CHAPITRE XXVI
Paschal Grousset voulut encore faire parler de lui et ût afficher cet avis :
Quelques journaux ont paru croire que l'adhésion de la Commune à la convention de Genève avait pour résultat de proscrire Tusage des nouveaux engins de guerre dont dispose la révolution.
Si les rédacteurs de ces journaux avaient pris la peine d'étudier la question qu'ils traitaient, et tout au moins de lire les dix articles de la convention de Genève, ils se seraient épargné une protestation injuste et inutile.
La convention de Genève n'a pour but et pour effet que de garantir la neutralité des édifices et du personnel des ambulances militaires. A la reconnaissance de cette neutralité se borne l'adhésion de la Commune.
Quant aux forces terribles que la science met au service de la révolution, la convention de Genève n'en réglemente pas l'usage. C'est un soin doat se sont acquittés jusqu'à ce jour les despotes couronnés , qui vivent de la guerre et qui savent trop bien que la guerre deviendrait à jamais impossible par l'emploi des moyens modernes, pour ne pas s'interdire religieusement l'usage de ces moyens.
Les journaux de THôtel de ville qui parlaient sans cesse des moyens de destruction que la science mettait à leur disposition voyaient leurs menaces répétées par VOf/iciel.
Un appel désespéré était adressé aux grandes villes de France par le délégué. Cette circulaire n'eut pas plus de succès que celle qu'il avait envoyée aux ministres étrangers :
:20 HISTOIHK DK L\ COMMUNK.
Après deux mois d'une bataille de toutes les heures, Paris n'est ni las ni entamé.
Paris lutte toujours, sans trêve et sans repos, infatigable, héroïque, invaincu.
Paris a fait un pacte avec la mort. Derrière ses forts, il a ses murs; derrière ses murs, ses barricades; derrière ses barricades, ses maisons, qu'il faudmit lui arracher une à une, et qu'il ferait sauter, au besoin, plutôt que de se rendre à merci.
Grandes villes de France, assisterez-vous immobiles et impassibles à ce duel à mort de l'avenir contre le passé, de la république contre la monarchie?
Ou verrez-vous enfin que Paris est le champion de la France et du monde, et que ne pas l'aider, c'est le trahir?...
Vous voulez la république, ou vos votes n'ont aucun sens; vous voulez la Commune, car la repousser, ce serait abdiquer votre part de souveraineté nationale; vous voulez la liberté politique et l'égalité sociale, puisque vous l'écrivez sur vos programmes; vous voyez clairement que l'armée de Versailles est l'armée du bonapartisme, du centralisme monarchique, du despotisme et du privilège, car vous connaissez ses chefs et vous vous rappelez leur passé.
Qu'attendez-vous donc pour vous lever? Qu'attendez-vous pour chasser de votre sein les infâmes agents de ce gouvernement de capitulation et de honte qui mendie et achète, à cette heure même, de l'armée prussienne, les moyens de bombarder Paris par tous les côtés à la fois ?
Attendez- vous que les soldats du droit soient tombés jusqu'au dernier sous les balles empoisonnées de Versailles?
Attendez-vous que Paris soit transformé en cimetière et chacune de ses maisons en tombeau ?
Grandes villes, vous lui avez envoyé votre adhésion fraternelle; vous lui avez dit : « De cœur, je suis avec toi! «