‹ Histoire de la communeChapitre 10 sur 178 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

condamna à mort, et ils furent exécutés rue des Rosiers, 6, à Montmartre, à quatre heures et demie du soir.

M. Noël Parfait, député, et quelques autres personnes qui avaient été arrêtées purent s'échapper des mains des fédérés, grâce à la complaisance de quelques gardes nationaux quf, moins féroces que la plupart de leurs collègues, leur laissèrent le passage libre.

M. Lecomte fut fusillé par des soldats du 88"^, qui voulaient, disaient-ils, le punir d'avoir voulu les faire tirer sur le peuple. Des gardes nationaux se chargèrent ' de Clément Thomas.

Le Comité, confiant à des militaires déserteurs et ivres l'assassinat du général Lecomte, voulait rejeter d'avance sur l'armée la responsabilité de ce crime odieux; mais il n'est rien moins que prouvé que les bandits aient tous appartenu au 88®. Quant à Clément Thomas, il avait pendant le siège soulevé bien des rancunes à cause de la sévérité de quelques ordres du jour adressés à des bataillons de Belleville et de Montmartre. Ces hommes, blâmés pour leur lâcheté et leur inconduite, se vengeaient honteusement en tirant sur leur ancien chef.

Les Tropmann politiques savaient exploiter toutes les passions en flattant les misérables qui se chargeaient d'exécuter les décrets occultes qu'ils rendaient, cachés tantôt dans un endroit tantôt dans un autre. Les têtes étaient montées, tout était prêt, il s'agissait de ne pas laisser se rompre un des fils servant à conduire les comparses criminels des politiques

siuistres qui voulaient s'emparer non-seulement de Paris, mais de la France.

En même temps qu'il faisait arrêter» juger et assassiner ks deux généraux, le Comité poussait activement à la construction des barricades pour éviter un soidisant retour offensif de l'armée. Mais ces précautions, il le savait bien, étaient superflues; le gouvernement ne songeait point à une nouvelle attaque qui, dans le désarroi où il se trouvait, dans Tétat d'exaspération des fédérés, état aggravé encore par l'ivresse, eût abouti fatalement à un nouvel échec. On ne pouvait que laisser agir ces forcenés, voir ce qu'ils voulaient et préparer lentement, mais sûrement, le triomphe définitif du droit sur le banditisme déchaîné.

La population irritée attendait la suite des événements. Stupéfaite du crime de la rue des Rosiers, elle comptait sur des explications, peut-être sur un appel aux armes de ses maires et de ses députés, qui ne donnèrent pas signe de vie, attendant l'occasion de se mettre du côté du manche, si le manche devait être tenu par le Comité. 11 y a des exceptions à faire. Les députés de Paris appartenant à la marine ou à l'armée avaient été élus à cause de leur belle conduite pendant le siège, ils ne pouvaient rien faire sans leurs collègues, avocats et écrivains, très-iufluents dans les clubs et qui auraient pu",, en se proncnçant nettement, faire avorter l'émeute. MM. Langlois, Tolain, Schœlcher, Peyrat, Jean Brunet, prirent parti pour l'Assemblée, ce qui leur valut les insultes de ceux qui prétendaient les avoir élus. Les aulres

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