saveur par un plaisir plus grossier , mais beaucoup plus apprécié des Sauvages , et ces prétendus animaux se sont rués les uns sur les autres au bruit d'une musique guerrière (2). Quelques peuplades, rendues plus ingénieuses par la nécessité, se sont servies de ces déguisements pour approcher plus sûrement de leur proie (3), et c'était une raison de plus pour se livrer à leurs instincts d'imitation ; mais en se civilisant davantage on y voyait surtout un plaisir désintéressé, auquel on a donné des formes de plus en plus dramatiques. Dans les divertissements populaires de l'Afrique, on représente des chasses, et c'est souvent un homme enfermé dans un grand sac et figurant un boa , qui joue le rôle principal (4). A une époque fort ancienne, il y avait déjà au Mexique des danses où de véritables acteurs, industrieusement travestis en animaux de toute espèce, agissaient et parlaient, chacun, conformément à la nature de sa béte (5). Dans les spec-
(i) On aTait placé autre part des enfants p. 101-i04; Chthn y Letters and notes j t. I,
déguisés en singes et en d'autres animaux, p. 245 : Toy. aussi Klemm, AUgemeine
qui jouoient entre eux le rôle qu'on leur KiUiurgeschichtej i. II, p. 115 et 129.
avoit appris. Comme c'étoit avec la peau (2) A Java , dans une espèce de panto-
même des animaux qu'ils representoient, qu'on mime , appelée Baroug'an f les personnages
les avoit habillés, on pouvoit aisément y être sont habillés en bétes féroces et exécutent des
trompé. D'autres enfants étoient habillés en combats, ordinairement au son du gong et
oiseaux et en jouoient le personnage sur des du tambour; de Rienzi, Océanie, 1. 1, p. 8-3.
colonnes ou sur des pieux fort élevés ; Let- Cela avait lieu aussi au Brésil , il y a trois
très édifiantes^ t. XXIII, p. 70. Les Nègres cents ans, selon Cardin, Narrativa epitlolar
de l'Ile-de-France s'amusent encore mainte- de una vtagiem, cité par M. Ferdinand De-
nant à imiter certains oiseaux, notamment nis, Une fête brésilienne célébrée à Bouen
l'autruche et le paille-en-queue, et se collent en 1550, p. 49.
des plumes avec du brai; Milbert, Voyage (3) Ainsi, par exemple j pour chasser le
pittoresque à l'Ile-de-France , t. II, p. 183. buffle et le bison, les Mandans se couvrent
Une danse mimique, le Comumu puaca, le de la peau de buffles et de loups blancs;
Chant du porc, où l'on imite les mouvements Catlin, Letters and notes, t. I, p. 127 et
et les grognements du cochon, a lieu aussi à 254.
Tioviliàhiy ai] Revue des Deux Mondes, i" OC' (4) Clapperton, Second voyage, t. I,
tobre 1859, p. 624. Les Kamtschadales et p. 105 et suivantes.
les Sioux s'amusent également à imiter les (5) A Cholullan, les acteurs se montraient
ours, et y réussissent parfaitement ; Journal déguisés sous la forme d'animaux parfaite-
histôrique de M* Lesseps au Kamtschatkay meut imités : les uns en scarabées , en cra-
tacles qui forent donnés en Chine aux ambassadeurs du âlsde Tamerlan, les masques de plusieurs acteurs représentaient des télés d'animaux (1), et l'imagination elle-même est trop bien disciplinée dans le Céleste Empire pour que personne osât s'y pennetlre des fantaisies sans précédents et sans causes. A cette imitation toute matérielle les peuples doués de quelque faculté d'invention ajoutèrent avec le temps des idées allégoriques ou religieuses qui en rehaussaient le charme sans en changer la nature : parmi les masques comiques qui font la joie des noces du Népaul figuraient naguère encore des têtes de perroquet ornées de longues crinières (2). Les Grecs avaient le goût trop délicat et trop exigeant pour s'accommoder longtemps de déguisements où la nature humaine se dégradait à plaisir ; mais ils appréciaient comme une œuvre d'art l'imitation du cri des différents animaux (3) et se livraient volontiers à une danse où leurs mouvements étaient aussi reproduits (4). Peutêtre même n'était-ce pas la seule : au moins, si l'on en juge par le nom de plusieurs autres, on y devait contrefaire aussi la démarche et les allures de quelque animal (5). Beaucoup plus rapprochés de la nature par la simplicité de leurs habitudes
pauds et en léisrds; les suircs en quadru- IroiiïedsnslesQuatsIiMMSCDnMuotesdePlu-
diiloguestuiés sur Laniituredesbètfs qu'ils {4) 'o Si /.nf^t^it KtmitiaM Vr». p.i\tYitK-
Kprésenlùent ; Acost», Hialoria aaivral y PoUui, Onomojlican, l.it.eh. l*:'oy. Aris-
moral, 1, t. ch. SO, cilé ptr l'sfabé Bras- léakie . Epislotaram I. i, tet. 9. et PlMon,
MUr de BourlKniTg, Hliloire des nalioiu J)i flipublica, 1. m, ch. 8,
civilliéea.i. 111, p. «15. (S) I« Renard {Héiychiui, «. t. 'Alûi^E.
