CHAPITRE PREMIER
mes, disposés à lancer sur les différentes places financières de l'Europe l'emprunt destiné à payer à la Prusse la partie de l'indemnité exigée pour l'évacuation totale de notre territoire.
Dans la plupart des capitales, des souscriptions publiques organisées par des citoyens appartenant à toutes les classes de la société devaient fournir à Paris épuisé, à la province envahie et mise au pillage, des secours en nature et en argent.
Les prêtres de tous les cultes, les hommes de tous les partis s'étaient réunis, mus par un admirable mouvement de charité. Chacun voulait, dans la mesure de ses forces, adoucir nos malheurs, panser les plaies effroyables de notre pays et arrêter le sang qui s'en échappait à flots.
A Rome, à Londres, à Constantinople, on quêtait pour la France. Le prêtre catholique du haut de la chaire appelait sur elle l'attention des fidèles, et la foule attendrie remplissait son escarcelle de petite monnaie; les Anglais plus riches donnaient des sommes plus importantes. Enfin dans la capitale des sulians, les Turcs portaient leur obole dans les bureaux de souscription, surpris que la grande nation qui les avait sauvés en 1854 se vît envahie, démembrée, ruinée, ravagée et mise au pillage quatorze ans plus tard. En Russie, où l'empereur avait toujours montré sa préférence pour la Prusse, le peuple, mu par un sentiment tout autre, n'avait jamais dissimulé son antipathie pour celte nation.
Les Anglais, toujours les maîtres en fait d'organisation, étaient arrivés les premiers au secours de Paris mourant de faim; puis les Belges.
Un grand nombre d'ouvriers avaient mis leurs outils au mont-de-piété; une somme d'environ 25,000 francs, suffisante pour dégager tous ces objets, fut mise à la disposition de M. Cochut, directeur de l'établissement.
Certaines industries* avaient déjà de l'ouvrage assuré pour une partie de la saison. Les familles ayant quitté Paris avant l'investissement rentraient tous les jours, d'innombrables étrangers attirés par la curiosité voulaient voir la cité qui durant tant de jours avait lutté contre les Allemands et ne s'était rendue que quand le pain avait manqué.
La Chambre s'était installée à Versailles et les ministres résidaient à Paris. On a blâmé les députés de leurs craintes, qu'on traitait de chimériques, à propos des idées d'une partie de la population; malheureusement ceux que des farceurs traitaient de ruraux ne devaient pas attendre longtemps pour voir combien les appréhensions de ces ruraux étaient justes. Une minorité turbulente avait déjà violé sousles première et deuxième républiques le palais où siégeaient alors les représentants légaux du pays; on peut supposer que cette fois encore ceux qui ont organisé la Commune auraient pénétré sans scrupule dans l'enceinte du Corps législatif et emprisonné ses membres.
L Les fleurs artificielles principalement.