‹ Histoire de la communeChapitre 3 sur 178 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PROLÉGOMÈNES DE L'IKSURREGTION»

Lorsque, après un siège de près de cinq mois, Paris manquant de vivres dut capituler, les Prussiens, qui avaient espéré y entrer triomphalement , n'y pénétrèrent que par un de ses côtés et occupèrent deux jours seulement le quartier des Champs-Elysées.

La population, qui pendant la lutte avait montré un courage à toute épreuve, se montra pleine dç dignité quand Tarmée allemande défila dans les larges ave-

nues qui sillonnent les environs de Tare de triomphe de rÉtoile. Personne ne traversait ces voies maudites. Les boutiques étaient fermées. Sous les arbres dépouillés de leurs feuilles, le long des trottoirs on n'apercevait que les pointes cuivrées des casques brillant sous un pâle soleil de mars.

Le peuple forma autour des Allemands un immense cordon sanitaire, et de vigoureuses corrections furent . administrées publiquement à quelques individus , hommes et femmes, qui avaient parlé trop familièrement aux soldats ennemis.

Enfin lorsque, le 3 mars, le dernier des Prussiens eut repassé l'enceinte des fortifications, chacun éprouva un immense soulagement. On respirait mieux. Les colères dont on avait redouté l'explosion n'avaient point éclaté, cette crise effroyable s'était passée sans donner aux Allemands le plus petit prétexte à une occupation plus longue.

Les communications se rétablissaient avec la province, de tous les côtés arrivaient aux grandes maisons de Paris des commandes importantes. Les ateliers rouvraient leurs portes, les ouvriers commençaient à remplacer la tunique du garde national par la vareuse. Peu à peu les dépenses quotidiennes du siège allaient diminuant, la France espérait, et avec raison, pouvoir «e remettre du coup que lui portait l'Allemagne victorieuse et rétablir par le travail et l'économie son équilibre financier. Non-seulement à Paris, mais à Londres et à Amsterdam, des syndicats de banquiers s'étaient for-

Page 1