‹ Histoire de la communeChapitre 140 sur 178 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

France n'avaient point à se plaindre des procédés de THôlel de ville à leur égard. Autant le délégué Gluseret se montrait grossier et insolent en parlant de Versailles, autant il se montrait plat vis-à-vis des Allemands. Tous les jours c'était une recommandation de ne pas les froisser en sortant en armes sur la zone neutre, et lorsqu'à Vincennes où douze ou quinze cents fédérés s'étaient installés, un ofiBcier allemand vint les sommer de sortir du château, ils ne firent aucune résistance et rentrèrent dans Paris avec leurs munitions, ne laissant que deux cents hommes dans la forteresse.

Pour se créer des ressources, la Commune avait organisé des concerts aux Tuileries. En même temps on pouvait visiter les appartements du palais moyennant un droit d'entrée de cinquante centimes par personne. MM. Schœlcher et Cernuschî, qui assistaient à Tune de ces soirées musicales , furent arrêtés et mis en liberté quelques jours après. Le procureur de la Commune écrivit à M. Schœlcher :

Paris, le 13 mai 1871.

Citoyen Schœlcher,

J'apprends seulement hier votre arrestation. Ce fait, quelque étrange qu'il m'ait paru au premier abord, semblerait presque justifié par l'arrestation du citoyen Lockroy.

Comme cependant nous ne sommes pas tenus de rendre

l'absurde pour l'absurde, je m'empresse de donner l'ordre

de vous mettre en liberté.

Salut et fraternité.

Raoul Rigâult.

tiê HISTOIRE DE LA COMMUNE.

A S, Tâchez donc d'obtenir Télargissement du citoyen Lockroy.

Jiigault avait quitté la préfecture de police à la suite d'une discussion avec ses collègues. Il voulait maintenir les prisonniers au secret le plus absolu et empêcher les membres de la Commune de pénétrer dans les prisons. Ces prétentions parurent excessives, on refusa d'y souscrire, le délégué donna sa démission et se fit nommer procureur de la Commune. 11 soutint l'accusation quand on jugea les individus arrêtés pour savoir s'ils devaient être gardés comme otages. Les premiers qui passèrent devant cet étrange tribunal étaient des sergents de ville qui se défendirent assez mal. Ils avaient peur et connaissaient les sentiments de leurs jujges à leur égard.

On procédait à l'apuratioû du personnel communal. Vincent, directeur de la Bibliothèque nationale, était destitué pour vol ; l'intendant May, accusé de concussion, était arrêté ; on apprenait que Blanchet, membre de la Commune, portait un faux nom, qu'il s'appelait Panille et avait été poursuivi pour escroquerie. Il donnait sa démission. On enfermait Jules AUix comme fojJL Bergeret, après un séjour assez long en prison , rentrait à la commission de la guerre.

Le 30 avril, la Commune approuvait 'l'arrestation de Otafaeret, ordonnée par la commission executive, et le général était brutalement révoqué de ses fonctions de délégué à la guerre.

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