CHAPITRE XXIV
assuré son fils. Le 15 avril, des gardes nationaux se rendirent vers neuf heures du soir à la compagnie d'assurance le Monde. Mais les directeurs avaient été prévenus :
V argent et les livres étaient partis dans la matinée pour Versailles. Quelques jours après on apposa les scellés à
V Union. Il y avait en caisse une centaine de mille francs nécessaires au payement des employés. Une trouvaille faite à la Monnaie remplit de joie la Commune: deux cent mille francs en pièces de vingt centimes furent découverts; l'Officiel annonça ce fait comme une victoire.
Les élections complémentaires du 16 avril s'étaient faites au milieu de l'indifférence générale. La Commune, après avoir demandé l'avis du ministre de la guerre, avait décidé :
Art. \^'. Les élections communales complémentaires auront lieu le dimanche 16 avril.
Art. 2. Le scrutin sera ouvert de huit heures du matin à huit heures du soir.
Art. 3. Le dépouillement se fera immédiatement.
De son côté M. Cluseret disait :
Afin de permettre aux citoyens de service hors de leurs arrondissements de prendre part au vote du dimanche i 6 avril,
Le délégué à la guerre arrête :
Les conseils de légion des divers arrondissements intéres- ^sés enverront à leurs bataillons respectifs le nombre de délégués suffisant pour faire procéder à la constitution de bureaux électoraux.
Ces délégués seront munis de mandats régularisés par leurs collègues, visés par le chef de légion ou son suppléant, et timbrés par la municipalité ou la Commune.
Le vote aura lieu d'après des listes dressées séance tenante, portant les noms et adresses des ayants droit. La carte de garde nationale ou toute autre pièce d'identité ou l'assistance de deux témoins permettront l'exercice des droits électoraux.
Dans beaucoup de bureaux les gardes étaient ivres et parfaitement incapables de surveiller le vote. Quelques milliers d'individus portèrent leurs bulletins. Cependant rien n'avait été négligé pour attirer les électeurs.
Malgré toutes ces précautions, le résultat du vote fut dérisoire. Il y eut à THÔtel de ville une séance assez orageuse sur la question de savoir si les candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix seraient élus. La commission nommée pour la validation des élections rédigea un rapport ainsi conçu :
Considérant que dans certains arrondissements un grand nombre d'électeurs se sont soustraits par la fuite à leur devoir de citoyens et de soldats, et que dans les graves circonstances que nous traversons, nous ne saurions tenir compte pour la validité des élections du nombre des électeurs inscrits; nous déclarons qu'il est du devoir de la Commune de valider toutes élections ayant obtenu la majorité absolue sur le nombre des votants.
Les conclusions de ce rapport furent adoptées par