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LES JOURNAUX APRÈS LES ÉLECTIONS

Lorsque fut accompli l'acte odieux du vote, et que les soi-disant élus s'installèrent à THôtel de ville pour remplir, disaient-ils, le mandat que leur avait confié le peuple, le langage de certains journaux se modifia. Beaucoup protestèrent énergiquement contre les actes de la Commune. Ils ne reconnaissaient pas le pouvoir de ces hommes qui, en face des Prussiens, n'avaient pas hésité à profiter de l'affaiblissement de la France et préparer la guerre civile en renversant le pouvoir légal.

Les Débats, YOpinion nationale, le Temps, le Soir, la Cloche, le Bien public^ le Moniteur universel, la Patrie, combattirent courageusement la Commune. Les journaux catholiques également: V Univers, le Monde, la Gazette de France, le Français, défendirent le droit violé, la liberté outragée.

Le Siècle, le National, V Avenir national, hésitèrent un instant sur la ligne à suivre, non qu'ils admissent

comme légaux les actes de l'Hôtel de ville, mais ils paraissaient croire que la Commune ne s'était point établie sans raisons sérieuses, et que peut-être il serait possible de tirer quelque chose de ce mouvement qui n'était rien moins qu'un coup d'État. M. Peyrat ne fut pas longtemps à s'apercevoir que le vrai maître de la situation était toujours le Comité de la garde nationale. Il ne donna pas sa démission de député, resta à Versailles, et son journal ne fut pas un des moins énergiques contre les autocrates de l'Hôtel de ville. Le National, la Cloche et V Avenir national, dont le républicanisme sincère ne pouvait être mis en doute, ramenèrent au respect de la légalité les esprits flottants du parti républicain, et contribuèrent dans une large mesure à isoler la Commune en laissantses ambitieux membres sans appuis moraux. L'entrée de M. Delescluze au milieu d'eux leur avait amené quelques adhérents honnêtes à esprit étroit, qui ne voyaient que le but sans s'occuper des moyens, mais la rédaction presque entière du Réveil, M. Génevay en tête, rompit publiquement avec son ancien directeur et fonda un nouveau journal, la Nation souveraine S dont les idées étaient loin d'être communistes. M. Charles Quentin, dans une lettre qu'il adressa aux journaux, déclara être complètement étranger à la rédaction du Réveil du peuple, fondé sous le patronage de M. Delescluze. Il n'avait fait partie qu'un jour de l'assemblée communale.

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