‹ Histoire de la communauté de Notre Dame de Charité du Bon-Pasteur deChapitre 6 sur 18 · HISTOIEE DE LA COMMUNAUTÉ · texte numérisé non relu

HISTOIEE DE LA COMMUNAUTÉ

" Comme nous connaissions ces dons excellents que le Cœur de Jésus a versés dans votre Institut, nous avons cru devoir faire les plus vives instances auprès de vos Supérieures pour que vous fissiez ici un établissement, afin que les âmes confiées à nos soins, et qui sont les plus abandonnées, pussent y participer. En vous appelant à notre secours, pour sauver ces âmes si précieuses aux yeux de Dieu, Nous vous avons infor. mées que vous ne deviez compter que sur la divine Providence^ pour opérer cette grande oeuvre ; et Nous vous le répétons encore aujourd'hui. Mais nous vous avertissons en même temps, que nous vous avons confiées aux soins de notre ville episcopale ; de cette ville qui a reçu dans son cœur le souffle divin de la charité ; de cette ville qui s'est levée en masse chaque fois que nous avons cru devoir l'appeler à notre secours, pour exécuter les plans des oeuvres charitables dont Dieii nous avait donné la pensée ; de cette ville qui mérite à juste titre le nom de ville des aumônes, comme une de celles de l'ancienne France que vous venez de quitter.

" Vous aurez donc, pour vous seconder dans votre zèle, une foule de dames pieuses, qui font la gloire de leurs respectables époux, lesquels se plaisent à leur donner toute liberté de vaquer à l'exercice des œuvres de charité, et de courir aux secours des pauvres, des veuves, des orphelins et de tous les malheureux- Aidées puissamment par ces ferventes coadjutrices, vous trskvaillerez efficacement à relever la gloire de votre sexe, en

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faisant régner la justice avec toutes ses aimables vertus, là où régnait auparavant la concupiscence avec ses hrâteux dérèglements. Vous partagerez vos entrailles maternelles avec ces courageuses collaboratrices qui feront ce que vous ne pouvez faire vous-mêmes, c'est-à-dire, qui iront à la recherche de ces âmes infortunées, qui cachent leur honte et leur désespoir dans ces tristes lieux où, par le plus grand de tous les malheurs, elles perdirent ce qu'elles avaient de plus cher au monde, leur innocence ; et avec leur innocence tout le bonheur de leur vie. " A ces causes, le St. Nom de Dieu invoqué, et de l'avis de nos Vénérables Frères les Chanoines de notre Cathédrale, que nous avons eu soin de prendre avant notre départ pour la visite pastorale, nous avons réglé, statué et ordonné, réglons, i^tuons et ordonnons ce qui suit ;

1. " Nous permettons à vous, Sœur Marie de Ste Céleste, Marie de St Gabriel, Marie de St Ignace, Marie de St Barthé* lemi, de fonder à Montréal une maison de Notre Dame de Charité du Bon-Pasteur.

2. ** Nous voulons que vous suiviez en tout les Régies et les Constitutions qui régissent et gouvernent votre Maison- Mère, établie dans la ville d'Angers.

3. ** Nous permettons que vous jouissiez dans ce diocèse de tous les privilèges et avantages qui vous ont été accoidés, soit par les faveurs spéciales du St. Siège Apostolique, soit en vertu de vos dites Règles et Constitutions.

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4. " Vous célébrerez les Offices et les Fêtes, comme partout ailleurs dans les diverses maisons de votre Institut*

5. " Vous pourrez ouvrir un noviciat, et admettre dans votre Société toutes les personnes qui vous paraîtront appelées de Dieu pour partager vos travaux et avoir part à vos mérites.

" Enfin, nous vous mettons sous notre entière dépendance et celle de nos successeurs evêques, et nous vous donnons de tout notre cœur notre bénédiction, au nom du Bon Pasteur que nous sommes chargé, malgré notre indignité, de représenter sur la terre. Soyez donc bénies, vous qui venez exercer ici la charité de Jésus-Christ, qui presse toutes les âmes de se consacrer à son amour. Soyez bénies vous qui ayez l'honneur incomparable d'être consacrées à Notre Dame de Charité, à la divine Marie dont le très Saint Cœur fut toujours le siège de l'amour le plus pur ; vous qui avez reçu en partage, non les richesses du monde, mais le précieux trésor de la charité de Marie, le refuge assuré des plus grands pécheurs. Croissez et multipliéz-vous à l'ombre et sous la protection de celle qui, par sa tendresse maternelle, fait toute l'espérance des justes et des pécheurs. Accomplissez les grands desseins que Dieu a eus sur vous, en vous amenant ici. Faites connaître, aimer et servir Jésus, le Bon Pasteur, et Marie, la souveraine du Ciel et de la terre, par tant d'âmes qui, hélas, ont aimé si longtemps les plaisirs sédui sants d'un monde corrompu, qui a fait leur malheur I Fait^ leur aimer cette beauté toujours ancienne et toujours nouvelle.