(i) Flagel, GtKhlcMe der komiichen tiChaueile el le Lion (Athénée, p. 630 c) ,
Ktlerolur, l. IT, p. 13. l'Orfrij* {itiri; PoiliH,), I.), e le. Nous de-
(1] Heaie germa'iique, 1. 1 , p, 81. TOnstependanl reconnallre que dei ioduclioni
(J) MignèB employait mdne ces ïœitatinns tirées unlquemeot du nom sont un peo ht.
rommeun moTen (prout* d'amuser les spec- iirdées. Une espèce de polka, le Sirotait,
titeurs; Memeke. Riiloria crilica corniGO- râpomaDte. t'appelle dans le paji de Wsm-
rvmgratcortim, t, I,p. 34:toï. Pliton, D« berg-HaiicIra, l'Oison, parc* qu'on j change
" ■■■ 1, 1. !1I, ch. ïiii, p. 39S B; Plu- de dame, et la danse, où l'jn eêlébraille re-
yvtirgi tlla, ch. xx*, par. ^ ; Dt tour du printemps, était connue dans taule
rpoelii, p. Il.éd. Didot. elQiHMi- la Bohème sous le nom itDansidt l'oura,
amihalium 1, V, quesl. i , par. i, quoique l'hiver n'y (U représenté comme ail-
p. 819. Dans, la Table de Phè- learsque paruBliommehibilléitepaUle: loj.
, fabl. S, il s'agit très - probable- Waldan, B6hmisclit WalfonofUliVH , I. Il,
le aneedote grecque , puîiqu'elle le p. H.
et la rttslicilé de leurs goûls, les Romains recherchaient également ces pantomimes primitives, et les encourageaient de leurs applaudissements (1). Ils attribuaient même à quelques-uns de ces travestissements une valeur religieuse : c'était en leur couvrant les épaules d'une peau de chèvre qu'on purifiait les femmes pendant leslupercales (2), et l'Église défendit avec trop d'insistance et de colère les mascarades du Cerf (3) et du Veau (4) pour n'y avoir pas vu quelque reste bien impie des pratiques païennes (S). La menace des hontes d'une pénitence
(1) Voy. Attsone , Epigrammaiaj n* lxtvt. quaê , t. V, p. n , p. f 27. Matoninis et arie- On lit aussi dans Pétrone, fragm. Lxyin : tinis induti pellibus , cum aliis falsis Tisagiis , Intérim puer Alexandrinus qui caldam minis- Lettres de grâce de 1354, dans du Gange, trabat , luscinias eoepit imitari. t. VI, p. 853. Darauf erschienen zwanzig
(2) Qtto die mulieres februabantur a Luper- Fleischer , welche mit einero in eine Kuhcis , amiculo Junonis , id est pelle caprina ] haut eingenahten Henscheu Fangball spieU Festus, s. y. Februabius, p. 64, éd. de Lin- ten, zu grosser Ergôtzlichkeit der Zuschauer demann. (en 1518); Schmidt , Zwickauer Chronik ,
{Z]l.esen& AeCervulum ou Cervolumfacere t. II, p. 275. ne «Hnble pas douteux : Qui. enim sapiens ^^^^^^ ^^^„ ^^^^ ^^^ ^^^^^^^ credere potent lUTemn aliquossanae mentis ». ,. j ™ , qui, cer^um facientes , in ferarum se velint Baecfumal^; dans Taubmann, habitus comrautari? AUi vestiuntur pelUbus ifcfodaMia, p. 548. peeudum, alii assomunt capita bestiarum, Vecoloaut cerioolo facere^ hoc eAtmhtonati gaudentes et exultantes si taliter se in ferinas Titulae aut cervuli per plateas discurrere , spedes transformaverint, uthominesnonesse ut apud nos in festis Bacchanalibus , vulgo irideantur; Faustinus, Sermo in halendiê dicitur Correr la tora; de Berger (1723), januarii; dans les Bollandistes, Acta Sanc- Commentatio de personis vulgo larvis êeu torum Janvier, 1. 1, p. 3. Il s'agissait, comme maecheris , p. 218. Julbock est ludicrum , on Toit, d'une imitation particulière, habitw quo tempore hoc pellem et formam arietis ftfrarum, expressément distinguée des simples induunt adoleseentiili, et ita adstantibus indéguisements en bétes, ferinae speciea : Toy. cursant. Credo hoc idem esse quod exteri aussi la note suiTante. scriptores cervulwn appellant ; Ihre , Gha-
(4)UyadanBpresqttetou8lestextesr0<iito, sariwn suio-gothicum (1769) , s. t. Jcl.
