‹ Histoire de la comédieChapitre 6 sur 116 · M. Bouderba, se joue la Teille du jour de l'an · texte numérisé non relu

M. Bouderba, se joue la Teille du jour de l'an

j- I dans toutes les oasis, c'est un Arlequin qui en-

(2) *5Î'J>J : rauteur qui, si nous ne nous lève la femme d'un Tieux Pèlerin à barbe bien ^rompons, est encore vivant, se nomme Ma- blanche, et éyidemment il n'a rien d'arabe j,oun, et appartient à la famille des Naccasch. ni de turc.

et plas accidentée. Les poètes cessèrent enfin de tourner inva riablement sur eux-mêmes et de regarder exclusivement dans leur pensée ; ils choisirent un sujet pour son propre intérêt, le traitèrent selon la vérité des choses et laissèrent la parole à des personnages qui leur étaient personnellement étrangers. Il donnèrent même une forme populaire aux malheurs qui avaien frappé la famille de Mahomet e1 les exprimèrent par des chants alternés ; mais, malgré cette espèce de dialogue, ces Téazie (1), comme ils les nommaient, participaient encore de la Pantomime bien plus que du Drame, et rappelaient des événements passés plntôt qu'ils ne les reproduisaient (2). Les imitations pour ainsi dire mécaniques de la vie réelle, qui se retrouvent chez les peuples les plus sauvages, s'y dégrossirent aussi et furent représentées avec quelque régularité : une sorte de Tartufe bouffon, Petschel Pehlevan, fut même assez généralement goûté pour devenir un type et un caractère populaire (3). Mais les croyances religieuses mettaient un obstacle insurmontable au développement régulier du Drame. La doctrine de la prédestination rendait les héros de tragédie impossibles : les plus énergiques ne débattaient point leur vie dans leur for intérieur et s'agitaient comme un hanneton au bout d'un lil ; leurs vertus et leurs passions exécutaient fatalement les volontés d'en haut, et

(i) Littéralement , Chants lugubres.

(2) Ce caractère narratif et légendaire se retrouve également dans les curieuses exhibitions dont M. Chodzko a publié le texte en 1852 : Djwngui Chehâdet^ le Cantique du martyre, ou Recueil des drames pieux que les Persans du rileCheia font annuellement représenter dans le mois de Moharrem. Ce sont des œuvres de dévotion qui repousseraient bien loin toute idée d'Art, et n'ont absolument rien de dramatique que la mise en scène de Thistoire.

(3) C'était sans doute à l'origine une espèce de marionnette ; mais elle est devenue, comme il est arrivé pour plusieurs en Italie, un Masque de théâtre : voy. Chardin, Voyages ^n Perse et autres lieux, t. IV, p. 132, éd.

de Rouen, 1723. Ces marionnettes se retrouvent dans d'autres pays, où la Comédie ne pouvait se développer : en Egypte, par exemple (Niebuhr, Voyage en Arabie, t. l,p. 151, et pi. XXVI, fig. T, éd. d'Amsterdam, 1776), et dans l'île de Java. Les pièces qu'elles y représentent, notamment dans le royaume de Jacatra , ont même un nom particulier : Wayang-culit d'après le tpme premier du Verhandlingen vcm het bataviaasch Gnootschap der Konsten en Wetenschapen (cité par Flôgel, Geschichte der komischen LiteratwTt t. IV, p. 21), Wayan coulet, selon Malte-Brun {Annales des Voyages , t. i , p. 154), ou simplement Wayomg; de Rienzi, Océanie , t. I, p. 83.

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