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CHAPITRE IV. LA COMÉDIE A ATHÈNES

immuable dans sa forme; tout y était régulier, pompeux et conforme aux traditions (1). Il tenait réellement au sujet par des liens historiques (2), entrait pour une partie essentielle dans la célébration de la fête, et TÉtat n'eût pas souffert que le citoyen qui en était chargé eût lésiné sur la dépense. Le Chœur de la comédie n*était, au contraire, invariablement réglé par aucune tradition (3) ; il changeait de rôle, d*esprit et d'allures (4), s'inquiétait assez peu de ses rapports avec le sujet pour lui tourner le dos et devenir impossible (5) ; se contentait d*un appareil plus modeste et plus simple (6) ; disparaissait dans la

par la volonté du poëte, et tendait à ne plus caractère religieux qu'il avait eu d'abord, et

être qu'un personnage secondaire, ou même ne s'être permis que très-exceptionnellement

un simple spectateur , sentant et réfléchis- des attaques contre les dieux, sant, mais n'agissant jamais. Euripide en (4) Le Scoliaste disait, ai Pocsm, ▼. 733:

rendit la tragédie encore plus indépendante : 'EvtpifCTO $1 i lo^ x«l l^ivo^xo «toI^m i'. et un

le Chœur n'eut plus dans ses pièces que des peu plus loin : Kpaxlvoç $1 b rji IluXalf ^\ol

rapports extérieurs avec le sujet, et devint un Ôrt sÇ ioxi ÇvjfA toû x^9^' Non-seulement les sept

intermède. parties dont, selon Quelques grammairiens,

(1) Il avait été d'abord composé de douze se composait la parabase, ne sont le plus personnes, et fut porté à quinze par Sophocle, souvent remarquables que par leur absence ;

(2) Voy. la Médée d'Euripide, v. 811 ; mais les deux parabases de chaque comédie ses SwpplianteSf v. 634, et son /pAtg^tf étaient très-rarement uniformes. U parait enAulidefT. 917. Ce double rôle permet- même, d'après le Scollaste ad Yespat , tait de s'écarter quelquefois de la tradition : v. 270, que, malgré la turbulence habituelle ainsi, d'après PoUux, 1. iv, par. 110, le de ses Chœurs , la comédie se serait quelque- Chœur des Evménides se serait composé de fois approprié les passes régulières et har» cinquante personnes, si par une inexactitude moniques du stasimon.

où l'entraînait souvent son absence de cri- (5) Il se composait d'animaux dans les

tique ( voy. Hermann , Dt Choro Ewneni- Chèvres d'Eupolis et dans les Poisêons d'Ar--

dutn' dans ses Opuscula^ t. II, p. 130 et chippus, et selon toute apparence il était

sttiv.), il n'a pas confondu la tragédie d'Es- encore plus fantastique dans les Richesses

chyle avec un drame satirique du même nom. et dans les Lois de Cratinus , dans les Fêtes

Les Bacchantes, qui formaient le Chœur de et dans les Victoires de Platon, dans les Ba-

la pièce d'Euripide à laquelle elles avaient gatelles de Phérécratès et dans les Audaces

donné leur nom, y représentaient sans doute de Cratès.

de véritables Bacchantes , et dansaient dans (6) Un fragment des Bouviers de Cratinus

un désordre relatif, en frappant tumultueu- en est une preuve positive : sèment sur des tambourins. Peut-être aussi \^ ^o, n^^» aXz^yv. ZofoxXiti x»p*».

malgré l'usage (Schol. ad Ajacem , v. 1 34 ; ,û KXwjiàxoy r. h oî»* &v <iÇl»v» »t«

ad Medecmy v. 8 1 8 ; ad Phoenissas, v. i 34), *i^^\ ^M<t%m oi«* &v ilç 'AÎ^yni •

le Chœur &e&CHoéphores, était-U réellement j^ns Athénée , 1. xiv, p. 638 D.