mais vUufa se trouve «ne Cms dans le Poeni- (5) Quia hoc daemoniacum est , disait
tentiale de Théodore, et les explications qu'il Théodore , l. l. , et un vieux pénitential
donne sont décisives : Si quis in kalendas d'Angers , cite par Sirmond dans ses notes
januarii in cenru&o aut vetula vadit , idestin sur le synode d'Auxerre de 594, répète :
ferarum habitus se communicant et vestittntnr Quia hoc daemonum est. Sur une tablette
pellibus pecudum et assumunt capita bestia- votive à Diane, de l'année 204 de l'ère chré-
rum ; qui vero taliter in ferinas species se tienne, on avait sculpté à droite de l'inscrip-
transformant , etc. ; dans Kemble , The tion un cerf, et à gauche un cerf et un veau ;
Saxons In England^ t* I» P* ^^5. Quoique, dans Klein, Inscriptiones lalinae provin-
même après être devenus plus innocents, ces ciarwn Hassiae Transrhenarum , p. 7.
travestissements n'aient pas cessé de parai- Dans une tranchée faite à Notre-Dame , on
tre un péché abominable, ils sont restés po- a trouvé, sur un autel conservé au Musée de
pulaires pendant tout le moyen âge. Quod Cluny, sous le n* 3, l'image d'un dieu cornu,
Bulli fàciunt, disait au neuvième siècle l'é- appelé Cemvwnos , et les deux mots <»t au
vêque de Cambfay, UalStgarius, Poeniten- moins une ressemblance singulière. Un pas-
tialê , eh. Ti ; dans Cuiisias , Lectiones anii-' sage du Pa/raenesis ùd pomitenêiam de tai«t
pobliqne ne réussit pas mieux pendant longtemps que ne l'avaient Tait les efforts du christiauieme pour donner à l'homme on sentiment ptas élevé de sa personne et le respect de sa dignité. Un des principaux plaisirs des noces byzantines était, au dire de saint Jean Chrysostome, de hennir comme un cheval et de braire comme un due (1). Encore au seizième siècle les personnes de quelque éducation contrefaisaient â l'envi dans leurs heures de récréation le cri des animaux et le chant des oiseaux (2), et lors des fêtes pour le mariage de la princesse de Navarre avec le duc de Clèves, on ne put imaginer rien de plus réjouissant qu'une entrée d'autruches (3). Un siècle après, on croyait fêter un cardinal en imitant les poules et les coqs dans un ballet composé tout exprès (4), et il y a une danee encore usitée en Allemagne , où les danseurs sautillent comme un oiseau et grattent la terre avec le pied, comme s'ils y cherchaient de la nourriture (5). Ces imitations redevenaient souvent pendant le moyen dge de véritables travestissements, et Ton appréciait surtout le personnage de l'ours dont la désinvolture el les allures embarrassées étaient en possession d'é-
i; Escraignesdijonnoùft r 1- 'i coûte 9-
Pidea umble iiaà biOTitet celle co
niee-
tu» : B« eoim (
puto) proiinie, Cerrulos
iUe profKit, ut e
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quo
Quid
ego [»ciooris sinisi
l^mf^enDinilliB
itm Bibliollitca
maxima Paimm, 1