‹ Histoire de la communeChapitre 142 sur 178 · CHAPITRE XXVI. 'tli · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI. 'tli

Grandes villes, le temps n'est plus aux manifestes : le temps est aux actes, quand la parole est au canon.

Assez de sympathies platoniques. Vous avez des fusils et des munitions : Aux armes! Debout les villes de France!

Paris vous regarde, Paris attend que votre cercle se serre autour de ses lâches bombardeurs et les empêche d'échapper au châtiment qu'il leur réserve.

Paris fera son devoir et le fera jusqu'au bout.

Mais ne l'oubliez pas, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nantes, Bordeaux et les autres...

Si Paris succombait pour la liberté du monde, l'histoire vengeresse aurait le droit de dire que Paris a été égorgé parce que vous avez laissé s'accomplir l'assassinat.

Le gouvernement du h septembre avait fouillé dans les tiroirs des hommes de TEmpire, forcé les serrures et livré à la publicité des correspondances qui n'avaient d'autre intérêt que celui d'exciter une curiosité malsaine. Quand les Prussiens étaient aux portes de Paris, on nommait une commission des papiers trouvés aux Tuileries. Sous le prétexte de politique, on. cherchait surtout des lettres pouvant compromettre des femmes de l'ancienne cour. Ceux qui ont ordonné la publication de ces papiers , ceux qui les ont pris dans les tiroirs pour les faire copier et les classer se sont exposés à des représailles terribles, et ils ne pourront invoquer le respect de la vie privée *.

La Commune, imitant le h septembre dans ses actes

1. M. Jules Favré a été la première victime de la divulgation de la vie privée.

ayant un caractère policier, nomma également une commission ayant pour but, disait le décret, de chercher tous les éléments pour établir la part de responsabilité qui incombe à chacun de ceux qui ont participé aux actes du gouvernement du U septembre. La présidence de cette commission était donnée à un individu parfaitement inconnu, Casimir Bouis, qui se mit immédiatement au travail.

Les journaux dévoués à la Commune continuaient leur système de dénonciation. Le Père Z)ucWne, x)rgane des hébertistes, demandait que ses bons amis de l'Hôtel de ville fissent arrêter tel individu qui déplaisait, vite Rigault mettait ses agents en route, et un otage de plus allait prendre place à la Santé, à Mazas ou à la Rpquette.Youlait-on supprimer des journaux, le Père Duc/iéne insinuait que ces feuilles réactionnaires ne méritaient aucune pitié, parce qu'elles excitaient à la guerre civile; le lendemain les journaux n'existaient plus. C'est ainsi que disparurent après ceux dont nous avons déjà donné les titres : la Paix, le Temps, le Journal de Paris, VÉcho du soir, VÉtoile, VÉcho de Paris, la Patrie, le Siècle, le National, le Petit National, le Corsaire, le Bulletin du jour, le Spectateur y là Commune, la Justice, le Journal populaire, le Moniteur universel, le Petit Moniteur, la Petite Presse, le Petit Journal. La Revue des Deux Mondes n'échappa point à la suppression, il faut dire qu'elle n'en souffrit pas , car ne paraissant que deux fois par mois, l'armée avait pris Paris avant que quinze jours fussent écoulés.

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