CHAPITRE XX
s'était engagé à servir augmentait tous les jours, il fallut recourir à la charité publique, et Rigault, dans une circulaire pleine d'onction, avertissait ainsi les habitants :
Les commissaires de tous les quartiers ont pris T initiative d'une quête pour les victimes de cette triste guerre.
Prêtez-nous les colonnes de votre journal.
Le but est de porter secours aux gens qui souffrent : femmes de blessés, orphelins, sans passer par des sociétés organisées qui, sous Tancien régime, gardaient l'argent pour
Chaque somme donnée sera inscrite sur un livre spécial que tout citoyen pourra vérifier, étant reçu comme un frère.
Ces dons seront portés par des femmes de bons patriotes, connaissant le froid, la faim, ayant vu leur enfant souffrir dans leurs bras. Ces citoyennes-là, connaissant les larmes et la peine, consoleront leurs frères et leurs sœurs avec intelligence et dévouement.
Établissons la charité républicaine, en pleurant avec ceux qui pleurent et en aimant moins nos enfants que les enfants de ceux qui ne sont plus.
Ce service, pour plus de facilité, se centralisera à la sûreté publique.
La Commune a envoyé du pain à quatre-vingt-douze femmes de ceux qui nous tuent.
Il n'y a pas de drapeaux pour les veuves.
La République a du pain pour toutes les misères et des baisers pour tous les orphelins.
Les offrandes furent nombreuses, mais la plus grande
m HISTOIRE DE LA COMMUNE.
pariie servit aux délégués de tous rangs; les femmes et les enfants n'eurent que des secours insignifiants.
M. Courbet, président des peintres, était chargé par la Commune de réorganiser les musées et de rétablir, avec le concours de quarante-six délégués élus, l'exposition annuelle des Champs-Elysées.
Quelques-uns des plus violents de THôtel de ville, M. Félix Pyat en tête, avaient demandé la destruction de la colonne Vendôme. Cette satisfaction leur fut accordée; quand il s'agissait de détruire , la Commune n'hésitait jamais.
Le 13 avril, V Officiel disait :
Considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l'un des trois grands principes de la République française, la fraternité.
DÉCRÈTE
Article unique. — La colonne de la place Vendôme sera démolie.
On prit ce décret pour une hâblerie, mais la suite prouva que la Commune le prenait au sérieux et entendait le mettre à exécution.
Les agissements des agents de la Commune placés à la tête des bataillons fédérés n'étaient pas moins