‹ Histoire de la communeChapitre 32 sur 178 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le Siècle blâmait alternativement Versailles et Paris, répartissant les torts entre les deux partis et considérant le soi-disant conseil de Thôtel de ville comme un pouvoir régulier. Mais il ne devait pas tarder à s'apercevoir qu'il faisait fausse route et que , si un instant il avait pu s'illusionner sur les individus qui composaient la Commune, il fallait voir en eux ce qui existait réellement , une ambition effrénée, un manque complet de scrupules, une passion, portée à son paroxysme, de jouissances matérielles.

Le Rappel, le Mot d* ordre, la Vérité, firent de la crise une exploitation commerciale honteuse, combattirent le gouvernement avec rage, l'insultèrent tous les jours et flattèrent bassement la Commune, dont M. Vacquerie disait qu'il ne voudrait pas du plus distingué de ses membres pour cirer ses bottes. M. Portalis, directeur de la Vèritéy traitait les généraux de l'armée nationale de capitulards et leur reprochait violemment d'avoir livré Paris aux Allemands.

M. Portalis oubliait sans doute que pendant le siège son journal n'avait pas un instant cessé de prêcher la capitulation, de combattre ceux qui voulaient tenir et qui tinrent en effet jusqu'au dernier morceau de pain. M. Portalis aurait dû savoir qu'un commandant de place ne doit capituler que quand ses ressources sont épuisées; la loi ne fait pas d'exceptions en faveur des grandes villes.

Le directeur de la Fériié, surpassant même les rédacteurs du Phre Duchêne en platitude, écrivit à YOf-

ficiel de la Commune un article qu'il signa. 11 s'agissait du drapeau rouge que l'Hôtel de ville venait d'adopter. Naturellement M. Portails trouve moyen de défendre le drapeau des assassins, des voleurs et des incendiaires, dont il partageait du reste les bénéfices; car la Vérité, grâce à la suppression des journaux honnêtes, vit son tirage, qui était de quelques milliers, atteindre rapidement vingt-cinq mille exemplaires.

La Commune était évidemment flattée d'avoir des courtisans comme MM. Rochefort, Meurice, Vacquerie, et surtout Portalis, mais ce dernier dépassait les autres de cent coudées, et nous le retrouverons dans les derniers jours des communeux accomplir une évolution où la platitude atteint le comble du grotesque. On n'aurait jamais cru, si M. Portalis ne se fût chargé de le démontrer, qu'un homme pût perpétrer à lui seul des actes qui, répartis entre dix mille individus, suffiraient à les déshonorer tous.

Les petits journaux populaires, qui pouvaient avoir sur les masses une influence si grande dans ces moments de luttes, se rangèrent sans hésiter du côté de l'ordre. Plus honnêtes, plus courageux, surtout plus désintéressés que les quelques organes qui s'étaient inclinés devant la Commune dans le but cynique de gagner de l'argent, la Petite Presse, le Petit Moniteur, le Petit Journal, le Petit National * défendirent le gou-

1. M. DaUoz avait confié la rédaction de ses trois journaux à MM. Camille Debans, qui dirigeait le grand Moniteur; Sixte Delorme, le Petit Moniteur; de Balatkier-Bragelonne^ la Petite

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