qui ravissait le cœur d'Augustin pénitent. Mettez en honneur la vertu de pénitence, et que les gémiss|pments qui vont bientôt retentir dans votre humble demeure, se fassent entendre au dehors et aillent toucher de douleur et de repentir les malheureux qui ont osé précipiter dans le plus profond abtme du péché, des âmes pour le salut desquelles Jésus-Christ a versé jusqu'à la dernière goutte de son précieux sang. Qu'eux aussi, ils apprennent à recourir à l'infinie miséricorde du Seigneur. Que s'il y a dans votre maison des Aglaés pénitentes, il y ait dans la monde des Bonifaces, expiant par le martyre, c'est-àdire par le sacrifice de toutes les convoitises, par la prière, l'aumône et les bonnes œuvres, les tristes années qu'ils passèrent à outrager le Seigneur avec ces infortunées victimes de leurs passions. Telle est, N. T. C. F., la mission que vous avez à remplir avec la grâce du Bon Pasteur et le secours puissant de Notre Dame de Charité.

" Sera, le présent Mandement, lu à la messe qui se célébrera dans l'Oratoire des Filles du Bon-Pasteur, à Montréal, le jour que l'on en fera la bénédiction, et ensuite conservé dans les Archives de la Communauté.

<* Donné à l'Assomption, dans le cours de nos visites, le onze juin mil huit cent quarante-quatre, sous notre seing et sceau et le contre-seing de notre secrétaire ad hoc''

(Signé,) t lo., Evêque de Montréal, par Mgr.

(Contre signé,) H. Plamondon, Ptre, Sec, ad ?ioc.

Pour copie, A. F. Truteau, Chanoine Secrétaire.

HisTontÈ i>t tA cùmijjNXVTÈ

ue les Sœurs du Bon-Pasteur étaient encore à

M. Làframboise et Madame Quesnel (*) vinrent

lercher pour les amener visiter le pauvre logement,

sposition par le Rév. M. V. Arraud, S.S. Cette

I sur la rue Brock, faubourg Québec, était en bois

08 X S4 pieds. Comme c'était une ancienne ca-

et délabrée, à deux étages avec mansardes, M.

y fit adjoindre une allonge en brique de 50 x 40

étages. Bien qu'il ne s'épargnât ni peines, ni

'^ent les ressources lui manquaient absolument.

Quesnel, née Josette Cotté, naquit à Montréal, nie St. r, en 1792. Semblables aux premiers colons ,de Ville its jouissaient par la simplicité et par l'austérité de leurs nsidération de tous les gens de bien. Elle mit à profit les le ses vertueux parents, et n'avait de plaisir que lors^'eUe lalheureux et priait le bon Dieu pour eux.

mse de 1* Hon. Jules Maurice Quesnel, doyen des échevins de le changea rien à ses habitudes régulières et vraiment chrée veuve et sans enfant^, elle tourna toutes ses pensées vers ilut plus vivre que pour son Créateur. Les communautés )ut les sœurs du Bon-Pasteur et l'Asile des orphelins cathoéal se rappelleront toujours son inépuisable chtirité. Maulaec sa belle fortune» menait une vie très laborieuse, elle té.

ireté, l'innocence de toute sa vie et la grandeur de ses me Quesnel ressentait une extrême frayeur des jugement olée et rassurée p^ les doui:es paroles de son directeur, M. ui l'assista à ses derniers moments, elle expira doucement ^EcAo du C. L, P,y 15 juin 1866.

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Cependant, la construction avançait peu à peu ; les ouvriei's en étaient rendus au delà du second étage de Faddition en brique, lorsqu'une nuit, un violent coup de vent vînt secouer trop rudement la bâtisse qui s'écroula. Le matin suivant, M. Arraud.se rendant ^ sa bâtisse, vit le désastre et en homme courageux et accoutumé aux épreuves, il se remit immédiatement à Toeuvre afin de réparer ce malheur.

Avant de se séparer les Hospitalières de St. Joseph de THôtel-Dieu, et les Sœurs du Bon-Pasteur, signèrent l'Acte d'accord suivant :

" Nous, Supérieure des Religieuses de THôtel-Dieu et officières représentant notre Communauté, désirant cimenter, une union perpétuelle qui porte son avantage au delà du tombeau, avec les Dames du Bon-Pasteur, arrivées d'Angers le 7 du cou^ rant, pour établir une maison de leur Institut daiis; notté ville ; Sa. Grandeur Mgr Ignace Bourget, leur ayant assigné notiie monastère pour résidence pendant quelques jours, nôusad<niné rin^préciable avantage de connaître leur méritante personne qui laissera pour toujours dans notre maison la bonne odeur de leur dévouement pour la gloire de Dieu.

"Sommes convenues mutuellement que le monastère où il décédera une religieuse, en informera la supérieure de- l'autre, qui donnçra l'intçntion d'unç communion générale pour le repos

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