LES OPÉRATIONS MILITAIRES
On se plaignait de la sécheresse des rapports militaires. Tous les jours c'était les mêmes répétitions de toutvabierij Yersaillais repousses avec perte; nous avons détruit leurs batteries. Cette rédaction quotidienne paraissait monotone et déplaisait même à quelques journaux révolutionnaires.
La Commune disait à ce propos :
Nous regrettons profondément robscurlté des rapports militaires; c'est un amalgame de mots complètement inintelligibles. Les rédacteurs de ces notes n'ont-ils pas une idée nette des opérations militaires ? Alors qu'on en prenne d'autres, ou, si c'est un parti pris, qu'on fasse la nuit sur toute la ligne. Mais qu'on ne nous berne pas avec des récits qui n'ont ni queue ni tête, et qui font penser qu'on ignore à la délégation de la guerre ce qui se passe aux avant-postes. A bon entendeur, salut.
Cette recommandation n'aboutit pas, et les mêmes sottises continuèrent à orner les colonnes de VOfficieL
Cependant les troupes de l'Assemblée approchaient, les fédérés avaient perdu Boulogne et le bois était rempli de tirailleurs versaillais. Des batteries avaient été établies sous les arbres et les portes des Princes, de l'Impératrice, Maillot n'étaient plus en état de résister à un assaut. Les obus tombaient sur Neuilly, les Ternes, Auteuil, Passy et le quartier des Champs-Elysées. Continuant leur système de vouloir faire passer les généraux de l'Assemblée pour des hommëfe féroces, les chefs de la Commune, qui avaient été prévenus de faire évacuer Neuilly pour éviter des accidents déplorables, s'étaient bien gardés de parler de cette communication. Ils jetèrent les hauts cris quand les projectiles effondrèrent les maisons et forcèrent les habitants à se réfugier dans les caves.
Une batterie fédérée établie au Trocadero tira sur le mont Valérien. Les rapports de la Commune parlaient de cette batterie avec enthousiasme. Ils disaient même qu'une brèche appréciable avait été faite à la forteresse. Ce mensonge qui frisait la folie n'eut aucun succès et fit rire les fédérés eux-mêmes, qui connaissaient le résultat de leur canonnade. Le fort allongea son tir et les maisons de l'avenue du Roi-de-Rome furent atteintes. Il fallut au bout de quelques jours enlever les fameuses pièces de 24 court, afin de ne pas exposer un quartier tout entier à l'incendie.
Passy et Auteuil étaient devenus inhabitables, les