‹ Histoire de la comédieChapitre 9 sur 116 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Danses mimiques.

Toutejs les anciennes histoires du théâtre grec ont péri depuis des siècles (1); la Poétique d'Aristole elle-même ne nous est parvenue que bien mutilée, et des cent cinquante-deux poètes comiques dont le nom s'est trouvé cité (2) par des écrivains peu soucieux pour la plupart des aventures et des mérites du Drame, il n y en a qu'un seul dont nous possédions encore quelques pièces entières. Le dernier mot et, à certains égards, l'expression la plus complète de la Comédie d'Athènes, Ménandre et toute son École, ne nous sont plus connus que par les traductions systématiquenient infidèles des Romains, et une grossière

(1) Le roi Jaba ETÛt composé un 'l<no^ doute de précieux renseignements, deux trai-

(uTpixî) ; Nestor , un eeaxptxà ûico(i.yi{(iaTa ; An- tés d'Aristote , un de Sophocle , un de Théo-

tiochus, d'Alexandrie, un Ile^l tOv iv t^ |ii9ip phraste,undeChamailéon, un deCarystiusde

xw|MiJia x«>itu^ou|«,iy«iy ico»)Tfiy, et Ératosthène, Pergame, un de Hérodicus, et il est au moins

^ Ilt^l dfx*^^ xw|i,wila<, selon Harpocration, probable que Denys d'Halicarnasse et Rufus

s. T. McTaXXst< ; Ilepl «i»|<.«p$lac, selon Pollux, s'étaient occupés du théâtre dans leurs His-

1. X, par. 14 , et Athénée, 1. xi, p. 50 1 D, et toires de la musique.

nt(î xu{t.w^ifify, selon le Scoliaste ad Ranas (2) C'est le nombre que donne Meineke

Arùtoph.f T. 1026 : Toy. Bemhardy, Era- dans son HistùHa comicorum graecorum,

togthmica, p. 203-237. Nous citerons entre et, sauf Maison et Tolynus, il ne cite aucun

beaucoup d'ouvrages où se trouvaient sans des poëtes de la Comédie dorienne.

imitation, ignorée jusqu'à nos jours et fort récusable, de DémétriusMoschus(l). Dans des compositions encore si libres, où Tamusement du public, souvent même le propre plaisir du poète était la seule loi généralement admise , la nature du sujet, le caprice du moment, les tendances individuelles de chacun variaient sans cesse Tinspiration et modifiaient profondément la forme. Pour reconnaître avec quelque certitude et éliminer toutes ces efSorescences éphémères, il faudrait comparer ensemble, la loupe à la main, les œuvres de plusieurs auteurs. C*est alors seulement qu'il serait possible de distinguer les caractères essentiels de la Comédie, des hasards particuliers à chaque pièce et des excentricités personnelles, de Toriginalité des poètes. Il semble donc, au premier abord, qu'il y ait au moins bien delà témérité à vouloir suivre dans ses évolutions et comprendre dans ses détails un genre si divers, si mobile et si maltraité par le temps. Mais Tesprit du peuple grec était vraiment autochthone : c'était Tesprit de son terroir, de son soleil et de sa race. Sans croire aucunement, ainsi qu'un célèbre archéologue, que la Comédie ne pût être inventée qu'en Grèce (2), nous tenons pour certain qu'elle n'y fut- apportée toute faite par personne, pas même par ce personnage mythique qu'on appelle Orphée (3). C'est une manifestation originale, un développement intérieur du génie grec, et les jugements des Anciens sont assez motivés; leurs anecdotes, assez nombreuses; les pièces d'Aristophane, assez significatives, et celles de Térence, assez transparentes, pour permettre de remonter à son origine, d'apprécier son caractère général et de restituer les grandes lignes de son histoire.

(1) Neaira, publiée à Athènes, en 1847, (2) Otfried Miiller, Geschichte der grie-

par Andréas Hustoxydis, et réimprimée à chischen Literatur, t. II, p. 25, 2' édition.

HanoTre, en 18^0, par M. EUissen. Deux (3) C'est l'origine que lui assignait Victor

pièces anciennes étaient intitulées Niai^ : Faustus dans son petit traité De Comoedia, Tune, parTifluoclès, et l'autre, par Fhilémon.

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