‹ Histoire de la communeChapitre 46 sur 178 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

un mouvement qui a complètement réussi, et les deux colonnes ont pu franchir les lignes et se mettre en marche sur Versailles.

Le général Bergeret, en lôte de ses troupes, les a entraînées au cri de : Vive la République ! et a eu deux chevaux tués.

Le feu de Tarmée de Versailles ne nous a occasionné au- ^ cune perte appréciable.

Les deux chevaux tués pourraient faire croire que Bergeret était à cheval, tandis qu'il était prosaïquement dans une voiture réquisitionnée pour son service.

A Nanterre, Flourens essaya un semblant de résistance, et deux pièces de douze, dissimulées par les maisons, lancèrent quelques projectiles sur le mont Valérien. C'était un moyen certain d'attirer sur le village les obus du fort. Heureusement le commandant, qui devinait la position critique des insurgés, les laissa faire et tira très-peu.

Des gendarmes arrivaient, les fédérés se sauvaient. Flourens, voyant la partie perdue, entra dans une petite maison près de la Seine, en face de Chatou, et, quittant sont brillant uniforme , il commença d'endosser un costume d'ouvrier qu'il avait apporté. Son officier d'ordonnance, Pisani, était avec lui. Les deux fuyards furent poursuivis, et un gendarme, entrant dans la maison derrière Flourens, eut la poitrine traversée par la balle d'un revolver. Le capitaine de gen-

darmerie Desmarest passa sur le corps du malheureux soldat, et trouva Flourens encore le pistolet à la main. D'un formidable coup de sabre sur le crâne, il lui fen dit presque entièrement la tête. La cervelle jaillit, a mort fut instantanée. Pisani s'était caché dans de la paille; des gendarmes y plongèrent leurssabres, et ils entendirent des cris sortir du fourrage. L'ami de Flourens, blessé à Ja cuisse, se montra. On lui fit un premier pansement. Le malheureux, fou de terreur, croyant qu'on allait le fusiller, demandait qu'on lui laissât la vie sauve. On le conduisit à l'hôpital militaire de Versailles, en compagnie du cadavre de son chef, qui fut réclamé par sa famille.

Les fédérés, battus par les troupes du gouvernement, trompés par leurs généraux, évacuèrent toute la presqu'île de Gennevilliers, sauf Asnières, et l'armée occupa successivement Nanterre, Colombes, Gennevilliers et la redoute construite près de ce dernier village.

Les citoyens qui siégeaient à l'Hôtel de ville faisaient audacieusement afficher ce télégramme :

3 avril, 11 h. 20.

Colonel Bourgoin à directeur général.

Bergeret et Flourens ont fait leur jonction; ils marchent sur Versailles. Succès certain.

Une autre note signée de la commission executive disait :

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