‹ Histoire de la communeChapitre 47 sur 178 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La réaction monarchique est sans pitié : hier elle attaquait Neuilly ; aujourd'hui, Vanves et Châtillon.

Heureusement qu'averties à temps, nos forces ont pris une vigoureuse offensive et repoussé l'ennemi sur toute la ligne.

L'ennemi a été rejeté sur les hauteurs de Meudon, et une reconnaissance hardie a été poussée jusqu'à Bougival.

Nous allons voir que du côté du sud l'opération tentée n'avait pas mieux réussi.

Combat du Petit-Bicêtre.

Au début de la lutte entre la Commune et l'Assemblée, le même mouvement avait été tenté de deux côtés par les généraux de l'Hôtel de ville. Ils voulaient marcher sur Versailles en tournant le mont Valérien au nord ; au sud en suivant la route de Choisy-le-Roi et le plateau du Petit-Bicêtre. Maîtres des forts de Vanves et d'Issy, de la batterie du Moulin-de-Pierre, des hauteurs de Glamart et de Meudôn, ce plan offrait plus de chances de réussite que celui qui consistait à passer sous le feu plongeant du mont Valérien.

Pendant la journée du dimanche 2 avril, les masses fédérées étaient sorties de Paris. Dans la nuit, la marche en avant avait commencé. Les Versaillais abandonnèrent, sans tirer un coup de fusil, leurs positions avancées de Meudon, du Plessis-Piquet et du bois de Verrières.

Les gardes nationaux croyaient sérieusement à une fuite et -s'avançaient sans ordre sur le Petit-Bicêtre par les routes de Clamart et de Choisy. Ils s'étonnaient que les hauteurs couvertes de bois n'eussent pas été défendues.

Aussi les cris : A Versailles! se faisaient entendre, la joie était sur tous les visages; beaucoup de fédérés, jugeant désormais leur fusil inutile, le portaient en bandoulière, après l'avoir déchargé.

^ La retraite des troupes de Versailles paraissait s'accentuer. Il était huit heures du matin. La position des adversaires était celle-ci :

Les Versailiais occupaient la partie ouest du plateau du Petit-Bicêtre, entre les bois de Meudon et du Loup- Pendu. Les fédérés débouchaient par Châtillon, Clamart et la route de Choisy. Quand on est tourné la face du côté de Versailles, laissant derrière soi les bois de Verrières, à gauche, le terrain est très-accidenté, tout rempli de déchirures longues et étroites traversées par des sentiers. A droite, jusqu'au bois de Meudon; en face, jusqu'à Velizy, la cour Roland, l'Hôtel-Dieu, le terrain est admirablement uni. Peu d'arbres, pas de fossés, rien qui puisse gêner les mouvements de troupes considérables.

Quelques maisons isolées paraissent à des distances plus ou moins éloignées. Les fédérés se répandirent sur le plateau pour arriver plus vite, lis ne devinaient pas qu'arrivés aux bois du Metz et du Petit-Colbert, occupés par les Versailiais, ils seraient obligés de res-

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