‹ Histoire de la communeChapitre 153 sur 178 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

ses feux avec Brimborion, Meudon, Breteuil. La formidable batterie de Montretout commença à se faire entendre; ses soixante-douze pièces de marine nettoyèrent le boulevard militaire dans toute sa longueur, du Pointd a -Jour à Montrouge. Les canons des fédérés furent démontées, leurs casemates dén^olies. Les gardes nationaux durent se replier dans l'intérieur de Paris, derrière leurs barricades.

Les actes accomplis par la Commune, en dehors des affaires de la guerre , étaient peu importants. Ferré remplaçait Cournet à la policç; on chassait tout le personnel de la Bibliothèque nationale, et une commission était instituée pour veiller aux intérêts de l'art musical. M. Perrin, directeur de l'Opéra, était destitué. On ûxait le prix maximum du pain, qui ne devait se vendre que 50 centimes le kilo. Les citoyens Portalier et Guérin remplaçaient Bayeux-Duménil comme délégué au 19® arrondissement. Leur premier acte administratif fut de faire arrêter dans leur quartier tous les hommes audessous de quarante ans. Des factionnaires placés à l'entrée des rues fouillaient les omnibus et forçaient de descendre les voyageurs jeunes. Cette fantaisie dura un jour.

Dans le 2« arrondissement, les délégués supprimèrent la prostitution et firent sortir des maisons toutes les femmes qui y étaient renfermées. Ces malheureuses créatures erraient dans les rues, ne sachant où se réfugier. Jamais la prostitution ne s'exerça aussi cyniquement que pendant les derniers jours de la Commune.

Le palais des Tuileries était le théâtre des orgies les plus crapuleuses. Les officiers fédérés y faisaient entrer toutes les ûlles publiques de la butte des Moulins et leur faisaient cadeau des dentelles, des robes, des rideaux des lits et des croisées; en un mot, de tout ce qui pouvait se transporter facilement *.

On exigea des citoyens des cartes d'identité ; les gardes nationaux avaient ordre d'arrêter ceux qui ne seraient pas porteurs de ces cartes. Ce nouveau genre de vexation n'eut aucun succès, et personne ne s'occupa de ce règlement, aussi stupide que difficile à appliquer.

Avant de quitter la police, Cournet supprima sept journaux; l'arrêté porte la date du 5 mai.

1. Des perquisitions opérées chez beaucoup de ces femmes aboutirent à des découvertes importantes. Des armoires étaient pleines d'étoflfes volées aux Tuileries.

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