‹ Histoire de la communeChapitre 139 sur 178 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

fait parut si monstrueux, que la somme fut rendue au grand regret de plusieurs membres de THôtel de ville qui voulaient mettre en pratique cette maxime que ce qui est bon à prendre est bon à garder.

Au milieu de toutes ces fantaisies de despotes imbéciles, on remarqua la manifestation des francsmaçons qui eut lieu le 29 avril. Ces individus, qui violaient les statuts de leur société en prenant parti pour la Commune, défilèrent rue de Rivoli, sur les boulevards, le long des Champs-Elysées, et plantèrent leurs bannières sur les remparts. Cette procession ne suspendit pas les hostilités. Des vénérables de loges, MM. Ernest Hamel et Malapert protestèrent contre cette immixtion des francs-maçons dans les affaires de THôtel de ville, et Teffet sur lequel les citoyens Delescluze et compagnie avaient compté fut complètement manqué. Nous avons cité la circulaire de Paschal Groussef aux représentants des puissances. Un mauvais plaisant se présenta à Léo Meillet en qualité de ministrede la république de rÉquateur. Le communeux crut avoir reçu un véritable diplomate, et dans la séance du 27 avril il raconta tout au long le succès qu'il avait obtenu.

Le vice-consul de cette république n*eut pas plus tôt connaissance de l'incident qu'il écrivit à M. Meillet la lettre suivante :

Paris, 29 avril 1871.

Citoyen, Je lis à l'Officiel d'her que, dans vire séance du %1 cou-

rant, vous annoncez avoir reçu le ministre de la république ^ de l'Equateur. |

Je m'empresse de vous dire qu'il n'y a, en ce moment, . aucun ministre de ladite république en Europe. 1

C'est donc, sans doute, une erreur de sténographe, que 1 je vous serais obligé de vouloir faire rectifier k votre prochaine séance.

Veuillez agréer, citoyen, Tassurance de ma considération distinguée.

Pour le consul général de VÉquateur, .

F. DE BcsTAVANTE, vice-consuL

M. Grousset ne parlait jamais de ces incidents qui ' prouvaient combien il était peu pris au sérieux. Cepen- j dant il ne se rebutait pas et faisait toujours de nouvelles tentatives.

Le bruit s'était répandu que le gouvernement de Versailles avait versé à la Prusse une somme de cinq cents millions. Ce versement devait, disait-on, avoir pour résultat l'évacuation cîes forts de la rive droite et leur remise à l'armée française. Le délégué aux affaires étrangères écrivit au général commandant les forces allemandes que si le fait du versement était vrai, il devait mettre l'Hôtel de ville en possession des forts de Charenton, de Rosny, de Nogent, de Noisy, de Romainville, d'Aubervilliers et de la ville de Saint-Denis.

Le chef allemand envoya la dépêche Grousset à M. Jules Favre, qui la lut à la Chambre, et ne daigna point faire l'honneur d'une réponse au fantaisiste ministre communal. Cependant les vainqueurs de L

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