‹ Histoire de la communeChapitre 24 sur 178 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

place. Ce résumé permettra au lecteur de s'expliquer comment tant d'hommes ont pu à un moment donné se réunir dans Paris et former une armée toujours considérable, malgré ses défaites et les défections.

Fondée en 1864, V Internationale ne devait pas d'abord s'occuper de politique et ne traita que les questions purement économiques. Mais ce programme se modiOa rapidement, et les chefs de cette association ne rêvèrent bientôt plus que le renversement par la violence de Tordre établi.

Tout ce que la France renfermait d'ouvriers tarés, d'individus déclassés, fit partie de V Internationale, qui eut bientôt des adhérents nombreux en Belgique, en Suisse, eh Angleterre et en Italie. Malheureusement ces aflSliés n'apportaient que peu ou pas d'argent, on tenta de s'annexer les banques populaires d'Ecosse et d'Allemagne, dont les affaires réunies dépassent un milliard de francs. Ces tentatives échouèrent complètement, toutes les sociétés ouvrières qui possédaient refusèrent de mettre leurs fonds à la disposition des internationaux qui se mêlèrent bien à toutes les grèves, mais ne purent les soutenir efficacement. 11 leur fallait une révolution violente pour appliquer leurs théories; ils la préparèrent à Paris, et s'ils ne donnèrent pas d'argent, ils fournirent des hommes.

De tous les côtés accourut ce que l'Europe avait de plus taré : journalistes sans talent, avocats sans causes, médecins sans clients, soldats déserteurs, voleurs de toutes catégories, envahirent Paris et s'y installèrent

comme en pays conquis. En quelques jours, les départements furent débarrassés de leur population véreuse, et un habitant de Poissy pouvait dire que si la Commune ne gênait pas le commerce, elle eût rendu un grand service. « Il n'y a plus de voleurs dans l'Oise et dans Seine-et-Oise, disait-il , on peut charger un enfant de billets de banque et le faire voyager seul la nuit, il ne sera pas arrêté'. »

Tels étaient les éléments de la Commune; nous les verrons à l'œuvre, et on avouera que nous n'avons rien exagéré. ,

Un des premiers soins de l'émeute triomphante fut de supprimer le Gaulois et le Figaro *. Le premier de ces deux journaux, prévenu à temps, ne parut pas et se transporta à Versailles; lé second, presque imprimé, ne put être tiré et suspendit sa publication.

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