(3j En général cependant il était composé Arwtophane disait également dans les Da-

de vingt-quatre personnes (voy. les Scolias- ^^*^* •

tes ad Âc/uwnenses, v. 210; ad EquiUs, 'o xofèçràçx'T^V «v ^ya^»4^lw•ç«4«l«a«MÙ<rTp«v. 286 î od Àves, V. 297), et dans l'intérêtde ^ jM«o*Kr|i« • leur succès, les poëtas comiques ne consen- Ibidem, 1. u, p. 57 B.

talent pas volontiers à le réduire. Il semble Phérécratès parlait aussi de ses sales gue ■

aussi avoir conservé jusqu'à eottain point le oilles toutes rapiécées; dans Eustathius, ad

2lMi LIVRE IV. COMÉDIE GRECQUE.

coulisse (1), cédait la place h un autre (2) ou manquait aussi complètement que dans la Comédie nouvelle (3). Le poêle comique n'obéissait, môme en cela , qu'à sa fantaisie : tout lui était permis pourvu qu'il ne heurtât pas trop ouvertement l'esprit public et conciliât ses inventions avec les habitudes de la scène et la constitution du théâtre.

L'orchestre (4), qui comprenait à Athènes toute la partie inférieure de la salle occupée maintenant par les musiciens etparle parterre, était une dépendance de la scène, et une décoration spéciale le mettait en rapport avec la pièce (5). Sur une petite plate-forme plus basse de quelques marches que le théâtre, en avant de la place où se trouve maintenant la loge du souffleur, s'élevait le Thyméléy autel carré primitivement consacré à Bacchus , qui, lorsque le sujet l'exigeait, faisait partie de la scène et devenait celui d'un autre dieu (6). Un large escalier conduisait des deux côtés à l'orchestre proprement dit : debout sur les premiers degrés, les Ghoreutes assistaient à l'action , sans en rien cacher aux spectateurs, également prêts à monter sur le théâtre et à descendre dans l'orchestre (7). Le

Odysseam, p. 1369. Les poètes comiques ncw, v .209 :Toy. arf, v. 257. Dans la I.y«t>-

ne s'y résignaient point sans peine et se plai- trata le Chœur restait aussi derrière la scène,

gnaient souvent de l'avarice de leur Chorége ; (2) Voy. les . Acharniens , v. 556-565,

ainsi Eupolis disait dans une comédie dont le et les Grenouilles , t. 324 et suivants,

nom ne nous et pas connu : (3) Dans V Ulysse de Cratinus, VAeolosicon

"ttS-n YO«i Yèv lïàicore ouicaod.Ttpov d'Aristophane et beaucoup des plus anciennes ;

Toûr;iSt<;(oî»^ti.)6STTOvàvToû(ïW«Toç Hatomus , De comoediarum Differentia;

Tj yfr,Hi4Tu,v {^LtyàXm 6) ,xeT«56i xivi • dansMemeke, ffistona,p. 532. La partie la

dansPoUux 1 m par H 5 plus essentielle du Chœur, la parabase, man-

' ' ^ * que encore quelquefois dans les meilleures.

Yoy. aussi un fragment des Décors de Pla- comédies d'Aristophane ; dans la Lysistrata

ton, dans Athénée, 1. xiv, p. 628 D; les Oi- et V Assemblée politique des femmes,

seaux, V. 890, et la Paix, v. 1022. D'après (4) D"0px6îff«ai, Danser,

un passage de Lysias, traduit par Bentley, (5) Surtout pour la comédie. Quelquefois

Ojiuscula'philologicay^. 353, éd. deLeip- une partie de l'action s'y passait : lorsque, par

zig , 1 78 1 , le Chœur comique n'aurait même, exemple, le Chœur était un véritable person-

malgré le plus grand nombre de Choreutes, nage, comme Aosi&les Bacchantes et dans Us

coûté régulièrement que la moitié du Chœur Euménides. Voy. PoUux, 1. rv, par. 124.

tragique : seize mines au lieu de trente. (6) Comme dans les Swpfiliantes d'Euri-

(i) TaOta xo>.eïTai iraçaxopYiYÎixaTo, liceiSi; oî»;^ pide ; le Chœur y disait même, v. 64 : ftefiv

ôpûvToi Iv TôOtàxfw ol ^Atpaxoi, où$t ô xopè?. àW ôujjiiXaç. Voy. à l'Appendice, n*» vi,

tffweewnnAowvTaiToùçpatpdxouç'ôièàXiiOô^jropôçix (7) Voy. Eschyle , ^JumetiiciM, initio, et

Tôv tùatSâv ytxpav <iwvi<rcij<w ; le Scoliaste adha- Euripide , Helena , v, 331 et 5 1 5.

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