LES CONSPIRATIONS
Quand le Comité central, maître de Paris, eut insteM la Commune à THôtel de ville, la population, le premier moment de surprise passé, réfléchit, se compta et, voyant le petit nombre de ses oppresseurs, songea à se révdteR.
Cette idée, d'abord à Tétat latent, prit bèentôt om corps; plusieurs citoyens causèrent, se réunirent; les groupes se connurent, s'affilièrent, et la Commuwev maîtresse de Paris depuis le 18 mars, avait déji, six jours après, environ cinq mille adversaires armés, pp^ à agir. Mais ces éléments manquaient de cohésion ; on comptait beaucoup de soldats, mais peu de chefe. Le gouvernement de Versailles fut prévenu de ce qui se passait et chercha naturellement à diriger les gardîES^ nationaux qui lui étaient dévoués, soit en leur cAoisissant des officiers capables de les conduire, soit en éoïhnant de l'argent pour être distribué aux besoigH«ux et les empêcher de s'affilier à la Comnijane.
Jusqu'au 26 mars ce double travail put se faire sans offrir des dangers très-grands.
Quelques payeurs des bataillons et beaucoup d'officiers se rendaient quotidiennement à Versailles chercher de l'argent ou recevoir des ordres. Les gardes nationaux qui surveillaient les gares n'arrêtaient que les individus portant le costume militaire ; il était trèsfacile d'éviter l'arrestation en mettant de côté le képi et le pantalon à bandes rouges.
Mais après le 26 mars, lorsque des élections fantaisistes eurent donné pour chefs à Paris les assassins et les incendiaires que l'on vit plus tard à l'œuvre, il devint difficile de circuler; ceux qui favorisaient le gouvernement de Versailles n'osèrent plus ni parler ni agir. Les agents de la Commune arrêtèrent à tort et à travers ; Rigault prodigua les mandats d'amener avec accompagnement de menaces. Au commencement, on ne prenait pas ses avis furibonds au sérieux ; mais pour ceux qui avaient connu beaucoup le délégué à l'ex - préfecture , il était certain que ces menaces seraient suivies d'exécution. La Commune levait des troupes, les armait et annonçait hautement l'intention d'aller à Versailles et d'en chasser l'Assemblée. Elle envoyait en province des agents qui lui faisaient des rapports fantastiques; ces rapports, affichés partout, étaient rédigés dans le but de tromper ses amis et de faire croire à ses adversaires que toutes les grandes villes marchaient d'accord avec l'Hôtel de ville.
L'entrée des journaux dits réactionnaires était in-