PRÉFACE
Figaro et le GsluIois; fêlais alors y depuis près de six moiSy attaché à la rédaction de ce dernier journal. M. Edmond Tarbé partit pour Versailles avec ses collaborateurs^ je restai à Paris^ oii fêtais retenu par des liens de famille^ par la curiosité. Ayant eu pour collaborateurs au Courrier français Vermorely Jules Vallès et quelques autres de moindre importance 'y ayant connu beaucoup Eudes^ Tridon^ Mioty Edmond Levraulty R. Rigaulty Prototy Lon-guet y Laiulowskiy je voulais juger de visu comment mes. anciens amis entendaient gouverner. Je ne quittai donc pas PariSy malgré les instances an^icales de M. Tarbé,
Le 30 avril je reçus la lettre suivante :
8P bataillon.
9* compagnie.
Appelé à faire partie des compagnies de gtierre, vous vous trouverez demain lundi, f«' maij à sept heures et demie du matin, sans armes, au lieu ordinaire des réunions.
Convocation urgente.
Ce billet était signé du sergent-major Communard.
Son avertissement me décida à quitter mon domicile^ oit je ne vins plus que quelques heures tous, les jours pour voir ma famille.
J'envoyais à VersailleSy au Gaulois, une corres-
IV PRÉFACF.
pondance quotidienne qui avait le don d* exaspérer les journalistes dévoués à la Commune^ M, Rochefart principalement. Grâce à lui y je faillis être pris; heureusement je fus toujours assez habile ou j'eus continuellement assez de bonheur pour échapper aux recherches des agents fédérés.
Cependant le mardi 23 maiy à six heures du soîrj au moment oii Von se boitait au carrefour de la Croix-RougCy des gardes nationaux^ conduits par une ancienne cantiniére du 84^ bataillon^ dont /avais fait partie pendant le siégCy voulurent arrêter M"'' LepagCy qui put s'échapper des mains de ces sauvages qui criaient : « C'est la femme d'un rédacteur du Gaulois, son mari est à Paris; puisqu'on ne le trouve pasy prenom-la. »
Si /entre dans ces détails y c'est pour expliquer qu'ayant parcouru Paris tous les jours et dans tous les sensy /ai pu faire un livrCy sinon plus intéressarU au moins plus complet que les volumes dont les auteurs habitaient au delà des fortifications. Il n'arrivait à leur oreille que Vécho affaibli des bruits de la grande citéy et ils ne voyaient rien de ce qui se passait à l'intérieur.