‹ Histoire de la communeChapitre 45 sur 178 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les élections complémentaires, fixées au 5 avril, étaient ajournées à cause de la guerre. Le général Cluseret restait seul ministre de la défense, et les citoyens Duval, Bergère t et Eudes, retenus loin de Paris par les opérations militaires, étaient remplacés à la commission executive par Delescluze, Coumet et Vermoreh

Comme pour s'excuser de cet acte, Delescluze et Félix Pyat, membres de la commission executive, adressaient aux trois généraux la lettre suivante :

Aux citoyens Bergeret, Duval et Eudes,

Citoyens,

Nous avons Thonneur de vous prévenir qu'afin de vous laisser toute liberté pour la conduite des opérations militaires qui vous sont con6ées, la Commune vient d'attribuer au général Cluseret la direction de Fadministration de la guerre.

L'Assemblée a estimé que, dans les graves circonstances où nous sommes, il importait d'établir l'unité dans les services administratifs de la guerre.

La Commune a également jugé indispensable de vous remplacer provisoirement à la commission executive dont votre situation militaire ne vous permet pi us de partager les travaux .

Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'en prenant cette double décision, la Commune est aussi éloignée de vous désobliger que d'affaiblir l'intérêt de votre situation comme chefs de corps. Vous n'y verrez que les conséquences des nécessités du moment.

Salut et fraternité.

Pendant la nuit du 2 au S, de nouveaux bataillons étaient sortis, se dirigeant vers le pont de Neuilly. Voyant la route libre, ils dépassèrent Courbe voie et Puteaux, et arrivèrent au rond-point de Courbevoie. Sur les assurances réitérées de Flourens, ils ne croyaient rien avoir à craindre du mont Valérien. La redoutable forteresse semblait dormir; les gardes nationaux riaient en la regardant et ne paraissaient nullement surpris de son silence. Ils continuaient leur marche vers Nanterre lorsque, brusquement, une détonation se fit entendre, un éclair sanglant s'échappa des flancs noirs du mont. Les détonations se succédèrent rapidement, les obus et balles des mitrailleuses jetèrent le trouble dans les rangs des fédérés, qui se crurent trahis et accusèrent Flourens de les avoir livrés. Quelques-uns parlèrent de le fusiller. Une partie de la troupe battit précipitamment en retraite, ou plutôt se sauva; Tautre partie, s'étant trop avancée pour reculer, occupa Nanterre: Le colonel Flourens était avec cette avant-garde; Bergeret, plus prudent, avait pu rentrer à Neuilly.

Une dépêche adressée à la commission executive cherchait ainsi à expliquer ces faits :

Vers quatre heures du matin, les colonnes commandées par le général Du val et le colonel Flourens ont opéré leur jonction au rond-point de Courbevoie. A peine arrivées, elles ont essuyé un feu nourri ouvert par le mont Valérien.

Les troupes se sont alors abritées derrière les murs et les maisons. Ainsi garanties, les commandants ont pu organiser

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